Cette année en fut une particulièrement difficile côté revenus financiers. J’ai dû passer par dessus mes principes plus d’une fois pour arriver.

J’ai honte de l’avouer mais j’ai été le gars qui insiste pour que tu lui donnes ton e-mail en échange d’une participation à un concours donc le prix changera ta vie (c’est pas quelque chose que tu oublies «l’équivalent de ton poids en ballons de plage Trévis»).

Je préférais l’avouer. À «passer par dessus mes principes», je te voyais déjà m’imaginer masseur dans une place qui s’appelle genre : Le Salon Bleu.

 

L’avantage d’avoir une situation financière hautement instable, c’est le mois d’avril.

Le mois du retour d’impôt.

Le seul moment dans l’année où il m’est possible de retrouver cette même euphorie que la fois où j’avais demandé à mon père de m’amener au show de Simple Plan et qu’il m’avait répondu «peut-être» (2005) – (je me sentais mieux de le préciser, ouain… j’ai pas une confiance en moi à toute épreuve).

 

Cette année, j’ai reçu mon plus gros retour d’impôt ever.

Genre assez pour rembourser pas mal de dettes (ce que je m’étais promis de faire).

 

À partir d’ici, je te conseille de lire le reste du texte en écoutant ça. (Ça ajoute, crois-moi.)

 

Ma journée de retour d’impôt en différentes étapes :

– Me rendre compte que j’ai reçu mon retour d’impôt.

– Me mettre à penser que la seule différence entre moi et un prince égyptien est strictement géographique.

– Taper dans Google «combien ça coûte un iguane?»

– Accrocher accidentellement l’onglet «Images» de Google.

– Changer d’idée mais rester dans la même transe psychotique.

– Grand trou noir dans lequel tout raisonnement de conscience est remplacé par les mots «OHH YEAH!»

– Sortir de cedit trou noir à la station Peel.

– Crier dans ma tête «BEN VOYONS DONC LA VIE, VOIR TU ME LÂCHES LOUSSE DANS LE CENTRE-VILLE AVEC MON HUGE RETOUR D’IMPÔT!!!»

– Passer ma carte débit un peu partout comme si j’étais Danièle Henkel (j’ai une idée bien arrêtée sur ce que Danièle Henkel fait de ses dimanches après-midi).

– Faire un tour sur AccèsD pour être certain que j’ai assez d’argent pour acheter à mon coloc cette fameuse blague.

– Être sous le choc et redéposer sur la tablette tous ces CDs de Sir Pathétik.

– Me rendre compte que… Ahh fuck.

 

C’est sûr que quand vient le temps de parler de self-control, je suis pas tout à fait rendu au niveau d’un moine tibétain.

Mais à ma défense il faut dire que mes revenus sont excessivement bas, ce qui justifie (peut-être mais peut-être pas aussi) le fait que, lorsqu’un gros montant est déposé dans mon compte, ma vibe intérieure se transforme en celle d’un adolescent qui fox son après-midi d’école la première journée d’été pour aller s’acheter une slush au dépanneur.

 

J’ai un besoin constant d’acheter.

D’acheter n’importe quoi.

Souvent.

 

Je me doute que ça me sert à combler un vide (mais là on s’entend… pas combler un vide genre : mon enfance fût un enfer donc god bless le Urban Planet).

 

C’est un peu plus léger que ça quand même.

Y’a pas de quoi faire un film de plans rapprochés nominé aux Oscars. Au mieux ça ferait un bon épisode de Ramdam.

J’ai pas encore mis le doigt dessus, ça viendra.

 

En attendant je vais continuer à passer des entrevues de jobs au salaire minimum, en répétant sans cesse à mes futurs employeurs que je suis un jeune rationnel et responsable.

Même si la raison principale de ma présence à ces entrevues c’est que j’ai géré mon argent de la même façon que LMFAO ont géré leur carrière.

Me voici donc en train de feindre une motivation sans borne pour placer des bouteilles de shampoing.

 

Poignée de main / sourire prometteur.
2-3 payes.
Lettre de démission.
2 semaines (si t’es chanceux ou que tu me fais un peu peur).
Retour à la case départ avec la conviction que cette fois-ci, j’ai appris de mes erreurs.
Me rendre compte que… Ahh fuck.

 


hugo_lamirandeÀ propos de l’auteur:
Hugo gère sa vie du mieux qu’il peut, il n’a jamais fait de budget, par contre les ficellos n’ont plus aucun secret pour lui (sérieux, les ficellos c’est vraiment son shit). Il aime les gens, mais pas ceux qui roulent dans des voitures qui font trop de bruit (mais tous les autres, oui). Ayant peu de scolarité derrière la cravate, il s’instruit en lisant des livres. Son coup de cœur littéraire est le livre des records Guinness 2004 (l’histoire est correcte, mais les images sont vraiment nice).

Photo : Richie Rich

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