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(AVERTISSEMENT… Le texte qui suit est trash et dark. Désolé. Si vous voulez quelque chose de plus léger, j’ai acheté Space Jam par erreur l’autre jour en croyant avoir acheté Spaceballs… Je pourrai vous le passer si vous voulez!)

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Denis vient de finir de travailler… Il fait noir. Ben noir. À cette période-ci de l’année, il fait noir tôt.

La ville est brune. Les feuilles ont fini de nous donner leur show de couleur et elles tombent au sol avec un air baveux et l’air de dire que c’est le blanc qui s’en vient. Elles préfèrent mourir que de passer un hiver sans couleur et dans le froid I guess.

Il s’arrête au coin d’une rue. Y’a pas de voiture qui lui bloque le passage, mais il s’arrête quand même longtemps. Y’a une fille au coin de la rue. Elle le regarde. Denis n’arrive pas à bien voir son visage. Il plisse les yeux. Il ne sait pas si elle est son genre. Ça fait déjà un bout qu’il est arrêté. Ça commence à être weird. Il fait signe à la fille de monter pis il dit « Ah pis d’la marde! » à voix haute. Tellement fort que la fille l’entend. « Fuck », qu’elle se dit à voix basse.

Ça sent le pouche-pouche dans le char. Ça sent au point où tu te dis qu’il y a rien que quelqu’un de pas propre qui mettrait autant de pouche-pouche.

Denis est pas mal smatte. C’est la première fois qu’une pute entre dans son char fait qu’il sait pas trop quoi dire. Il lui pose des questions… Lui demande c’est quoi son nom. Elle répond Cheryl. Elle veut pas dire que son vrai nom c’est Marie et que c’était le nom de sa grand-mère. Elle se dit qu’en inventant un nom, elle mêle personne d’autre qu’elle-même là-dedans. Cheryl c’est personne. C’est un peu d’même qu’elle se sent anyway

Denis se met à rouler. Y’est excité comme Justin Bieber devant le miroir fait qu’il roule pas trop loin avant de s’arrêter. L’endroit a l’air calme. Il détache sa ceinture pis en se tournant vers Marie, il aperçoit des enfants qui traversent la rue.

– Ben là câlice… On fera quand même pas ça devant une école.

Il se met à rire. C’est un bon vivant.

Il roule. Il fait 1, pis 2, pis 3 coins de rue pis il se rend compte qu’il y a du monde partout. Y’est 4 heures et demi…. Le monde retourne à la maison.

– C’est quoi ton spot préféré pas loin pour faire ça?

Marie a pas de spot préféré pour ça, mais elle lui dit que la place qui la rend vraiment horny, c’est à côté de l’usine qui sent la cage à hamster dans le quartier industriel. Ça excite Denis. Pour créer un peu d’ambiance dans nid d’amour, Denis monte le chauffage en regardant Marie dans les yeux. Il accroche le bouton de la radio pis ça tombe sur le bulletin de circulation. Y’a un accident sur Champlain. Denis aurait mis 1 heure et demie à se rendre chez eux anyway. Il vient de faire un maudit bon coup qu’il se dit dans sa tête. Il ferme la radio.

Il arrête sa voiture et se retourne vers Marie. Il aperçoit une voiture de police dans son rétroviseur.

– Baisse-toi!

Il la prend par l’épaule et la penche vers lui. Denis prend son cellulaire et fait semblant de prendre un appel pour jouer au bon citoyen. Il simule une discussion avec sa femme. Ça parle d’aller chercher quelque chose à souper. Marie écoute tout ça pendant qu’elle a la face étampée sur le paquet chaud et dur de Denis. La voiture de police s’éloigne. Denis range son cell.

– Bon, ben… T’en qu’à être dans ce coin-là! qu’il dit. C’est pas un Cyrano notre Denis.

Pendant qu’elle le suce, Denis fait du dirty talk en anglais avec un accent gros comme le bras. Si elle n’avait pas eu son pénis dans la bouche, Marie aurait trouvé ça vraiment drôle.

– Oh yê bébi… qu’il dit sans arrêt.

C’est presque cute.

Ça arrive pas souvent à Denis de se faire faire une fellation fait qu’après 1 minute et demie, il en peut plus pis il éjacule dans la bouche de Marie.

