Des fois, en lisant le Coup de Pouce, je me dis, mon dieu, j’espère que mes bébés n’auront pas de problème de motricité fine. Après, j’enfile un pyjama qui match pis je regarde Canal Vie en mangeant des Crispy minis. JE SUIS UNE MÈRE.

D’habitude, on devient maman en accouchant. Moi, depuis quelques temps, je le suis devenue par hasard.

Y me manque juste un bébé.

Hier au Provigo, j’ai vu une maman et son nourrisson. Quand ça arrive, j’élabore un plan de kidnapping dans ma tête parce que ce bébé me revient.

Je m’imagine, volant le bébé, le cachant dans mon carrosse entre le pain pis les kiwis, pour que ce soit doux, passer à la caisse incognito, installer le bébé chez nous, dans le sofa-lit en attendant, lui donner des bananes écrasées trois fois par jour. Voilà, mon rêve se réalise pendant que celui d’une pauvre mère meurt à petit feu.

C’est ça qui arrive quand t’es trop occupée à lire l’information nutritionnelle des barres Hop et Go : Tu perds ton bébé.

Coudonc c’est pas fin ça. Voler les bébés du monde. On fait pas ça. Voyons donc Katherine.

Mais c’est pas de ma faute, mon horloge biologique a sonné : J’ai 23 ans, si on était en 1860, j’aurais déjà accouché plein de fois. Je serais mère, une mère avec la tuberculose, mais une mère quand même.

Je sens que je suis prête mentalement à m’occuper d’un enfant. Je dis mentalement, parce que financièrement, je pourrais pas : je viens de m’acheter un humidificateur.

Avoir un enfant, ce serait la pire chose qui pourrait m’arriver dans le moment, mais j’aime challenger la vie en prenant les pires décisions. Sans parler de l’air purifié que cet enfant respirerait.

Pis c’est nice être mère :

-Tu peux agir comme si t’avais tout vu, tout vécu, que tes conseils valent mieux que celui d’un médecin. Tu peux juger le monde par leur apparence, juger le monde par leur métier, juger le monde.

-T’es inquiète en tous temps, mais tu reçois des colliers de nouilles. Des fois.

-Tu peux dire «Là je suis fâchée», et ça fait peur à du monde.

-Ton macaroni à la viande est le meilleur parce que c’est le seul.

-T’as une calligraphie nice, et ta signature a une certaine valeur dans un agenda scolaire.

-Tu peux parler 2h sans dire la moindre information.

-Quand tout le monde est installé à table, que tous les plats ont été apportés, tu cries de la cuisine «y manque-tu quelque chose?», pour te faire répondre, presqu’en chœur, par la visite/famille et leur joyeuse répartie «Y manque juste toi! Hihihihi».

-Tu peux ramasser des miettes et dire «c’est pas croyable.»

J’espère que tout ça n’est pas juste une phase qui va passer. Comme la fois où je me suis acheté un chien saucisse. Ou la fois où je me suis inscrite dans un cours de géologie. Ou la fois où je pensais que j’étais bonne en sculpture. On verra.

La photo est tirée du site poissyechographie.fr