Je rêve au Mur

Savez-vous quoi? J’suis tanné.

Tanné de toujours écrire sur la liberté d’expression, le politically correct, le racisme, le sexisme ou l’intolérance.

Ouache. Déjà vu, déjà lu.

Vous êtes tannés, vous aussi, je le sais. Tannés de lire et d’entendre parler de tous ces sujets plus déprimants que de skipper l’été.

 

Donc, c’est ça, ça ne me tente plus d’écrire là-dessus mais que voulez-vous, Y’A RIEN QUE ÇA QUI SE PASSE, DES AFFAIRES NÉGATIVES, DANS LE MONDE!!!

Qu’on pense aux pow-pow terroristes, à notre ex-vice-première-ministre qui nous pique de l’argent (non, sans blague?) ou un film de super-héros super attendu qui ne fait pas plaisir à des ADULTES, y’a rien de joli en vue, capitaine!

 

Et qu’est-ce que ça fait, ça? Ça fait en sorte que des imbéciles bicellulaires sortent de leur tanière dans le même-pas-assez-bon-pour-le-450 (méprisant, oui, je sais) et décident qu’il est temps qu’ils mettent leur grain de sel dans la soupe de MARDE qu’on nous servira en entrée.

 

Le ‘’Monde’’ donne son opinion.

J’en ai déjà parlé, j’en parle encore!

Au début, c’était cute. C’était des affaires du genre ‘’Mon Dieu qu’il fait pas beau.  –Manon’’ ou ‘’Les carrés rouges sont tu des twits ou bedon quoi?’’ Rien pour écrire à sa mère. Ni à personne.

 

Mais là, Baby-boomers et Fuzzy-Lovers (mon Dieu que je suis méprisant) ainsi que leurs progénitures se sont fait la main. Ils ont pratiqué, pratiqué et encore pratiqué. Presque tous ont trouvé l’accent aigu sur leur clavier.

Ils ont lu Martineau et écouté Duhaime. Ils sont allés au travail et ils ont jasé avec leurs collègues des affaires ‘’qui n’ont dont pas d’allure’’.

Ils se sont même abonnés à Twitter!

Tout ça a fait en sorte qu’ils sont arrivés à un niveau de folie qui frise la démence; qui forcerait des soldats du mal à se poser des questions, voir réorienter leur carrière.

 

S’en sont suivis des propos haineux allant jusqu’au rêve de l’auto-génocide du Peuple des Turbans.

Oui, oui! Quelqu’un a écrit, dans ces mots exacts ‘’Je me disais… puisque les Musulmans sont si pressés d’aller retrouver leur Allah, pourquoi qu’ils ne s’organisent pas un beau gros suicide collectif, quelque part au milieu du désert?’’

 

Ben oui, c’est ça, les 1,6 milliard, direct dans le pit de sable.

 

Musulman 1: Hey, j’ai amené la corde!

Musulman 2: Parfait! Je sais comment faire un nœud coul… Attendez un peu… Il n’y a pas d’arbre dans ce désert… Merde! Le suicide est à l’eau… À moins qu’on trouve une autre solution. Oh! Est-ce que quelqu’un a une baignoire et un grille-pain?

Musulman 3 (femme voilée): Dépêchez-vous tabarnouche! J’ai trop hâte de voir Allah! Je veux lui montrer mes photos que j’ai pris au show de Nick Carter au Métropolis (#lespopulaires)…

 

Voyons, bout d’cul!

C’est facile de lancer des paroles en l’air comme ça et souhaiter 1,6 milliard de suicides et la raison c’est que ‘’Les Musulmans’’, c’est pas quelqu’un. On ne le connaît pas. C’est un personnage d’épouvante tiré tout droit des livres ‘’Chair de poule’’ de notre enfance.

‘’Ça l’air que si tu dis trois fois Tamoul en regardant dans le miroir… Oupelaye!’’

 

Pis personne ne dit rien. Même qu’au contraire, ce genre de commentaire-là a des appuis.

Mais quand l’humoriste Pierre-Bruno Rivard fait un statut disant que si on généralise en disant que les Musulmans sont des terroristes en se basant sur leurs extrémistes, il faut aussi généraliser en disant que les Chrétiens sont des pédophiles pour les mêmes raisons, et bien là, il reçoit des menaces de mort et son post se fait signaler/supprimer par le tout-puissant Facebook en personne.

