La session est finie, on est au mois de juin, ce qui veut dire que pour plusieurs d’entre vous, vous avez déjà spotté votre appartement, vous avez commencé à désespérément promettre de la pizza aux pauvres malheureux qui accepteraient de venir vous aider.

Oui oui, vous avez promis qu’il n’y aura pas grand chose à monter, quelques boîtes et c’est tout, mais on sait tous très bien que rendu là vous allez vous rappeler que vous avez une collection de laveuses-sécheuses, et qu’il faudrait monter ça par le minuscule escalier en colimaçon dans lequel il manque une marche sur deux.

Mais surtout, vous avez trouvé le coloc idéal.

LA personne qui va rendre votre vie joyeuse, votre nouveau meilleur ami, votre tendre moitié avec qui vous ne coucherez pas (si oui, c’est un peu de votre faute si votre colocation vire en marde).

Peut-être que ça va bien se passer… peut-être.

Mais il y a aussi des histoires d’horreur.

Question de vous terrifier, j’ai décidé de vous raconter ma pire colocation, et j’ai sollicité les témoignages d’amis qui m’ont raconté les leurs.

 

Mes colocs qui aimaient l’odeur de poulet en putréfaction

Quand je suis arrivé à Montréal, je ne connaissais pas grand monde et mon déménagement s’est décidé à la dernière minute.

Alors j’ai pris le premier appart qui a passé, un ami d’un ami qui cherchait un coloc. C’était un appart à Côte-des-Neiges (la preuve que j’ai pris le premier qui a passé).

 

Quand je suis emménagé, première chose que j’ai remarquée c’est une immense pile de sacs de plastiques.

Je ne savais pas vraiment c’est quoi des puces de lit, c’est un problème très montréalais. Mais turns out que finalement, on n’avait même pas de puces de lit dans l’appart, le proprio s’est d’ailleurs fâché parce que l’exterminateur venait quasiment toutes les semaines pour rien.

Mon coloc était persuadé avoir des puces de lit parce qu’il se réveillait avec des marques rouges sur le corps.

Finalement, mon hypothèse c’est qu’il se roulait dans les miettes des chips qu’il mangeait dans son lit.

 

D’ailleurs, je trouvais ce coloc un peu spécial. Un peu imprévisible, disons. J’en ai glissé un mot à une des locataires, qui m’a dit: ”Ouin, il a déjà menacé notre autre coloc avec un couteau. Sont moins amis depuis ce temps-là.”

 

Et puis quand je suis revenu des vacances de Noël, j’ai découvert des restants de PFK gisant un peu partout dans l’appartement. Clairement de vieux restants.

Je ne suis pas un freak du ménage (ma blonde sera d’accord pour le dire), mais ça c’était trop pour moi.

J’ai décidé que je ne ramasserais pas, que j’allais attendre qu’ils réalisent par eux-mêmes que c’était franchement dégueulasse.

Au mois de mars, j’ai réalisé que l’illumination ne viendrait jamais et j’ai jeté moi-même les restes.

 

C’est que l’odeur n’était pas chouette.

D’ailleurs, un soir je suis rentré à l’appartement, et coup de théâtre, ça sentait la crisse de marde.

J’ai donc décidé d’allumer une chandelle parfumée question de changer l’air un peu.

J’étais couché dans ma chambre quand mes colocs sont arrivés:

– VOYONS, ÇA SENT DONC BEN LA CRISSE DE MARDE ICITTE.
– JE LE SAIS, PIER-LUC A ALLUMÉ UNE ESTIE DE CHANDELLE.
– ARK, J’HAIS TELLEMENT ÇA ÇA PUE LES CHANDELLES.

Parce que clairement, rien n’est plus enchanteur que l’odeur d’os de poulet en putréfaction. Mais je me suis rappelé de l’histoire de couteaux et je suis allé éteindre ma chandelle en silence.

 

J’ai été le dernier à partir de l’appartement.

Personne ne le reprenait, le proprio avait décidé de le convertir en maison de chambres. Les autres sont partis dès la fin de leur session, mais moi je suis resté jusqu’au premier juillet. Sauf que j’ai découvert avec stupéfaction qu’ils m’avaient laissé genre toutes les choses dont ils n’avaient pas besoin: des tupperwares, de la bouffe, de la vaisselle, name it.

 

Et déjà que je devais faire mes boîtes au travers de mon stage de fin d’études, j’avais pas ben ben le temps de faire leur ménage.

Le 1er juillet, le proprio est venu me voir et il m’a dit:

– Tu me laisseras pas tout ça là hein?
– Non non, j’allais justement chercher une boîte dans mon camion là!

 

J’ai embarqué dans le camion et j’ai crissé mon camp le plus vite possible.

 

* * *

 

La coloc qui avait un rat

«J’ai eu une coloc qui avait un rat de compagnie. Je DÉTESTE les rats. Son rat faisait la cuisine avec elle, j’ai souvent trouvé des crottes, arkkkk. Je peux ajouter que ce rat avait d’immenses couilles.»

 

Celui qui ÉTAIT le mauvais coloc

«En résidence au Cégep, un soir, j’ai mis Mambo #5 assez fort en repeat dans ma chambre, j’ai barré la porte et je suis parti. Mes colocs ont dû fermer le breaker pour se libérer de ce martyr.»

 

Le coloc qui faisait sa vaisselle dans le bain

«Lors du temps des Fêtes, coloc1 et moi retournions chez nos parents. Pendant ce temps, coloc2 a utilisé toute notre vaisselle. Après utilisation, il la cachait un peu partout dans la maison pour ne pas effrayer ses invités. Il a même acheté un kit supplémentaire parce qu’il ne voulait pas la laver et il ne restait plus de gros chaudrons pour remplacer les assiettes… Comme nous revenions, c’était le temps de laver le tout hein! Cependant, ça rentrait pas dans l’évier, il a donc utilisé le bain… Comment je l’ai su? Entre autres par le bain bouché par du Hamburger Helper.»

 

Le coloc Clan Panneton

«Mon coloc a fait un immense party chez nous. Il a vidé ma chambre (base de lit, matelas et draps, tout) pour héberger ses amis. Je suis revenu de ma soirée vers minuit, tout était vide dans ma chambre. J’ai dormi en layer de planche à neige, c’tait en plein hiver.»

 

Moi.

Deux de mes anciens colocs m’ont écrit pour se plaindre de leur ancien coloc qui les obligeait à écouter la comédie musicale de Buffy quand il était chaud.

Y’a personne de parfait, hein.

 


Pier_Luc95

À propos de l’auteur :
Pier-Luc n’a pas l’air de ce qu’il est vraiment. Il donne l’impression d’un gars jovial et calme. Il est toujours en criss et crissement angoissé. Les gens pensent qu’il est un garçon poli, aussi. Dans ses temps libres, il s’intéresse à la politique, à la lutte professionnelle et à Pokémon. Faut pas chercher à comprendre.

 

D'autres beaux textes à lire aussi...