Désolée, j’ai perdu les nerfs le temps d’un titre. Mais sachez que dans la première version, je disais «je vais tuer votre mère» mais je me suis dit que c’était exagéré.

 

Y’a personne qui est tant que ça attaché à un caniche.

Fack de rien d’avoir été fine dans mon titre.

 

À c’t’heure.

 

J’adore Gilmore Girls.

(Pis j’ai des bons goûts. Je vous jure que je suis une référence; j’adore Rick and Morty pis Narcos aussi.)

 

Gilmore Girls, c’est ce que je pointe du doigt quand les matantes permanentées me demandent dans les partys de Noël, les lèvres aussi violacées que leur couverture capillaire «Toi qu’est-ce que tu veux faire quand tu vas être grande?»

 

(J’en ai fait stresser une coupe qui pensaient que je voulais être une teen mom.)

 

Mais on va se le dire…

 

Gilmore Girls, c’t’un show plate.

 

L’histoire est plate.

Les plans sont plates.

 

Chaque scène est pareille à la précédente. Les plans sont hypers simples. Un cadre, deux personnes qui parlent. That’s it.

 

On s’en sacre avec qui Rory sort. Fo real.

Pis du festival du blé d’inde de Stars Hollow.

 

C’est plate, il se passe rien. Pis au fin fond du bout du compte, tu regardes deux filles être plus cool que tout le monde.

 

Elles mangent tout le temps sans engraisser (fuck’em).

 

Elles sont parfaites dans une ville parfaite où madame Patty donne en permanence des cours de danse les portes grandes ouvertes. Parce que les lumières de Noël partout ne conféraient pas à l’endroit des aspects assez féériques à leur goût.

 

Dans un monde de carte postale où on te rappelle constamment que pour régler n’importe quel problème, tu peux simplement piler sur ton orgueil et aller demander 50 000$ à maman.

 

T’sais, c’est kitch comme des flamants roses de jardin.

 

Si ce n’était pas des dialogues.

 

Hollyfuckingshitquecestbienécrit.

 

Chaque ligne est un punch.

Les référents pop culture sont excellents; pointus et on point.

 

Et même si certaines blagues nichées échappent à ton orgueil, tu pardonnes la cible ratée parce que t’es en terrain miné.

 

No blank land.

 

Les dialogues sont rapides et efficaces avec une précision GuillaumeTellesque.

 

 

Il m’est arrivé souvent de réécouter une scène. Juste une scène tout de suite après qu’elle soit finie. Pour ne pas perdre une phrase, un mot d’esprit ou pour me toucher sur un dialogue bien ficelé (j’aime vraiment l’écriture, ne vous en déplaise).

 

Tous les personnages sont riches, complets.

Sans parler du personnage de Lane, Emily Gilmore ou Sookie…

 

(J’vais pas commencer à vous nommer les personnages parce que rendu là je vais me sentir mal de ne pas tous les lister tellement ils sont excellents. Juste écoutez-le esti. Au moins les 4 premières saisons. Come on, j’suis sûre que t’as déjà accordé au moins 12h à Un souper presque parfait, tu peux ben essayer Gilmore Girls. J’te jure que tu le regretteras pas.)

 

Ça c’était une très longue parenthèse.

 

Mais bref, cher détenteur de caniche, c’est pas ce que vous avez fait.

 

Force est d’accorder que le pari n’était pas facile.

Se démener pour ramener un classique, en sachant que les fans vous attendent avec brique, fanal et boîte de kleenex.

 

 

Dès la première scène, on est excités, tout semble là.

Cette scène annonce définitivement la bonne nouvelle.

 

Avoir su que c’était la meilleure scène de toute la saison, je l’aurais regardée d’un autre oeil.

Et c’est exactement ce que j’ai fait, une fois la déception dissipée.

 

À la réécoute, j’ai remarqué les punchs forcés, les conversations peu fluides et la redondance des propos qui nous donnent l’impression que certains personnages ont bogué. Pauvre Kurt, il est une édition 97.

 

Le tout laisse un arrière-goût en forme de mal de coeur.

C’est étourdissant, tourner autour du pot.

 

Le problème, c’est que si t’amputes Gilmore Girls de ses dialogues, il ne reste que la coquille quétaine.

 

Si certaines blagues m’ont fait frémir les commissures de temps à autre, c’est les joues plaquées dans mon facepalm que j’ai fini la saison, de peine et de résilience.

 

Vous avez réussi à scrapper un personnage comme Paris. Come on! Paris? Pour vrai?

 

Directrice d’une clinique de fertilité, Paris saison 9 nous a parlé de pénis pendant deux épisodes. Et considérant que le nombre d’épisodes concorde avec le nombre de saisons, on parle de Paris qui parle de pénis pendant la moitié de la saison. (Vous me suivez?)

 

T’as pas besoin de forcer le comique pour un personnage comme Paris. Le personnage est tellement fort, tellement clair qu’elle est hilarante dans n’importe quelle situation.

 

Pauvre Paris. Transformée en comic relief cliché d’un coup de baguette phallique.

 

 

Le personnage de Rory n’a pas changé. C’tait cute quand t’avais 16 ans, mais à 32, ça tombe du côté «pathétique» du spectre de la cuteness.

 

Et vous nous avez fini ça sur un hook facile qui ne mérite même pas l’attention des spoilers.

 

Botché alert.

 

 

Vous nous avez ramené l’esthétisme, sans la finesse.

 

Vous nous avez redonné le kitch. Sans le «oui mais».

 

Vous avez donné raison à tous ceux qui avaient judge by the cover Gilmore Girls.

 

Et pour ça, je vous le pardonnerai jamais.

 

Mea culpa pour le caniche.

(Mais c’pas vrai que je suis fâchée après votre caniche.)

 


Catherine95À propos de l’auteure :
Catherine Thomas. Tite-Jo connaissante notoire. Auteure drôle, paléontologue aguerrie et collectionneuse d’histoires. Elle n’aime pas le Nutella et le bacon alors oui, vous pouvez la mépriser. Mais méprisez-la pas trop parce qu’elle a aussi un match de 94% avec Yoda sur Lovecalculator.

 

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