J’m’étais juré que je ferais pu ça, écrire des longs chunks dans facebook.

Faque j’ai demandé à ce que ce soit publié dans un blogue à la place.

Je doute de mon reach global ces jours-ci, mais tant pis. Le 8 mars, on écrit un long post, pis c’est toute.

 

Si tu me connais un brin, tu sais que cette journée-là me tient spécialement à coeur, pis depuis longtemps.

Cette année, j’ai pas envie de parler des femmes d’ailleurs, même si c’est ultra-pertinent.

J’ai pas envie non plus d’écrire des blaguettes, je fais ça 364 jours par année tsé, niaiser.

 

Des fois, c’est ok de prendre un souffle pis se dire quelques affaires.

 

Dans mon entourage, peu importe le groupe de femmes dans lequel je me trouve, il semble que l’ensemble des individu(E)s en présence aient souffert ou souffrent de divers types d’affections mentales.

Mes amies, mes parentes, mes collègues de travail, même mes idoles, les femmes sur lesquelles je me suis forgée … je parle avec elles, je les écoute, je lis sur elles … et ce que j’apprends me terrasse : anxiété, dépression, tentatives de suicides, problèmes alimentaires, abus de substances … et quand c’est pas diagnostiqué comme une maladie mentale … ça se faufile dans le corps, en se déclinant en différents types de maladies, allant jusqu’aux plus mortelles.

 

Je n’exclus pas du tout que nos boys aussi ont le brain masterfucked.

Mais là, on parle vagins deux minutes, ok?

 

Mon constat est le suivant, full banal : oui, les femmes de nos contrées industrialisées ont vécu une libération sexuelle.

Non, elles ne sont pas libérées.

 

Oui, elles peuvent maintenant décider de leur plein gré de disposer de leurs corps et de leurs vies comme elles l’entendent.

Mais. Pour plein de raisons elles ne sont pas rendues à le faire.

 

Mais, de tous les mais, quelques mais en rafale :

Elles ont peur – elles veulent être aimées pis rassurées mais l’amour c’est pas fait pour être rassurant – elles veulent être elles-mêmes mais se sont forgées depuis des millénaires à plaire – elles veulent s’affirmer mais se sentent sans défense quand on les attaque – elles veulent exister mais si elles existent trop fort on le leur reproche – elles veulent enfanter et travailler et fêter et se reposer et être belles et être authentiques et réussir dans la vie et réussir leur vie – elles veulent elles veulent elles veulent don toute pis maintenant … et quelque chose quelque part dans leur parcours leur a promis qu’elles pourraient, si elles le voulaient assez fort, avoir et être tout ça.

 

Elles veulent réussir et elles réussissent. Mais elles ne savent pas recevoir, trop habituées qu’elles sont de donner.

 

Ami, amie … ch’t’écoeurée de me faire dire que si je veux assez fort je vais avoir toute.

Que vouloir assez fort suffit à buffer les difficultés de nos vies complexes.

 

Faire un vision board et des affirmations positives, c’est pas suffisant, man, parce que TOUT A UN PRIX dans la vie.

 

Ch’t’écoeurée de me faire rabattre les oreilles que c’est pas normal, d’imploser.

 

Si c’est pas normal, pourquoi l’ensemble de mon entourage féminin implose un jour ou l’autre?

 

Ce qui n’est pas normal est donc la norme. La norme c’est nous, l’armée de filles au bord de la crise de nerf.

À preuve, mon entourage regorgeant de magnifiques amazones qui doivent réguler leurs humeurs, leur régime, leur pensée, pour fonctionner. Juste fonctionner.

 

Si tu t’identifies, fille, je te comprends, pis sache que je care.

 

Si tu t’identifies pas et que t’es pas là-dedans pis toute, s’il-te-plaît fille, fais pas du millage sur le dos de ta gang, sur le dos de ton sexe. L’échapper est si vite arrivé … une badluck, une rupture, une mauvaise passe, un dérèglement hormonal.

Je te le souhaite pas, fille. Je comprends qu’on a pas envie de se liquéfier à chaque seconde, à chaque question, à chaque entrevue, à chaque enfargeage.

Sais-tu quoi? Fais ce que tu veux, protège tes arrières, forge-toi dans l’opposition, dans le ‘moi je suis pas comme les autres’.

Si un jour tu viens à tomber, quelqu’un comme moi va être là.

 

Force m’est d’admettre que j’en connais pas, des filles qui traversent ce monde insane dans le plus constant des équilibres.

Tous ceux qui me connaissent savent que je suis moi-même, une personne forte ET aux brains complètement masterfucked. Pis sais-tu quoi? J’ai décidé d’arrêter de faire semblant que je ne fais pas partie de cette souche de femmes dépassées, de cette lignée d’étoiles brillantes et anxieuses comme l’idée des trous noirs.

 

Bon 8 mars, je nous souhaite … encore plus de sororité, ouin, on en aura jamais trop, je pense. De la solidarité en général, pis entre femmelles, en particulier.

 


veronique_pascalÀ propos de l’auteure:
Véronique vient de Longueuil et possède 2 chats obèses, comme 99% des femmes entamant la trentaine et n’ayant pas d’enfants. Véronique s’appelle Véronique et trouve que beaucoup de filles s’appellent Véronique, mais elle n’a pas trouvé de nom d’artiste satisfaisant encore (sauf Abeille et c’était pris). Alors elle prend vos suggestions.

 

Illustration : Sara-Leila

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