Pendant longtemps, mon anxiété a été mon super-pouvoir. Comme Spiderman se déplace en accrochant sa toile de building en building, je me promenais en spottant de toilette à toilette, dans l’éventualité où je serais pris d’une crise de panique s’accompagnant de diarrhée violente (bon appétit tout le monde).

 

En passant, vos meilleurs spots sont les toilettes du McDonald’s et du Wal-Mart. Quelqu’un qui s’engouffre avec une diarrhée incontrôlable, c’est genre le truc le moins trash qu’ils voient dans une journée.

 

On salue les employés de ces endroits qui voient des choses que nul homme ne devrait voir pour un salaire minable.

 

Ceci étant dit, ça va vraiment mieux depuis un moment. Je n’irais pas jusqu’à dire que je suis guéri, parce que le karma aime ben ça te bitchslapper dans face avec tes commentaires trop confiants, mais ça va vraiment mieux.

 

Je crois que ce n’est pas le fruit du hasard non plus. Avec le temps, j’ai dû développer certains trucs qui, à la longue, ont fait leur effet.

 

Je ne prétends pas être psychologue. Si vous pensez que votre anxiété est hors de contrôle, de grâce, allez consulter. C’est la meilleure chose que j’aie fait, de loin.

Si vous laissez l’entièreté de votre santé mentale entre les mains de blogueurs sans qualifications (et étant la personne qui me connaît le mieux, je vous assure que je n’ai AUCUNE qualification), c’est sûr que ça n’ira pas trop bien. Ça serait comme se fier à Twitter pour réparer son bras cassé: les chances de succès sont aussi minces que mes chances de me faire retweeter par Véronique Cloutier.

Mais je pense que mes petits trucs peuvent aider. Ils m’ont aidé moi en tout cas, et en tant que narcissique ça me suffit.

 

 

1) Écrivez

Là, je ne parle pas de tenir un blog (quoi que si le coeur vous en dit), mais juste de tenir un journal. Même pas obligé d’être un journal intime avec un petit cadenas.

Ça peut être un moleskin très hip qui va donner l’impression aux gens que vous êtes un poète qui s’inspire de la vie quotidienne dans l’autobus (ce qui est plus cool que quelqu’un qui a envie de vomir parce qu’il a peur de manquer son arrêt de bus, vous en conviendrez). Ça peut être même l’application Notes sur votre téléphone, les gens vont juste penser que vous textez pis que vous êtes un personnage de Like-Moi.

Mais quand vous faites une crise de panique, écrivez comment vous vous sentez.

Pour moi, ça a eu plusieurs effets bénéfiques. D’une part, bien souvent je trouvais la vraie raison de ma crise de panique. En surface, je pensais que je paniquais parce que je voulais pas manquer mon cours, ou parce que j’avais peur d’avoir fait un mauvais devoir ou des choses bêtes comme ça.

Mais en écrivant, je me rendais compte que bien souvent, tout ça cachait en fait une inquiétude plus profonde que je tentais de mettre de côté: une peur de l’échec à la fin de mes études, la crainte de ne pas avoir choisi la bonne carrière, un sentiment de solitude causé par l’éloignement de ma blonde… En écrivant, ça me permettait de cibler ce genre de choses.

L’autre effet positif que ça a, c’est que j’écris ben moins vite que je pense. Mes pensées, c’est genre Usain Bolt, et moi qui écrit, c’est genre… ben, moi qui court. Y’a pas de comparaison à faire.

Mais c’est une bonne chose. Parce que l’anxiété, c’est aussi beaucoup ça, les pensées qui vont trop vite. En écrivant, ça me permet de les ramener à un flot beaucoup plus gérable. Et surtout, ça m’évite de remâcher les mêmes pensées en boucle; en les écrivant, c’est comme si elles se retrouvaient fixées sur le papier, et mon cerveau n’a plus besoin de se les repasser sans cesse.

 

 

 

2) Prenez la vie comme un jeu

Ce truc-là ne marchera sûrement pas pour tout le monde. Mais pour moi ça a fait effet.

Quand je dis de prendre la vie comme un jeu, je veux pas faire un truc boboche à la Marina genre n’oubliez pas de sourire à quelqu’un aujourd’hui.

C’est plus un truc que j’ai développé pendant que je faisais mon stage. Je devais participer à des rencontres dans des projets qui m’intimidaient un peu: un gala Juste pour rire, des émissions de télé diffusées à heure de grande écoute. Alors, j’étais intimidé et ça me rendait anxieux. Je voulais pas être le gars pourri qui n’a pas sa place là.