 

Vous voyez? Je fais moi-même d’énormes généralisations en prenant parti et méprisant (encore une fois) l’autre.

Je sais bien que Pierre-Bruno a aussi eu plein d’appuis et que le post pro-suicide a aussi reçu plein de haine.

 

N’empêche que je suis tanné de tout ça. Ça va me rendre fou. Cette noirceur. Ce long tunnel sans fond ni lumière.

Et je n’ai pas de solution. Je ne sais pas comment ‘’ça’’, le monde, va pouvoir redevenir drôle.

 

Parce que j’ai envie de rire un bon coup. M’semble que ça fait tellement longtemps (aucune référence aux Colocs ne sera tolérée).

 

C’est pourquoi j’ai un rêve. Un rêve bien à moi qui semble un cauchemar pour à peu près tout le monde à qui j’en ai parlé. Je souhaite, de tout mon cœur, que Donald Trump soit élu Président des États-Unis. De tout mon cœur.

 

Je veux que tous les bien-pensants de ce monde soient comme ‘’Ahhh non…’’

 

Je veux que tous ses fans et électeurs soient comme ‘’Woohoo!’’ Puis, après un moment, soient plutôt comme ‘’Ahhh non…’’

 

Là, ça va chier solide. Et moi, je vais rire.

 

À moment donné, il y aura un appel d’offre à toutes les compagnies de construction d’Amérique du Nord que SNC Lavalin remportera.

Ils auront le contrat le plus absurde jamais rédigé.

Celui du Mur.

 

À ce moment-là, je vais partir en winnebago vers la frontière Mexique-US et je m’y installerai avec une glacière pleine à rebord ainsi qu’une portion non-réglementaire de pop-corn et je regarderai le spectacle.

Je rirai fort, mes amis. Chaque brique aura son rire.

 

Des guerres éclateront au nom de toutes sortes de choses fo-folles genre l’eau, l’air ou le gazon et des pays seront rayés de la carte.

Des pays pas importants, soyez sans crainte.

L’ordre établi n’existera plus et des groupes anarchistes prendront le contrôle jusqu’à ce que ça ne leur tente plus.

 

Une fois de temps en temps, bien assis sur ma chaise de patio et toujours devant le Mur, j’irai sur les réseaux sociaux (pas trop souvent, question de ne pas gaspiller mon 3G) et petit à petit, les choses changeront.

Pas le choix.

 

Ça commencera par la plus grande web-haine jamais vue. On tirera dans tous les sens, sans regarder.

Les insultes des uns mèneront aux vœux de suicide des autres.

Puis, à moment donné, plus personne n’aura de munition et les gens recommenceront à se parler.

Un leader charismatique, probablement Beyoncé (#lespopulaires), déclarera qu’il faudrait tous se tenir la main et oublier le passé. Oublier races, sexes, religions et orientations et recommencer ensemble sous un seul nom : l’Humain.

 

S’en suivit l’orgie libératrice que tout le monde attendait depuis trop longtemps. Après s’être reposés de leurs multiples orgasmes personnels, tous se levèrent et se mirent en route pour me retrouver devant le Mur. À la vue de cette relique du passé, l’Humain fut pris d’un fou-rire d’une demi-heure avant de mettre le Mur à terre d’une grande poussée collective.

 

Une grande poussée collective.

 

Bon, c’est un rêve un peu roff, peut-être qu’on peut passer par un autre chemin pour se rendre à la ‘’grande poussée collective’’… C’est juste que pour vrai, j’suis tanné.

 


olivier_1

À propos de l’auteur :
Avec son podcast, le stand up, les soirées trop bien arrosées à jouer à Diablo 2 avec sa gang de chums ou même le blog, Olivier a trop d’occasions de dire des cochonneries. Mais il résiste. Et résister, c’est d’aller dans la section ”commentaires” d’un article du Journal de Montréal et ne répliquer à personne. Je vous le dis, ça brûle. Il n’échangerait sa vie avec personne. Sauf avec Chris Powell, l’entraîneur de l’émission Maigrir ou mourir, ce qui lui permettrait de crier après des gros tout en faisant une bonne action.

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