Sans titre-1

C’est ça. Le titre le dit.

Aller sur une date avec un miroir; contemplation introspective d’une écrivaine en quête de nouveaux tourments.

…Esti que je suis un cliché.

 

J’vous mentirai pas, ma vie de célibataire en ce moment est un désert sibérien. Un désert silibatérien. (Non okay ce jeu de mot-là c’était une fausse bonne idée.)

Mais ça me dérange pas trop.

Parce que je sais que c’est moi le problème.

C’est toujours moi qui se fait pas rappeler.

Pis pour vrai, ça me dérange pas trop. C’est de l’énergie, appeler quelqu’un.

 

Mais c’est ça le problème.

J’ai la flemme de mettre de l’énergie dans les gens.

J’avoue que « scuze-moi mais tu vas crissement passer en deuxième après le rêve de ma vie », c’est pas un très bon pitch de vente.

C’est fou quand même ce que l’on sacrifie pour écrire. Ou créer, en général.

C’est pas de tout repos, de sortir avec un passionné.

Un passionné amoureux t’étouffe. Et toutes les autres formes de passionnés te délaissent.

Mea culpa, ça va être moi le problème.

 

J’vous conseille de dater des gens blasés.

C’est peut-être ça d’ailleurs qui m’a poussée à accepter la proposition de Charles Beauchesne.

Tout ça a commencé à cause d’un statut Facebook. J’ai tellement hâte de raconter ça à nos enfants!

(J’avais pas le choix d’accepter, il avait quand même 7 likes t’sais.)

 

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Charles et moi, on gravite autour d’agglomérations sociales communes.

On est des amis satellites.

 

J’ai beaucoup de respect pour Charles.

Le type de respect que l’on octroie à un condamné à mort. Il y a quelque chose de solennel, à besogner dans un milieu coupe-gorge. Et moi qui suis auteur jusque dans mes moeurs, mes personnes préférées sont souvent des personnages. Et l’éternelle rencontre de l’optimiste et du pessimiste reste une excellente prémisse.

Parenthèse confession: c’est loin d’être le personnage le plus excentrique que j’ai daté.

Je suis déjà allée sur une date avec un toxicomane suicidaire avec des tatouages dans le cou et une tendance vers la schizophrénie. Pis c’est lui qui m’a pas rappelé.

J’vous l’avais dit que c’était moi, le problème.

 

Ça fait que quand Charles m’a dit « Tu vas voir je suis tout un numéro », je l’ai un peu pris pour un défi.

Bonne chance, Charles Beauchesne.

Et on en aura bien besoin, de la chance.

Deux personnes désabusées au point d’aller sur une date ironique n’ont pas exactement le profil de dire souvent: « Hey j’ai ENCORE trouvé 20$ par terre ! »

Si on le gaspille comme ça, c’est que notre temps doit pas valoir cher…  Du moins selon la loi de l’offre et de la demande. C’est de l’économie de temps.

 

Y’a ben juste deux clowns comme nous autres pour se voler le temps d’aller sur une date-fiction.

Mais je crois que c’est justement parce qu’on est des clowns.

 

À force de chercher de l’inspiration, on investit notre temps dans la fiction.

 

Un homme pense avec sa queue. Un auteur pense avec sa plume.

 

On a pris l’habitude de cataclysmer notre quotidien, de le parasiter à coup de peaux de banane. Parce qu’un clown qui tombe, c’est l’hilarité.

On finit par vivre des expériences vides de sens. Comme aller sur une date ironique dans le but d’en tirer un texte de blog.

J’ai rien tiré, de ma date avec Charles.

Et par conséquent, vous n’allez rien retirer, de ce texte de blog. Parce qu’à l’image de la date, je ne l’ai pas écrit pour les bonnes raisons.

 

J’ai passé une excellente soirée. Hands down la meilleure date 2015.

À haïr des personnes en simultané.

À faire des concours de qui qui avait déjà été le plus pathétique.

(Ce fut somme toute un solide match nul!)

À être vraiment nous-mêmes. Parce que c’était pas vraiment une date.

À être pas vraiment surprise parce que je ne m’attendais à rien de moins d’une soirée avec Charles Beauchesne.

 

Alors laissez-moi vous sortir une phrase Piaffesque à la « je ne regrette rien ».

Parce qu’une soirée avec un extra-terrestre, c’est mieux que mille dates avec mille moldus.

 

 

Oh mais je l’ai rappelé le lendemain! Notre conversation ressemblait à ça :

Charles : Oui allô?

Catherine : Allô Charles ça va?

Charles : Oui toi?

Catherine : Oui… C’est tout! J’voulais juste pouvoir dire que je t’ai rappelé en premier.

 

J’ai gagné.

 

PS: T’es mieux de m’inviter à ta soirée d’humour sinon je raconte à tout le monde ce que tu fais avec tes chats.

 

[Lire le texte de Charles au sujet de cette date.]


cath_thomas01À propos de l’auteure :
Catherine Thomas. Tite-Jo connaisante notoire. Auteure drôle, paléontologue aguerrie et collectionneuse d’histoires. Elle n’aime pas le Nutella et le bacon alors oui, vous pouvez la mépriser. Mais méprisez-la pas trop parce qu’elle a aussi un match de 94% avec Yoda sur Lovecalculator.

 

Photo : Street matt

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