Britney_shaved

Je ne crois pas être la seule à avoir entendu des personnes de la gent masculine faire référence aux membres du sexe opposé en s’exclamant : « Les filles, c’est toutes des crisse de folles ! ».

À chaque fois, je grinçais des dents. Je me disais, « tout cela, c’est de la généralisation abusive, des sottises ! Moi, je suis pas folle, tiens ! Pffff ! »

 

Mais les années passent et j’observe les agissements de mon groupe échantillon-femmes-25-35, (mes amies et moi). Et je crois (sorry les filles) que OSTI, ils ont raison.

 

Je ne suis pas dans leurs culottes de gars (quoique des fois oui), mais de mon point de vue, de l’intérieur, je dois avouer que je nous trouve folles en sapristi des fois.

Pas tant pour les mêmes raisons qui poussent les hommes à sur-utiliser le terme, mais à cause de ce qu’on s’inflige à nous-mêmes, dans nos relations avec eux, et ce de façon répétée.

 

Je ne sais pas si c’est parce qu’on est le produit de notre époque ou de notre société, ou parce que je suis à peu près à l’âge où on devient névrosées.

Ou tout simplement parce que c’est comme ça et que ça a toujours été comme ça (je penche vers la dernière option), mais il me semble que, très souvent, nos agissements ne reflètent pas notre niveau d’intelligence et notre jugement est beaucoup trop souvent teinté par nos hormones et notre besoin d’attention et de validation.

 

Par exemple, on peut trouver bien plus gratifiant de se faire passer le doigt dans son bureau après le travail par le poster boy de la réussite professionnelle et sociale (en sachant trop bien que l’élue de son cœur et leurs rejetons l’attendent sagement à la maison), plutôt que de ne laisser entrer dans son vagin que des doigts bien intentionnés.

Ça ou, god forbid, de passer le happy hour avec zéro doigt à l’intérieur de soi.

 

On peut aussi décider de rester avec un homme qui refuse depuis des années de nous présenter à ses enfants sous prétexte que « son ex est folle » (ironie quand tu nous tiens).

On peut choisir de coucher avec le coloc de notre date parce qu’on trouve qu’il ne nous donne pas assez d’attention.

On peut aussi continuer à répondre aux booty calls d’un gars qui juge acceptable de défendre son ami, après que ce dernier a jugé acceptable de nous forcer à le regarder se masturber en nous traitant de salope agace.

« Fallait t’y attendre quand t’as accepté d’aller chez lui ». « C’est vrai, je disais non mais mes yeux disaient oui ».

 

Une seule de ces histoires m’appartient, vous saurez laquelle quand je passerai à Des squelettes dans le placard.

(C’t’une joke, j’irai jamais à Des squelettes dans le placard parce que j’ai toujours eu une intense aversion pour Patrice L’Écuyer. Je sais pas pourquoi mais sa face me revient pas. Je suis sûre que si je le rencontrais, je le trouverais super smart pis je me sentirais super mal d’avoir parlé contre lui durant toute ma vie. Sérieux, si quelqu’un connaît Patrice L’Écuyer, vous lui direz que j’aimerais ça qu’on aille prendre un café pour que je puisse m’excuser de toutes ces années de diffamation gratuite et qu’on reconstruise notre relation sur des bases saines. Pis s’il veut pas, qu’il mange de la marde.)

 

Personne n’est parfait, me direz-vous. On a toutes de la misère des fois. Notre jugement sacre son camp comme un traître, souvent lorsqu’on en a le plus besoin et nos actions deviennent douteuses, nos décisions discutables.

 

C’est ce qui nous rend humaines, j’imagine.

Nos erreurs deviennent un passage obligé dans la quête de toute une vie, celle de notre identité.

Avant de savoir qu’on doit se respecter et ne pas se laisser traiter comme de la marde, j’imagine qu’on doit avoir ressenti la tristesse et la honte qui accompagnent à tout coup les relations malsaines.

Comme quand t’es intolérante au lactose, et que tu dois avoir vécu l’épisode de diarrhée fulgurante pour te motiver à lâcher le pot de Häagen Dazs et à t’éloigner du congélateur au plus sacrant.

 

Là où ma théorie prend tout son sens, c’est lorsque nos erreurs deviennent monnaie courante, que nos standards et nos principes prennent carrément le bord.

L’auteur français Georges de Porto-Riche a dit que la répétition de certaines fautes en réduit la gravité.

J’aimerais dire qu’il a pas rapport, que la gravité augmente de façon exponentielle à partir du moment où ladite faute est reproduite en toute lucidité, mais pour avoir fait l’expérience des mauvaises relations à répétition, je sais qu’on en arrive malheureusement trop vite à être désensibilisée et déshumanisée.

 

Et là je vais faire plaisir à mes profs du Cégep et utiliser UNE AUTRE citation.

Une bien connue de Einstein, qui dit que « la folie, c’est de faire toujours la même chose et de s’attendre à un résultat différent. »

Apparemment que ce gars-là était pas pire intelligent.

 

En gros, ce que j’essaie de te prouver ici par A + B, avec mes théories pseudo scientifiques, c’est que tu le veuilles ou non, t’es sûrement une crisse de folle.

Pis si tu me dis que non, que t’es pas une crisse de folle, parce que tu prends toujours les meilleures décisions pour toi-même et pour les gens qui t’entourent, ben sorry, je veux pas être ton amie, parce que t’es sûrement très plate.

 


11759579_10152841431120378_1464747468_nÀ propos de l’auteure :
Iris a quitté le ghetto sur-privilégié de Tremblant quand son rêve de vivre de son groupe de punk féminin s’est éteint. Maintenant costumière, on pense que sa job est glamour, mais ses principales tâches sont de sentir les aisselles de chemises des comédiens, manger dans son char et s’engueuler avec les caissières chez La Baie. Elle apprécie le tricot, le whisky et faire des blagues vulgaires à des inconnus. Incapable de mentir, ne lui demandez jamais si votre pantalon vous fait un gros cul, surtout si vous avez un gros cul.

Photo : Britney

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