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L’été est fini et j’suis content.

Détrompe-toi, je suis toujours le premier à courir dehors en shorts trop courts le 1er mai en criant « AVRIL EST FINI : JE ME DÉCOUVRE D’UN FIL!!! ».

J’enjoy les summer nights avec la même passion musicale qu’Olivia Newton-John et John Travolta dans le succès intergalactique qu’est Grease.

(D’ailleurs, mention spéciale à John.  Il est passé, en l’espace d’une vingtaine d’années, de l’homme le plus désirable en Amérique à une créature en Play-Doh que je toucherais pas avec un bâton. Je souhaite honnêtement ce genre de transformation à tous les gars qui m’ont fait du mal à un certain point dans ma vie. J’ai une âme vengeresse et je ne m’excuserai jamais.)

En tout cas, je m’égare un brin.

Autant j’aime l’été, autant les années s’enchaînent et je me rends compte que je passe une grosse partie de celui-ci à participer à un concours underground s’intitulant humblement « C’EST QUI QUI PASSE L’ÉTÉ LE PLUS WILD? C’EST QUI!!!??? »

Corrige-moi si j’ai tort, mais une bonne partie de la jeune population y prend agressivement part et j’en suis personnellement une victime assumée.

Moi avec j’instagramme mon pichet de sangria blanche sur une terrasse bien cachée du Mile End avec, comme caption, un simple emoji de cocktail fruité. Je me la joue vraiment tranquille alors que ma motivation principale est de te montrer à quel point je suis épanoui et que mon été se passe donc bien.

Derrière mon emoji de cocktail fruité, une petite voix crie à tue-tête: AS-TU COMPRIS QUE J’AI DES AMIS ET QUE MA VIE QUOTIDIENNE EST COMPLÈTEMENT FOLLE ET ENSOLEILLÉE!???

Ben oui, mon été s’est bien passé. Mais je suis tanné de jouer à le prouver à tout le monde en m’habillant juste en noir et blanc pis en documentant en ligne mes sorties dans les nouveaux bars cools dans lesquels je peux juste rentrer en envoyant un courriel à un gars qui va me donner le numéro d’un autre gars qui va me donner le username d’un AUTRE gars qui a mis l’adresse du bar dans son snap story pour que juste les initiés vraiment motivés et hips finissent par y déchiffrer quelque chose et se rendent au bar à un moment donné.

Si j’avais le goût de faire une chasse aux trésors, je m’inscrirais à Fort Boyard pis j’irais me battre dans de la glaise beige avec Félindra Tête-de-Tigre en espérant gagner une clé, merci.

Je pense que je suis juste rendu à un point de mon année où ça me dérange pas de pas gagner le concours de l’été le plus wild. Je suis tanné de participer et/ou d’être exposé à la pression des autres qui me montrent en grosses images pimpées à quel point tout le monde a eu du fun le temps d’une photo avant-hier-soir.

Avec le temps, ça nous rend juste tellement anxieux et on développe une genre de « peur de manquer quelque chose » vraiment malsaine. On a tendance à sortir tout le temps pour montrer que nous aussi on peut avoir du fun et on se réveille beaucoup trop souvent le lendemain avec un cheeseburger double dans une main et une chaudière de décisions de bouette dans l’autre.

Sortir avec ses amis habillés en noir et blanc pis se prendre en photo devant des graffitis, c’est vraiment l’fun, mais pas quand ça sert juste à l’écraser dans la face des autres. Les autres devraient pas se sentir mal de rester chez eux le vendredi soir.
Des fois, t’as juste envie de rester chez vous, de te faire des hot-dogs toastés avec des tranches de fromage jaune pis d’avoir le tour de la bouche qui sent la margarine pour le reste de la soirée en écoutant Shrek. C’est divin, pis c’est ça la vraie vie : écouter Shrek en ayant l’air de Shrek.

Suffit l’été et le cocooning-shaming. J’veux plus avoir la constante impression que je manque quelque chose. C’est pas normal de manquer UNE soirée et de culpabiliser pendant deux semaines parce que t’as probablement manqué LA soirée de la saison.
Sais-tu quoi? La saison est finie. Pis la soirée était pas si nice que ça.

Pour célébrer le retour au calme, j’sors les hot-dogs pis les tranches de fromage.

J’sors pas à’soir, mon linge est laite pis personne va me faire sentir mal.

 

 


jfbarrette1À propos de l’auteur :
Jean est l’abeille la plus sassy de la Beyhive. Entre deux articles du Code civil, il aime bien se relaxer avec un vieux Archie fripé et du Crush au raisin. Ses rêves les plus tangibles sont d’ouvrir un Bed&Breakfast pour chiens ou d’être sélectionné dans l’équipe d’Isabelle à La Voix. En attendant d’y arriver, tu peux le trouver chez lui. Il est en train de développer une plaie de lit en apprenant toutes les répliques de Mean Girls par coeur. So Fetch.

Crédit photo : Loren Javier

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