C’est un commentaire que j’ai trouvé, comme ça, en préparant cet article. Malheureusement, c’est très facile de trouver des commentaires complètement violents et méprisants. Pas besoin de chercher ben ben longtemps.

 

 

J’ai une obsession à lire les commentaires sur Facebook, sous les articles.

Je ne sais pas pourquoi. C’est pas comme si de brillants scientifiques passaient leurs journées à informer les gens sur les derniers développement de la science dans les commentaires du Journal de Québec.

À moins que Manon de Ste-Catherine qui trouve que les tamouls devraient retourner dans leurs pays avant que le McDo serve du couscous à la charia soit une brillante astrophysicienne.

On sait jamais.

 

Mais je me suis rendu compte que c’était trop.

Je me suis abonné au journal (oui oui, papier, comme une personne âgée) et c’était rendu qu’à la fin des articles, je cherchais instinctivement les commentaires. Je passais plus de temps à parler à ma blonde de ce que les crétins d’un peu partout pensent de Donald Trump.

Surtout, j’étais rendu à être des fois de vraiment mauvaise humeur, à être triste ou inquiet pendant des soirées de temps, parce que j’avais fait le trop plein de fiel et de haine dans les sections commentaires et ça me faisait peur.

 

Alors, je me suis dit que je me donnerais un break d’une semaine de commentaires.

J’arrêterais de lire les commentaires sur Facebook, sauf si le monde commentent mes propres publications (je ne vais pas me priver de l’attention des autres, quand même).

J’allais aussi éviter les sections commentaires sur les sites de nouvelles, et ne pas trop m’embarquer dans les débats sur Reddit.

 

Ça a été moins facile que je croyais.

 

Au premier jour, il y a eu plusieurs fois où j’ai instinctivement ouvert les commentaires, avant de devoir tenter de fermer précipitamment la fenêtre en gardant les yeux fermés pour ne pas voir lesdits commentaires. (J’ai peut-être exagéré.)

 

Au deuxième jour, j’ai commencé à aller sur Twitter. Je ne vais JAMAIS sur Twitter. Mes seules activités sont de retweeter mes articles des Populaires, et live-tweeter Tout le monde en parle une fois par année.

 

Sauf que là, j’avais besoin de lire des messages de connards, alors j’ai trouvé le compte Twitter d’une développeuse de jeux ciblée par des idiots misogynes, et je me suis mis à leur répondre.

Je cherchais littéralement la marde.

 

Mais plus les jours se sont mis à avancer, plus je me suis rendu compte que la négativité ne me manquait pas vraiment.

Et ça a surtout été confirmé par les événements de Québec.

Comme beaucoup d’entre nous, ça m’a bouleversé. Je trouve que le mot ”tragédie” est galvaudé, mais ici il est juste.

Mais je dois avouer que quand j’ai vu l’avalanche d’articles traitant de la tuerie sur les réseaux sociaux, et les quelques commentaires haineux qui ont mené à des accusations criminelles, j’ai éprouvé un peu de soulagement à ne pas lire les commentaires.

Parce que ces damnées sections d’opinions donnent une vision tordue de la réalité.

Une version beaucoup plus sombre de la réalité, qui n’est pas toujours si mal.

 

Ok, ce n’est peut-être pas dur trouver quelques dizaines de crétins qui vomissent des horreurs derrière le clavier de leur ordinateur. Mais cette semaine, on a aussi pu voir des milliers de personnes sortir dehors pour aller marcher, pour aller tenir vigile, en support à une communauté qui n’est pas la leur mais qu’ils veulent appuyer.

 

Et aller dehors, se déplacer pour aller partager le deuil d’autrui, c’est pas mal plus difficile que d’écrire des phrases dénuées de syntaxe en bobettes devant son ordinateur.

Pourtant, les gens étaient beaucoup plus nombreux dehors.

 

Avec les nouvelles technologies, on s’est mis à croire bêtement que la haine et la stupidité étaient elles aussi des nouveautés. Mais des idiots racistes et malveillants, il y en a toujours eu.

On les entend juste davantage parce qu’on cherche davantage à les entendre.

 

Même si ma semaine sans réseaux sociaux est terminée, je pense que je vais continuer à ralentir la cadence.

Parce que quand on passe son temps à chercher le plus laid chez l’être humain, et bien on le trouve.

Quitte à oublier toute la beauté qui n’est pas sur Internet. Et qui se passe de commentaires.

 


Pier_Luc95

À propos de l’auteur :
Pier-Luc n’a pas l’air de ce qu’il est vraiment. Il donne l’impression d’un gars jovial et calme. Il est toujours en criss et crissement angoissé. Les gens pensent qu’il est un garçon poli, aussi. Dans ses temps libres, il s’intéresse à la politique, à la lutte professionnelle et à Pokémon. Faut pas chercher à comprendre.

 

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