Tout d’abord, merci à toi, internaute, d’avoir cliqué.

C’était effectivement notre objectif à moi et à mon titre audacieux.

 

 

J’ai écouté l’entrevue d’Éric Duhaime sur la parution de son nouvel essai; La fin de l’homosexualité et le dernier gay.

Il annonce son homosexualité et dit qu’il n’en a pas parlé avant parce qu’il ne se définit pas par ça, il est plus que ça.

 

Et vous savez quoi? Je suis d’accord avec vous, monsieur Duhaime.

Vous avez une cause noble; ne pas se faire marginaliser pour des causes d’orientation.

 

En fait, vous avez la même cause que vos confrères et consoeurs du LGBTQ.

Certains revendiquent leur droit à leur individualité à grands coups de flamboyance et confettis, d’autres avec la discrétion de l’anonymat pour éviter les regards.

 

Faut croire que les gays sont pas tous pareils, hein?

 

Dire que les gays se « victimisent », est bien la preuve de la richesse des préjugés à leur égard.

 

C’est drôle comment est-ce qu’on dit toujours que les victimes se victimisent.

 

« De quoi ils se plaignent, les estis de tapettes? C’est full mal vu si je les dévisage en public. »

 

 

C’est pas parce que y’a du terrain de gagné qu’il ne reste pas du chemin à faire. Moé j’débarque pas tant que Google map m’a pas dit « vous êtes arrivés à destination ».

 

 

Vous n’avez jamais été victime de discrimination? Tant mieux.

Eminem a lâché l’école et ça n’a pas trop mal fini pour lui. Ça y est, le problème de décrochage aux États-Unis c’est réglé?

 

Non bien sûr. Parce qu’une réalité n’est pas nécessairement la réalité.

 

 

Pour vaincre, ça prend plusieurs chevaux de bataille. Un pour combattre la discrimination sur le milieu du travail. Un pour le mariage pour tous. Un pour écrire des livres pour enfants. Un pour se fâcher des toilettes genrées.

 

Ce sont de grands chevaux desquels vous devriez débarquer, monsieur Duhaime.

 

Si ce ne sont pas vos combats, tant mieux, vous semblez avoir eu une vie privilégiée.

Mais laissez donc les blessés de guerre parler de leurs réalités.

 

 

Vous avez raison, monsieur Duhaime. On vit dans un endroit merveilleux où plusieurs communautés autrefois persécutées ont maintenant des droits acquis.

Je suis d’accord. Et c’est exactement pour ça que j’ai envie de continuer de l’utopier en le saupoudrant de toilettes pour tous.

Mais rappelons que l’univers ne finit pas aux frontières du Québec, le mariage pour tous n’est pas acquis chez nos voisins du sud.

 

J’vous entends avec vos grands sabots individualistes; ça nous regarde pas, c’est vrai, mais ça ne serait pas extraordinaire qu’un jour, certains révolutionnaires se basent sur nos moeurs pour enfiler leurs bottines et sortir dans les rues?

 

On vit au Québec, le Québec est dans le Canada, le Canada est en Amérique et l’Amérique est dans ses feuilles marilon marilé.

 

On vit dans un arbre en constant échange, en constante communication. Le fait que vous soyez en train de lire mes niaiseries en est témoin.

 

 

Vous ne voyez pas le lien entre les combats des lobbyistes gays et des transgenres?

 

Ben, c’parce que se faire marginaliser pour sa sexualité, c’est pas cool. Peu importe t’es qui et tu couches avec qui.

 

Vous avez raison, les toilettes pour tous, c’est un problème extrêmement marginal, presque du micro détail.

 

C’est la beauté de la chose. Voir la communauté homosexuelle prendre les combats des plus petits sous leurs ailes; parce qu’ensemble, tous ensembles, on peut faire évoluer les mentalités.

 

 

Et si dans votre vie, monsieur Duhaime, vous n’avez jamais rencontré d’anicroche pour des histoires de caleçons; tant mieux.

 

Je vous le souhaite.

 

À vous et à tous les autres aussi.

 

 


Catherine95À propos de l’auteure :
Catherine Thomas. Tite-Jo connaissante notoire. Auteure drôle, paléontologue aguerrie et collectionneuse d’histoires. Elle n’aime pas le Nutella et le bacon alors oui, vous pouvez la mépriser. Mais méprisez-la pas trop parce qu’elle a aussi un match de 94% avec Yoda sur Lovecalculator.

 

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