– Ah maudit… Excuse-moi. J’ai pas fait exprès… Tu vas pas me charger d’extra pour ça?

Marie lui dit qu’elle a pas le choix. C’est son pimp qui décide. Le même pimp qui va être en christ parce que Marie a juste fait 40$ aujourd’hui.

Ça fait longtemps qu’elle fait ça. Elle est moins belle qu’avant pis elle fait pas partie des putes qui ont pus une dent dans’ yeule et qui font une 30aine de pipes à 10$ par jour.

Elle sait aussi que 40$ par jour, ça veut dire qu’elle pourra pas payer de bouffe à sa fille de 5 ans qui a mangé les dernières tranches de pain blanc qui restait dans le sac à matin. Sa fille, qui ne sait pas ce que maman fait dans la vie, lui a dit « Passe une bonne journée » avant que sa mère ne parte travailler ce matin-là. The cutest sick joke.

Elle l’a droppé chez une amie qui la garde pour la journée.

– Prends soin de toi!.. que son amie lui a dit avec une haleine de Coors Light. Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes.

Denis est en estie parce qu’il était venu pour plus qu’une pipe. Il fouille dans le coffre à gants et en sort un petit pot de pilules bleues. Il en prend deux.

– Donne-moi cinq minutes…

Il y a un silence gros comme Denis. Denis, il est pas très beau. Ça prend du courage pour porter c’face-là.

Le temps passe. Il sue à grosses gouttes.

– Je ferai pas un fou d’moé devant une pute certain… qu’il se dit dans sa tête.

Il a encore la queue sortie de son pantalon. Marie et lui attendent que ça lève.

Pis à un moment béni des Dieux, la vie r’pogne dans son membre.

Marie se rend sur le siège arrière de l’auto. Denis essaie de la rejoindre, mais il passe pas entre les deux sièges. Il est obligé de passer par la porte de côté. Ils commencent à baiser.

Marie essaie de penser à autre chose. Y’a de l’héroïne dans ses pensées. C’est pas si pire l’héroïne… Ça lui permet de scotch taper un cœur dans la poitrine de Denis pendant qu’il la swingue dans son char de l’année.

Denis ne parle plus en anglais. Il est concentré. « La game a changé », comme dirait Réjean Tremblay.

Après l’avoir décrissée, un coup de hanche à la fois, Denis jouit. Marie lui dit qu’il a été vraiment bon. Elle espère faire une couple de piastres de plus en lui disant ça. Denis lui donne un beau 50$.

– Tiens!

Sa voix a changé. Comme si d’un coup, il réalisait ce qu’il venait de faire. Il est gêné. Il dit à Marie de sortir de son char. Elle quitte. Denis part en trombe. La voiture s’éloigne et tourne à droite au premier coin de rue. Marie regarde ça et elle sourit. Elle se dit que ça fait un perv de moins autour d’elle.

Elle est toute seule dehors. Le froid lui rentre dans les os. L’hiver s’en vient. Le temps rough….

Elle lève les yeux au ciel qui s’est couvert de nuages depuis 1 heure. Il n’y aura pas d’étoiles dans le ciel ce soir. Elle avait l’habitude de sortir sur le balcon avec sa fille pour regarder les étoiles blastées par la lumière de Montréal. Peut-être un autre soir ou dans une autre vie…

Elle se dit qu’il y a quand même de l’espoir. Si sa fille peut réussir mieux qu’elle, cette vie-là aura valu la peine. Elle se surprend même à rire.

Pendant qu’elle pense à tout ça, il y a un char qui s’arrête à côté d’elle.

– Combien tu me charges pour t’enculer?

Marie entre dans l’auto.

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Cette histoire-là finit mal… Pis elle recommence le lendemain. Pour toujours.

 


mo01À propos de l’auteur :
Marc-Olivier aime la musique… Ben t’sais… « Aime la musique! » As-tu déjà entendu quelqu’un dire « D’la musique?!? Ark. » Marc-Olivier haït les blogues, trouve que c’est plein de gens égocentriques et il écrit seulement dans Les Populaires pour faire mousser sa carrière d’animateur… Un vibrant échec. Il ne se souvient pas ça fait combien de temps qu’il écrit pour Les Populaires, mais il dirait 2 ans et demi. Il sacre trop dans ses textes.

Photo : Iván Santiesteban

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