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Bon, c’est officiel, Donald Trump va être le candidat républicain, à la grande surprise de personne. Ben, en fait, sûrement que si je voyageais dans le temps et que mon moi-même de v’là un an voyait ça il serait étonné. Mais là, ça faisait un bout que ça commençait à puer, personne n’est étonné qu’on se retrouve dans le caca aujourd’hui. (Je fais des textes intelligents sur la politique, maman.)

 

Et c’est facile de rire de Donald Trump.

Essayez de trouver une citation intelligente de Donald Trump.

C’est plus facile de trouver quelqu’un qui a une blonde dans un tournoi de cartes Magic qu’une déclaration de Trump qu’on peut dire en public. Ça existe, mais faut que tu cherches.

 

D’ailleurs, les médias ont eu ben du fun à attirer les clics avec les citations loufoques de Trump.

Mais c’est un jeu dangereux, ça, parce qu’un moment donné, tu te rends compte que c’est le seul de qui on a entendu parler, pis il gagne ses élections.

 

Mais si c’est facile de taper sur Trump, je ne pense pas que c’est juste de rire de ses supporters. Quand des gens ont des positions tellement éloignées des nôtres, c’est facile de les diminuer, de ridiculiser leurs positions.

Mais voilà le problème: ça ne nous avance à rien.

On rit, mais après, tout le monde n’est que plus campé dans ses positions.

 

En riant des gens qui supportent Trump, comme on pouvait rire des gens qui étaient pour la Charte, ou qui ne croient pas aux changements climatiques, on nuit à nos propres idées.

 

Et je dis pas ça dans une perspective Néo-Jésus genre: «fais aux autres ce que tu voudrais qu’on te fasse», ou «quand on rit d’un vieux raciste de banlieue de Québec, c’est de nous qu’on rit parce que l’humanité est une grande fratrie.»

 

Une étude a été faite il y a quelques mois. Et les supporters de Trump n’avaient que deux traits en commun. Deux.

On pourrait penser que ses fans sont tous des vieux racistes blancs qui ont arrêté l’école en même temps qu’ils ont perdu leurs dents de bébé. Mais ce n’est pas le portrait du tout. En fait, ils ont deux caractéristiques: ils cherchent un leader fort, et ils ont peur des terroristes. (Toute cette dernière phrase était dans l’article dont j’ai mis le lien, mais je le sais que vous l’avez pas lu.)

 

Bref, ce sont des gens qui ont peur.

Et ils se tournent vers quelqu’un qui peut jouer l’homme fort pour les protéger. Ça peut bien n’être que de la frime, il les rassure.

 

Et on les ridiculise. On les attaque constamment. On attaque leur protecteur. Et ça n’a pas l’effet voulu. En le voyant essuyer les coups, ce qu’ils se disent, c’est «on l’attaque parce qu’on en a peur».

On donne de la force au personnage.

 

Alors qu’il y aurait une solution plus simple. S’asseoir avec ces gens. Prendre le temps d’avoir une vraie conversation avec ces gens-là, de comprendre leurs craintes. Et de voir si on ne peut pas les mener sur une piste plus saine.

 

Ça ne fonctionne pas toujours, mais c’est mieux que de se lancer des insultes chacun dans nos campements, comme si on était dans la guerre des tuques.

Vous savez comment ça finit hein? Le chien meurt à fin. (Désolé de spoiler un film des années 80.)

 

Là je sais que Donald Trump n’est pas un politicien canadien. Mais je pense que cette philosophie peut s’appliquer à tous les conflits: Carrés rouges-carrés verts, gauche-droite, Montréal-Québec, Pour ou contre le froid.

 

On reproche le manque de compassion de nos adversaires. Soyons donc les premiers à tendre la main.

 


Pier_Luc95

À propos de l’auteur :
Pier-Luc n’a pas l’air de ce qu’il est vraiment. Il donne l’impression d’un gars jovial et calme. Il est toujours en criss et crissement angoissé. Les gens pensent qu’il est un garçon poli, aussi. Dans ses temps libres, il s’intéresse à la politique, à la lutte professionnelle et à Pokémon. Faut pas chercher à comprendre.

 

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