prière de ne pas mencourager

Les gens sont programmés différemment.

Y’en a qui aiment que le fromage soit fondu sur leur spaghetti. Moi je préfère qu’il reste ferme.

Y’en a qui prennent la peine de rebrousser chemin lorsqu’ils font face à des escaliers roulants en panne, pour aller utiliser les escaliers réguliers. Moi je les regarde, confus, en me demandant si, lorsqu’arrêtés, les escaliers roulants doivent être boycottés?

 

Y’a aussi des gens qui aiment se faire encourager dans la vie.

 

Pour ma part, après expérimentation, je ne crois pas être une personne programmée pour bien réagir aux encouragements.

Les résultats escomptés ne sont pas obtenus lorsqu’on m’encourage.

 

Attention, comme dans toute chose, il y a ici des nuances.

Je ne loosais pas ma shit quand la professeure d’arts plastiques me lançait un «C’est beau, continue!» en regardant le chanteur de Limp Bizkit que je reproduisais en peinture à l’eau.

Non.

 

Ma réticence aux encouragements se manifeste principalement lorsqu’ils me sont administrés quand je me confie. Quand j’expose une situation qui m’agace à un confident.

 

Parce que quand j’ai envie de grogner, j’ai besoin qu’on m’écoute et qu’on me comprenne.

Cent trillions de fois avant qu’on m’encourage, j’aimerais qu’on me dise ces quelques mots: «Je comprends. C’est plate.»

Ou «Fuck dat bitch.» Selon le cas.

 

J’ai simplement besoin qu’on me confirme que je ne suis pas fou dans la tête. Que ce n’est pas complètement farfelu que je sois contrarié en ce moment.

 

Je n’ai pas besoin de savoir que Steve Jobs a eu de la difficulté dans son parcours professionnel. Merci. C’est correct.

Madonna a déjà travaillé dans un Dunkin’ Donuts? C’est super intéressant. (Also, miam.) Mais c’est pas de cette information-là dont j’ai besoin en ce moment.

 

En fait, j’ai besoin d’aucune information.

 

J’ai juste besoin d’une oreille attentive pour partager mes sentiments. Pour larguer ce qui me pèse sur les épaules.

Ensuite je suis bon pour continuer.

C’est pas nécessaire que tu grimpes ALL UP en mode «Je dois sauver mon ami, je vais lui transmettre mon positivisme!» (ON DIT PAS POSITIVISME ON DIT POSITIVITÉ. CONSULTE TON LAROUSSE.)

 

Lorsque mon interlocuteur se bat littéralement contre moi pour m’encourager, je reçois le message que j’ai tort. Que je n’ai pas raison d’être contrarié. Ce qui a pour effet de me CONTRARIER, OKAY?

Même si c’est parce qu’il tient à moi, sa bienveillance ne m’est pas transmise.

Je l’interprète plutôt comme son désir de trouver LE bon argument qui fera en sorte qu’il aura gagné la conversation.

LE bon argument qui le valorisera LUI.

LE bon argument qui fera en sorte qu’il pourra se dire «Eille moi j’suis bon pour aider les gens!»

 

Je n’apprécie pas avoir le sentiment que mon interlocuteur n’écoute pas ce que je dis, et qu’il est en train de réfléchir à sa prochaine réplique.

«Ok, tu vis une mauvaise passe, MAIS REGARDE, MOI MON ENCOURAGEMENT EST CELUI-CI. C’EST PAS PIRE, HEIN?!»

 

Si j’avais à choisir, j’irais jusqu’à dire que je préfère qu’on me décourage. Qu’on me dise que j’suis pas capable.

Tel un poulain farouche, je suis plus motivé à gagner la course lorsqu’on me fouette le derrière en me criant que ma crinière est laide. #jeudiconfession

Je préfère prouver aux gens qu’ils ont tort plutôt que leur confirmer qu’ils ont raison.

C’est beaucoup plus savoureux.

 

Bon.

J’ai terminé.

Merci de m’avoir écouté.

 

 

P.S. Je n’aime pas qu’on m’encourage, mais pas qu’on me complimente. Que j’en voie pas un fin finaud me laisser un commentaire haineux sur mon beau texte! >:(

 


Sam95À propos de l’auteur :
Samuel Cyr est cofondateur du blogue Les Populaires. Les thèmes qu’il préfère aborder sont les suivants : les beignes, le Jean Coutu, sa chatte Duchesse et le compte Instagram de Rihanna. S’il était un animal, il serait un raton laveur. Et s’il était un vrai adulte, il ne se ferait pas encore tutoyer chez Couche-Tard, ostifi… Suivez-le sur Twitter please.

 

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