Cette semaine j’avais le goût de donner une retenue mais j’ai décidé que j’allais donner un A+ à la place.

Vendredi, y a fallu que j’aille à la caisse populaire pour commencer à rembourser mes dollars empruntés de marge de crédit. Non, je te dis pas combien, c’est gênant. Sache juste que j’ai de la dette. En masse.

En arrivant dans son bureau parfait, je suis même pas assise que la madame de caisse gentille m’annonce que mon taux d’intérêt sera de 15%. Que sur cinq ans ça me coûtera environ (…) par mois. Je sue.

Je paie déjà (…) piasses pour rembourser mes dettes d’études. Je devrais avoir fini ça quand j’aurai quarante-cinq ans. (By the way, je suis POUR la grève étudiante et CONTRE la hausse, bien sûr. Mais ça c’est un autre dossier.)

Sinon je paie un autre (…) piasses pour des petits prêts que j’ai faits en étant conne. Vraiment conne. Une fois j’ai même fait un prêt Accès D ben sur la brosse parce que je voulais me commander une poutine pis en payer une à mon ami pis que j’avais pus une cenne. Vraiment conne, ouais. Ça fait six mois, je rembourse encore.

Ah pis ma carte de crédit est 125$ over.

Dis-toi qu’avec toutes ces dettes-là, je dépasse de genre 200$ mon revenu mensuel.

Donc la madame gentille me demande de lui montrer mon papier de paie. Je lui tends et elle commence à rire. Elle me demande si c’est bien ça, le montant que je gagne par semaine. Je dis oui. Mais que des fois ouais ouais c’est un peu plus, là.

Je sue.

Elle fait défiler ma page avec toutes mes infos. Voit que dans un compte y me reste 20$ pis dans l’autre 15$. Que ma carte de crédit est dépassée, pis toutte. Pendant ce temps-là j’essaie de lire, pour savoir si on a accès à l’historique des prêts que j’ai demandés mais qui m’ont été refusés. Je prie.

Elle m’annonce que je dois lui donner mes relevés de cotisation pour 2009 et 2010. Je lui demande c’est quoi ça. Elle rit. Gentiment. Je sais toujours pas c’est quoi ça. Encore moins où j’ai mis ça.

Je veux brailler. J’ai le menton qui tremble. J’ai envie de lui dire NON MADAME MOI JE SUIS PAS UNE ADULTE, POUVEZ-VOUS APPELER MA MÈRE, ELLE DOIT SAVOIR ÇA ELLE.

C’est fini. Je me lève. La madame me regarde. J’ai hâte d’être dehors pour pleurer dans la pluie pis me faire un vidéoclip dans ma tête. Genre, la fille l’âme en peine qui met sa main sur la vitre de l’autobus pleine de coulisses de pluie sale.

Elle m’arrête. “Attends ma belle. Je vais te donner un stylo. Tu vas voir ‘sont beaux.”

C’est le stylo le plus réconfortant que j’ai jamais reçu de toute ma vie. Y a un étui en velours pis y écrit super bien.

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