Sauf que je suis un gros fan de jeux vidéos. J’imagine que c’est un monde rassurant pour moi parce que c’est un univers où le succès est codifié, il est mesurable et facile à cerner. Et même si l’objectif peut être difficile, l’échec est sans vraie conséquence. On peut réessayer jusqu’à temps qu’on réussisse.

Vous voyez où je veux en venir hein?

Dans la vraie vie aussi, on peut réessayer jusqu’à temps qu’on réussisse. Alors j’ai décidé de voir mon stage comme un jeu. Je jouerais à faire semblant d’être un gars vraiment confiant et qualifié, et j’allais essayer de faire la meilleure performance dont je suis capable.

D’un coup, tout était moins grave. Parce que si j’échouais, ce n’était plus moi qui n’était pas à la hauteur, qui n’était pas assez bon, qui ne valait rien. J’avais juste joué à un jeu et cette fois-ci je n’avais pas réussi. Je n’avais qu’à réessayer.

Quand je me suis mis à l’aborder de cette façon, tout a été beaucoup moins stressant et la suite s’est très bien déroulé.

 

 

 

3) Respirez

C’est niaiseux, mais on oublie, han?

Respirez, mais respirez pas trop non plus. Si vous avez déjà fait une crise de panique, vous savez que le stress a une influence directe sur la respiration. Mais ce qui est intéressant, c’est que l’inverse serait aussi vrai. Si on a une respiration trop intense, trop en surface, on peut aussi se déclencher des crises de panique.

Là, je ne suis pas un coach de respiration, un psychologue spécialisé ou un inhalothérapeute pourrait vous guider beaucoup mieux que moi, mais le gros de l’affaire va ainsi: respirez du ventre, pas de la cage thoracique. Il faut viser une bonne grosse respiration qui part du bas de vos poumons, pas une respiration qui vous fait crisper les épaules.

Respirez lentement, en prenant conscience de l’air qui entre en vous. Et expirez lentement. Vous pouvez compter les temps si ça vous aide, mettons quatre temps d’inspiration, 8 d’expiration, et 4 de pause entre les respirations.

Pour le reste, je ne veux pas trop m’avancer, parce que là on parle plus de santé physique et je veux pas que vous vous blessiez (je suis pas mal sûr que Les Populaires n’ont pas l’argent pour me défendre contre une poursuite), mais si vous pensez que votre respiration n’est pas adéquate, parlez-en à un professionnel.

 

 

 

4) Faites les choses que vous n’avez pas envie de faire

Quand j’étais dans mes pires épisodes d’anxiété, je n’avais envie de rien faire. Même voir des amis m’apparaissait comme un calvaire, parce que je n’étais pas capable d’en profiter, et j’avais constamment peur de faire une crise de panique devant eux.

Mais il faut y aller pareil. Si vous vous empêchez de faire les choses qui vous font peur, vous donnez raison à cette peur. Vous vous envoyez le message que vous avez raison d’avoir peur, que vous êtes une personne qui n’est pas capable de faire ladite chose.

C’est sûr que c’est pas mieux si vous confirmez vos peurs. Mettons que ça vous rend anxieux aller à la Ronde, c’est sûr que c’est pas mieux vomir partout dans le carrousel.

Mais faites-le un peu (pas vomir là, aller à la Ronde). Mettons que d’aller à une soirée dans un bar vous rend nerveux, dites-vous je vais au moins aller faire un tour, et si vraiment je ne me sens pas bien, je repartirai. Au moins j’aurai eu un peu de plaisir un instant.

Bien souvent, rendu là, c’est pas si pire que ça et vous allez réaliser que vos limites sont peut-être plus loin que vous le croyez.

 

 

L’anxiété, c’est pas un truc qui se règle d’un coup. Mais avec le temps, ça peut se tasser. Et si vraiment, vous craignez de ne pas y arriver, ou même si vous pensez qu’un petit coup de pouce vous ferait du bien, allez consulter un professionnel. Vous le méritez.

Ben, j’imagine. Je vous connais pas non plus, tsé.

 


Pier_Luc95

À propos de l’auteur :
Pier-Luc n’a pas l’air de ce qu’il est vraiment. Il donne l’impression d’un gars jovial et calme. Il est toujours en criss et crissement angoissé. Les gens pensent qu’il est un garçon poli, aussi. Dans ses temps libres, il s’intéresse à la politique, à la lutte professionnelle et à Pokémon. Faut pas chercher à comprendre.

 

Photo : The Office

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