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J’ai des problèmes d’anxiété dans la vie. Et souvent, quand j’en parle aux gens, j’ai l’impression qu’ils comprennent mal c’est quoi. Mais l’autre jour il m’est arrivé quelque chose qui je pense l’illustre assez bien.

J’étais dans une passe stressée.

Parce que mon anxiété vient par passes.

Je peux avoir de longs bouts où je peux faire n’importe quoi et je ne suis pas spécialement nerveux.

Mais quand je tombe dans une période anxieuse, tout me stresse. Littéralement tout.

Juste aller prendre un verre avec des amis me rend nerveux. Tsé, des fois qu’entre deux gorgées de bière, je me mette à paniquer et que je doive me sauver en courant en bégayant à mes amis que euuuhh… j’ai un rendez-vous pis je travaille demain pis quelqu’un m’attend pis…OK BYE! Bref, je suis pas ben ben zen dans ce temps-là.

 

Ma copine a donc eu l’idée de m’amener faire du hot yoga relaxation.

En gros, tu vas dans une salle où il fait super chaud, pis tu te couches dans des positions étranges mais étonnamment confortables, puis tu t’endors.

M’endormir dans des positions étranges quand je suis chaud, c’est pas mal mon thang.

Quand j’étais ado, j’ai déjà passé la nuit plié en 12 sur le coussin du chien du gars chez qui le party était. Il m’a grafigné toute la nuit pour que je lui redonne son coussin (le chien, pas le gars). Et j’ai bien dormi pareil.

Si j’étais un super-héros, dormir dans des positions qui ont l’air inconfortables ça serait mon super-pouvoir. Ah oui, Joker, tu veux braquer cette banque et tuer tous les clients? Très bien alors, je vais aller m’endormir coincé entre la poubelle et la petite madame terrifiée là-bas.

 

Bref, ça aurait dû être une situation relaxante.

J’étais tout sauf fucking relax.

M’obliger à être relax MAINTENANT, c’est la meilleure façon de s’assurer que je ne le sois pas.

Parce que l’anxiété, c’est surtout la peur d’avoir peur.

Quand tu fais une crise d’anxiété, tu peux ressentir plein d’affaires.

Moi, j’ai les symptômes classiques de respirations haletantes, de cœur qui s’emballe, mais j’ai aussi un symptôme moins commun : j’ai vraiment envie d’aller aux toilettes. Pour citer les paroles de Richard Séguin, ça cogne aux portes du matin. Et ce qui me rend anxieux, c’est surtout la crainte que je me mette à être anxieux. En public. Dans mes culottes.

 

Fait que j’étais assis dans la salle d’attente, à attendre que le cours commence, et je pensais à ça en paniquant.

J’avais pas le goût de me sauver en courant dans le milieu du cours, pas le goût de laisser ma blonde toute seule là à se demander quoi que le fuck qui se passe dans ma tête, et certainement pas le goût de rester là non plus à laisser tout le monde se demander c’est quoi l’odeur de marde qui flotte dans l’air.

 

Je suis pas sans ressources pour contrer les crises d’anxiété, par contre.

J’ai appris quelques exercices de méditation et de respiration qui m’aident à me ramener et à me calmer.

Mais c’est épuisant.

Ça demande beaucoup d’effort de penser à rien quand ta tête et tout ton corps te crient sans cesse de te sauver.

Le temps que le cours commence, j’étais épuisé. Vidé.

J’ai dormi tout le long.

 

Mission accomplie. J’imagine.

 


pierluc01

À propos de l’auteur :
Pier-Luc n’a pas l’air de ce qu’il est vraiment. Il donne l’impression d’un gars jovial et calme. Il est toujours en criss et crissement angoissé. Les gens pensent qu’il est un garçon poli, aussi. Dans ses temps libres, il s’intéresse à la politique, à la lutte professionnelle et à Pokémon. Faut pas chercher à comprendre.

 

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