Ça fait que l’autre samedi soir, y’a genre deux mois, moi pis Steph P. on est allés voir un “gala” de lutte de sous-sol d’église dans Hochelag’. On était là avec nos amis, Nic pis Pascal. (Tsé on aurait pas été là tout seuls quand même, ça aurait été weird. Ben dans le fond c’est pas parce qu’on était plus que c’était moins weird. Parce que c’était weird en criss. Mais anyway, vous comprenez.) Nic était là pour faire du repérage pour un vidéoclip. Pis nous autres on l’a suivi pour le thrill.

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19h03: On nous avait dit que la soirée se passait de 7 à 10. Là on se croyait en retard, mais finalement on s’est fait dire que ça commençait juste à 8h. On attend dans l’entrée du sous-sol de l’église avec une poignée de représentants de la classe ouvrière du coin. Des réguliers, on le voit tout de suite. On est vraiment des outsiders, fallait s’y attendre. Pis y’a beaucoup d’enfants. Genre, plus que d’adultes.

19h17: On a faim. On a hâte de pouvoir entrer pour aller à la cantine. À ce qu’y paraît y’a des hot-dogs. / Y’a une mamie qui se pointe avec sa fille d’environ 35 ans. Elle a d’la misère à descendre les marches avec sa canne. On commence à pas trop comprendre à quel type de public s’adresse ce “gala”.

19h40: Bon là on peut enfin entrer. C’est grand, c’est peinturé beige et bleu pâle, y’a plein de kids en bottes d’hiver; c’est pas mal comme un aréna.

19h41: On paye. C’est 10$. La madame m’étampe sa grosse étampe “ICW*” tout croche dans’ paume d’la main. J’regrette de pas lui avoir tendu mes jointures à’ place; à s’aurait sûrement pas bâdré d’les étamper pis ça aurait été badass.

19h45: On s’assoit dans la première rangée (c’était ultra pas mon idée). La fille et la vieille de tantôt s’assoient à côté de nous. La fille nous passe un commentaire: “En tout cas j’espère que vous avez pas peur de vous faire arroser!” (Dans ma tête: “Eww. WTF? Why? Se faire arroser de quoi là?” / Dans la réalité: je lui souris pis je dis rien.) “Y m’aiment pas beaucoup!“, renchérit-elle.

19h46: Bon là ça va faire, la cantine a vraiment l’air de torcher des culs; j’y va j’ai trop faim. J’aurais l’goût de toute prendre mais je commence molo; un hot-dog pis un Crush à l’orange. Je laisse beaucoup de tip pour signifier aux gens d’la place que je suis venu en paix.

19h50: Y commencent à blaster d’la musique dans leurs speakers pour nous inciter à avoir hâte à ce que ça commence. C’est genre des mashups de club, des mélanges de Bloody Beetroots avec du Flo Rida pis du David Guetta toute en même temps.

20h04: (Premier combat.) Bon ça commence pour vrai. Yan 450 (de la crew des “Diaboliks“) va se battre contre un autre que j’me rappelle pas de son nom (vraiment pas aussi mémorable que “Yan 450”), mais son personnage lui c’est le gars qui se trouve beau pis qui se regarde dans des miroirs. C’est un peu fucked up, mais je lui donne quand même du crédit pour l’originalité de son personnage.

20h15: (Deuxième combat.) La crowd est vraiment into it, tsé… Tout l’monde y va ben ben fort sur les insultes aux lutteurs “ennemis” quand ils sont introduits; “Va chier ostiii! El caaaavee!!“, “Farme ta yeulee calisss!!“. (Respectivement, les deux citations précédentes sont tirées du discours d’un p’tit garçon de 8 ans, et de la mamie avec la canne dont il était question à 19h17. Elle était particulièrement agressive. Selon nos sources, elle est là à chaque samedi.)

20h47: (Troisième combat.) Y’a un lutteur du quartier gai vêtu d’une tenue de cuir qui se fait accueillir par un commentaire du genre: “Arrtourne t’en dans l’village ostie d’tapetteee!“. Vraiment nice. Mais encore une fois, big up à la variété des personnages.

21h08: (Quatrième combat.) Y’a un lutteur de 19 ans avec aucun swag sur le ring. Y s’appelle genre “Hugo“. Assez plate comme nom de lutteur.

21h24: Plus la soirée avance, plus les prises des lutteurs sont intéressantes. Y’a même des scandales. Par exemple l’arbitre-femme qui se fait tabasser, de même qu’une autre femme qu’on croyait pas lutteuse. Mais finalement elle avait pratiqué comment faire en semblant d’être dans le coma après s’être fait frappée avec une chaise par un gros colosse.
Ici vous pouvez voir sur vidéo l’étendue de leurs exploits, sur un fond de musique rock-alternative de la fin des années 90:

21h40: (Septième ou neuvième combat, j’me rappelle pas trop, j’commençais à avoir beaucoup hâte de sacrer mon camp.) “Blackout Brad” arrive sur le ring sur une toune de reggaeton. J’suis content. J’pense que c’est lui qui a gagné cette soirée-là. On lui donne la grosse ceinture de bling bling.

22h02: C’est fini. L’animateur annonce ce qui va se passer la semaine d’après pour nous intriguer. À ce qu’y paraît y vont se battre sur des escabeaux pour attraper la ceinture au plafond. Fuck that shit. On s’arrache.

On arrive pas trop à comprendre à quelle sorte de soirée qu’on vient d’assister. C’est soit vraiment amusant tellement c’est cheap, ou ben c’est juste trop scandaleux ce qui s’passe là-d’dans. Tsé sérieux le curé qui héberge cet évènement-là dans son sous-sol y doit pas s’en vanter tant que ça aux autres curés là… En tout cas. Si vous voulez torturer votre esprit en observant de drôles de tristes cas sociaux, allez-y vous aussi.

Ah, pis finalement on s’est pas fait arroser pentoute.

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*ICW ça veut dire “Inter Championship Wrestling“.

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