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Jour international de la femme. J’ai un million de trucs à faire. Mais moi j’attends. J’attends d’avoir des nouvelles d’un garçon.

 

12h30: Rien.

 

13h54: Rien.

 

Dans mon inbox, je reçois un message. Mon idole et mentor – une femme qui a brisé plusieurs barrières dans le monde académique, une femme militante pour le féminisme juif orthodoxe – qui m’envoie un message.

Elle veut me rencontrer pour jaser de mon parcours et de l’opportunité de travailler avec elle sur un projet de recherche concernant LE cours pour lequel je me suis inscrite à l’université.

 

Ça fait quatre ans que je travaille fort pour ce message, pour cette opportunité.

 

On set une date de rencontre: jeudi, 14h.

 

J’ai déjà oublié le message.

 

16h00: Toujours rien.

 

16h35: J’ai sûrement dit quelque chose. Je comprends pas. J’ai fait quelque chose de pas correct. C’est sûrement moi le problème.

 

En ce jour international de la femme, je trouve crissement plate que je me sente comme une marde parce qu’un dude répond pas à mon dernier message (sûrement par cause de bonnes raisons, genre y’a une vie).

 

En ce jour de célébration des accomplissements historiques de la femme, de l’amélioration de l’égalité entre sexes, des opportunités maintenant offertes aux femmes, moi je m’attarde sur l’obsession de mon écran de téléphone.

 

Moi j’attends pour un osti de message d’un garçon. À ce point, même un « ok » de sa part m’exciterait. Ou un appel accidentel parce qu’il a touché le maudit bouton vert d’appel sur Facebook Messenger.

 

Je ressens l’ironie flagrante de cette journée.

Je me console en me disant que ma prof aussi a sûrement pleuré parce que le p’tit gars d’à côté lui a dit un jour qu’elle était laide. Plus tard, on lui aurait aussi dit qu’elle n’attirerait jamais l’affection d’un homme puisqu’elle était trop intelligente, voire intimidante.

 

Ce que je trouve réellement dérangeant de tout ça, c’est qu’en l’espace de quelques heures, j’en suis venue à attaquer ma personne.

 

Je réalise là l’importance qu’a l’opinion d’un homme sur la perception de ma personne, de ma valeur en tant que femme et individu.

Je me demande si Ruth Bader Ginsburg s’est déjà sentie comme d’la marde parce qu’un garçon a pris genre deux semaines avant de répondre à son fax ou whatever qu’ils utilisaient dans le temps.

 

Trop souvent, je me suis laissée affecter par l’influence qu’avait l’opinion d’un homme sur les femmes.

Trop longtemps, j’ai voulu être la femme idéale, la blonde parfaite.

J’entendais mes amis de gars chialer que leurs blondes étaient tannantes, parlaient trop, étaient trop émotionnelles. Je m’étais dit que je ne serais jamais comme elles. J’allais être cool, moi, la blonde idéale. Je ne poserais pas trop de questions, par peur d’être la blonde harcelante. La vieille ball and chain qui t’empêche d’avoir du fun.

 

Avec le temps, j’ai su accepter non seulement ma féminité mais aussi mon humanité.

Je ne suis pas parfaite et je ne veux pas l’être. Le stéréotype de la blonde harcelante, fuck off. Je refuse de me conformer à un modèle type de la femme idéale, whatever that is maintenant, afin de faire plaisir à un homme.

 

En ce jour international de la femme, je pense à mon cheminement, mes nombreux accomplissements, la vie que j’ai assemblée qui me procure un immense plaisir à tous les jours.

Je pense à quel point il est triste que je gâche tout ça en raison d’un garçon.

 

En ce jour, et pour les suivants, je vous souhaite à vous chères dames de trouver votre valeur en dehors du regard d’un homme.

 

Parce que fuck ça.

 


joseeroyÀ propos de l’auteure:
Guru de tout et de rien, Josée préfère donner des conseils que les suivre. Cynique éternelle et adorablement maladroite, elle passe ses soirées sur des sites de rencontre afin de troller les gars qui sont incapables de formuler des phrases intelligentes. Misanthrope sociale, elle rêve d’avoir une cabane isolée dans le bois près de Montréal: proche assez pour satisfaire le besoin d’interaction humaine et ses cravings de poutine, mais loin assez pour retrouver la sainte crisse de paix.

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