unhommecestbeau

Je suis de celles qui ont l’homme dans la peau, très creux dans le plus profond des tripes.

Même bébé, paraît que j’ai toujours tendu les bras aux garçons comme si c’était un tout-inclus gratis. Oupsie. Ça fait-tu de moi une guedaille, ça ? Peut-être.

 

Pourtant j’porte pas de jupe au ras des pâquerettes et ma prairie n’est pas un all-you-can-eat, encore moins un fast-food à emporter.

 

J’mets ma serviette de table sur mes genoux au resto. J’utilise le bon ustensile pour le bon petit plat dans sa petite assiette fancy avec son coulis en zigzag le long d’une aubergine farcie (insérez ici l’émoticône d’aubergine c’était ÇA sa vocation tout ce temps). Je me qualifierais d’adéquate en public. Je suis polie. Je remets mes vêtements sur le cintre quand ça fait pas au magasin. Je ne fais pas d’essayages de matelas aller-retour.

Mais bon sang qu’un brin m’emballe quand il est question d’un homme.

Ça dure jamais longtemps mais ça me rend complètement folle au point que j’ai ENVIE D’ÉCRIRE EN CAPS LOCK.

J’le dis pas trop fort, mais dans mon dedans j’suis toute molle et mon cerveau vous enregistre quelques secondes, le temps de rêver à votre paradis de corps mes p’tits verrats.

 

J’aime ça le mâle. Kessé vous voulez j’vous dise.

Lapidez-moi, jugez-moi, sale putain que je ne suis guère.

 

C’est juste que, t’sais, wow.

 

Messieurs, y’a quelque chose de tellement rassurant dans le grave de vos voix. Le rude de vos barbes qui sable notre peau pis vos mains pleines de rough qui décident de caresser nos nuques au lieu de les étouffer.

 

Votre sensibilité toute pure qui ressort de votre face avec une retenue absolument désirable et renversante. Vos bras qui savent nous mettre à l’abri de nous, qui nous étreignent, qui font remonter nos chagrins d’en-dedans pour les rendre accessibles pis pour que vous frappiez dessus à notre place, avec toute votre fougue pis juste assez de sueur qui coule le long de vos cheveux négligemment couettés.

 

Vos yeux de ténèbres qui nous donnent l’impression d’être enfin lumineuses pour quelqu’un.

 

Vos épaules, OH MY GAWD, vos épaules larges et puissantes, comme un mur dans lequel on se garroche, les yeux fermés, pour s’oublier, pour se lover, pour que vous vous refermiez sur nous en silence. Votre torse où on aime tellement laisser mourir l’empreinte de nos doigts en espérant que leurs traces vous donnent envie de nous revenir et de nous chuchoter des « t’es belle tu sens bon tu m’fais rire t’es l’fun marie-moi ok non j’me suis emporté mais sérieux t’es belle ».

 

Votre odeur d’épices, de bois, de salé. La senteur du j’ai travaillé fort dehors toute la journée pour toi ma belle mais je sens quand même la chambre à coucher.

 

Comment vous faites ?

 

Hommes, j’vous étendrais su’ mes toasts chaque matin. Je suis à vous toute entière.

 

Dans mes rêves, j’parle. On s’calme la testostérone.

 

Faque c’est ça.

 

Dans le fond, j’suis une guedaille peut-être. Ou juste fortement hétéro (j’écris yinke ça pour créer un débat d’actualité sur l’hétéronormativité pis me sentir moins mal d’écrire des coquineries).

 


valerie_fortinÀ propos de l’auteure:
Valérie est une fille mi-coquette mi-grivoise qui s’assume moyen mais qui a des belles amies donc elle paraît plus cool. Elle voudrait avoir un pug pour l’appeler Miss Caprice, elle te trippe dessus quand tu la trouves drôle et elle possède un ukulele qu’elle a nommé Dany. Elle rêve de se faire offrir des bulles en lui disant « T’es une princesse vraiment unique, t’es la sirène des alcooliques ». Parce que Val, elle t’écoute, elle te juge pas.

Photo : Tom Selleck accoté sur sa voiture rouge

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