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Les Oscars s’en viennent à grands pas et cette année, c’est spécial.

Un amalgame de coïncidences et de coefficients ont fait en sorte que cette fois-ci, c’est la bonne. Léonardo DiCaprio aura enfin sa statuette dorée!

 

Parfois, je me demande si ce n’est pas nous qui aurions créé la légende de son amertume envers la défaite.

J’dis ça étant donné qu’il vaudrait au dessus de 245 millions de dollars U.S. et que son dessus de foyer est déjà bien garni de dorures diverses.

Mais, oui, un homme a sa fierté et «la chasse n’est pas terminée tant qu’ils ne seront pas tous abattus» comme disait un certain dentiste.

 

Voilà que vient s’assombrir (mauvais jeu de mot irréfléchi, remarqué et laissé intacte) ce moment spécial quand Spike Lee et sa bande viennent crier au racisme à cause du manque de diversité dans les nominations.

En d’autres mots : Pourquoi y’a juste des blancs?

Ou, en d’autres, d’autres mots : Pourquoi y’a pas de noirs?

 

Et je comprends.

Pour presque citer notre Premier Ministre : It’s 2016.

 

Ça ne devrait même plus être une question. On devrait tous être blendés et ne former qu’une race : l’Humain. Hooonnnn…!

Et à ce moment-là, les nominations seraient choisies selon le mérite de la performance d’acteur et…

Oh, attendez…

Peut-être que c’est déjà ce qui se passe et que, par un malheureux, oh oui, malheureux hasard, les meilleures performances furent toutes offertes par des blancs cette année?

 

Alors, où serait le problème?

Car il y a dans l’air, en effet, une pointe de racisme mais je ne crois pas que ce soit la cérémonie des Oscars le problème étant donné que cette soirée existe seulement pour que des multimillionnaires s’auto-congratulent d’avoir amassé des MILLIARDS de dollars, encore une fois U.S., directement sortis de la poche du p’tit peuple et pour flasher de magnifiques robes scintillantes et toute la peau qu’elles ne peuvent malheureusement cacher.

 

Je crois que le problème serait qu’on ne donne pas beaucoup de rôles à des noirs. VOILÀ, JE L’AI DIT!!!

 

C’est vrai que dans Straight Outta Compton, il y en avait une trâlée mais ça aurait vraiment été étrange que Dr. Dre soit interprété par Tom Hanks et Ice Cube par Jennifer Lawrence (cause it’s 2015!).

 

Pour qu’ils puissent remporter la course, il faut laisser la chance aux coureurs.

 

Qui se serait plaint de voir Jamie Foxx au lieu de Chris Pratt faire des simagrées devant une meute de vélociraptors dans Jurassic World? Pas moi.

J’aurais même trippé solide. Surtout s’il était dans son habit de velours bleu comme dans Django Unchained.

 

Trêve de fantasmes cinématographiques. Revenons aux choses sérieuses.

 

Très jeune, j’ai fait face à ce genre de racisme. Celui qui enlève les opportunités, qui coupe l’herbe sous le pied.

Ce n’est pas arrivé à moi mais à un ami. Laissez-moi vous raconter son histoire.

 

Ça s’est passé à Noël 1998. J’avais 10 ans.

Sous le sapin se trouvait un cadeau qui deviendra le plus précieux présent que j’aie reçu de ma tendre vie.

The Legend of Zelda : Ocarina of Time.

Pour le Nintendo 64, évidement.

 

Dans le tout début de l’aventure, le jeune Link que l’on contrôle se fait octroyer la mission d’aller rencontrer le Great Deku Tree; un arbre parlant ayant une sagesse hors du commun.

 

Pour s’y rendre, Link doit passer par un chemin bloqué par le véreux Mido.

Celui-ci ne veut pas le laisser passer car, contrairement à tous les autres Kokiri (habitants de la Forêt des Kokiri), vous n’avez pas de fée qui vous suit. INJUSTICE!

 

Link aurait pu tout laisser tomber et retourner dans sa cabane pour se chercher un emploi sur hyrulemploi.com.

Heureusement, il finit par trouver la fameuse Kokiri Sword et le Deku Shield et Mido le laisse passer… à contrecœur.

 

UNE MAUDITE CHANCE qu’il fut tolérant, ne serait-ce qu’un moment, et qu’il lui donna l’opportunité d’aller voir le Great Deku Tree. Car non, Link n’était pas comme les autres. Il n’était pas un Kokiri mais bien un Hylian et grâce à sa rencontre avec l’arbre à la jasette profonde, il put connaître sa destiné, défaire le diabolique Ganon, délivrer la Princesse Zelda et ainsi sauver le monde.

 

Tout ça parce qu’on lui a donné une chance.

Une toute petite chance.

 

Ce qui me fait penser au discours de la comédienne Viola Davis aux Emmy Awards lorsqu’elle remporta le prix de meilleur premier rôle féminin dans une série dramatique.

Elle avait dit une phrase d’une force incroyable qui était celle-ci : La seule chose qui sépare les femmes de couleur à qui que ce soit, ce sont des opportunités.

Elle a eu une opportunité : victoire.

Link a eu une opportunité : victoire.

Léonardo a eu des opportunités : …Passons.

 

Je crois qu’on devrait prendre exemple sur ce principe qui est que tous doivent avoir les mêmes chances.

Grâce à ça, même ici, au Québec, un jour, une comédienne de couleur pourrait remporter le Gémeau du premier rôle féminin dans une série dramatique.

 

Malheureusement, ça ne pourra pas arriver tout de suite car Guylaine Tremblay sera toujours blanche.

 


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À propos de l’auteur :
Avec son podcast, le stand up, les soirées trop bien arrosées à jouer à Diablo 2 avec sa gang de chums ou même le blog, Olivier a trop d’occasions de dire des cochonneries. Mais il résiste. Et résister, c’est d’aller dans la section ”commentaires” d’un article du Journal de Montréal et ne répliquer à personne. Je vous le dis, ça brûle. Il n’échangerait sa vie avec personne. Sauf avec Chris Powell, l’entraîneur de l’émission Maigrir ou mourir, ce qui lui permettrait de crier après des gros tout en faisant une bonne action.

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