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C’était la rentrée cette semaine pour la plupart des gens.

Et, pour la première fois de ma vie, ou du moins, la première fois depuis que j’ai l’âge de savoir comment on fait des bébés (Indice: il faut faire plus que donner un bisou sur la joue de la voisine, à mon grand soulagement), je n’ai pas pris part à cette rentrée.

Pas de cours pour moi.

Je vous jure, cette semaine, je n’ai rien appris.

L’ignorance totale.

 

Apparemment, je suis rendu au stade de ma vie où la rentrée pour moi, c’est synonyme de «Heille! Mes téléromans vont recommencer à TVA!»

Plus de devoirs, plus de stress d’étude, plus d’examens! C’est terminé!

Et je déteste ça.

 

Parce que moi, l’école, j’aimais ça.

Quand j’étais jeune, la fin du mois d’août c’était deux semaines à me faire dire par tous les adultes: «Pis, tu dois pas avoir hâte de recommencer l’école!» Pis moi je hochais la tête en pensant à mes beaux crayons neufs.

 

Et là, les gens me disent encore: «Tu dois être content, t’as fini tes études!» Et je secoue la tête en pensant à mes vieux crayons usés.

 

Ça m’a tout pris arrêter d’aller à l’école.

J’ai changé de programme 1000 fois, en partie parce que je suis vraiment indécis, mais en grande partie parce que je voulais retarder l’échéance.

Je ne voulais pas partir.

Je suis ben content d’avoir étudié à l’École de l’humour, mais on va se le dire, j’étais pas mal rendu à la fin des cours auxquels je pouvais m’inscrire pour pas commencer à travailler.

 

L’école, c’est sécurisant.

Ok, quand t’es en fin de session, que tu te mets à voir le sommeil comme une légende urbaine au même titre que le Saint Graal ou la pudeur de Miley Cyrus, c’est un peu plus rushant.

Mais somme toute, c’est une vie relax; tu vas à tes cours, sauf s’ils sont le lundi matin, ou le vendredi matin, ou le matin en général. Tu fais tes devoirs, pis tes travaux, pis c’est ça ta job.

Ok, des fois c’est chiant. Mais ça reste une job que tu peux faire en bobettes dans ton lit, pis ça, dans mon livre à moi, ça bat toute.

Pis au pire tu fais une dizaine d’heures par semaine au McDo.

 

Mais là, l’école est finie.

Ce n’est plus 15 heures au McDo, c’est 40.

Parce que t’as un loyer à payer, pis les prêts et bourses rentrent plus. En fait, comble de malheur, faut même que tu les rembourse, les maudits prêts.

Et même si tu te trouves une job plus nice que le McDo (ok, je l’avoue, la barre n’est pas si haute), j’espère que tu aimes tes collègues, parce que c’est le seul nouveau monde que tu risques de rencontrer pour les 40 prochaines années.

Les prochaines nouvelles personnes que tu va rencontrer pour les côtoyer régulièrement, après, ça va être les préposés qui vont te donner ton bain quand tu vas être rendu en résidence pour personnes âgées.

 

Je veux retourner à l’école.

Je veux recommencer à n’avoir rien d’autre à me soucier que mes devoirs à remettre.

Faire ma petite affaire, pis lever ma main à tout bout de champ pour donner des points à Gryffondor.

Je veux avoir des nouveaux crayons de couleur avec mon nom dessus, pis un nouveau kit de linge que j’ai vraiment hâte de mettre, mais que j’ai vraiment pas le droit de mettre avant le 1er septembre.

 

Au moins, je travaille.

Je vais être bon pour m’acheter un nouveau kit pis mes propres crayons de couleur.

 

-Hermion

 


pierluc01

À propos de l’auteur :
Pier-Luc n’a pas l’air de ce qu’il est vraiment. Il donne l’impression d’un gars jovial et calme. Il est toujours en criss et crissement angoissé. Les gens pensent qu’il est un garçon poli, aussi. Dans ses temps libres, il s’intéresse à la politique, à la lutte professionnelle et à Pokémon. Faut pas chercher à comprendre.

 

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