poivron

Piment Fort est de retour. Finalement.

Et ce qui devait arriver arriva.

Le Québec s’est séparé… En deux.

Sous le poids des critiques justes, émotives, préfabriquées pour n’importe quel show d’humour du genre «C’pas pour moi mais j’sais qu’y’a des gens pas éduqués que ça atteint.» Ou le prévisible «C’est pu comme avant».

Pis il en a qui ont aimé.

 

Personnellement, je ne sais pas. Je n’ai pas d’opinion. Parce que je l’ai pas vu.

J’ai pas la télévision (j’fais c’que j’veux) et TVA n’est pas aussi généreux avec son contenu web que Radio-Can alors, non, je l’ai pas vu.

 

Mais c’est pas grave parce qu’on savait à quoi s’attendre. Bien piégés furent ceux qui croyaient aller se coucher avec de nouvelles réflexions philosophiques.

Très déçus furent ceux qui s’attendaient à avoir des idées de lecture pour le reste du mois.

 

C’était exactement comme on se l’était imaginé. (Je vous rappelle que je ne l’ai pas vu.)

Un animateur survolté bien que plus cerné que jamais.

Un public de 18 ans et plus… PARCE QU’Y’A D’LA BOISSON!

Des blagues méchantes et acides mais pas trop parce qu’aujourd’hui, les gens de TOUS LES ÂGES ont appris à être désagréables sur le web quand ils sont pas d’accord. Quand ils n’aiment pas ça.

 

Et c’est ça le problème. Avant, ceux qui n’aimaient pas changeaient de poste.

 

La vieille mouture de Piment Fort n’était pas parfaite; au contraire.

Je suis allé en écouter sur le grand Youtube et je peux dire, en mon nom (ceux qui m’aiment me suivent) que c’était nul à chier.

Ça a vraiment mal vieilli.

Comme une toune de Crazy Town. You’re my butterfly, sugar, baby!

 

Ça ‘mal vieilli mais il n’y avait aucune barrière.

Malheureusement, ce n’est pas un gage de qualité.

 

La preuve :

Au début d’un épisode où sont invités Alain Choquette, un jeune Mike Ward et un Dany Turcotte hétéro, il y a un jeu où on lit une découpure de journaux et on renchérit avec un «liner».

Et notre fou du roi a lu cette découpure :

«70 heures par semaine sans toucher un sou»

Et son liner, sa blague, pour rendre ça drôle était :

«Ils travaillent comme des nègres!»

ooo

OOO

Pardon? Comme des…

Oui, oui! Restons polis.

 

Et les gens riaient. Applaudissaient. Il a même gagné le piment!

Je vous rappelle aussi que Normand Brathwaite est noir. Et il riait, lui aussi, l’air exaspéré mais amusé.

 

Impossible et impensable, aujourd’hui, de droper le «N word» à TVA. Ou à Radio-Can. Ou à V. Ou n’importe où! Tu fais pas ça.

C’est de la censure nécessaire.

 

Mais la censure, c’est vicieux. Tu lui offres une soupe et elle prend le menu au complet. Sur ton bras.

Aujourd’hui, tout fâche tout le monde. Donc, rien n’ose se dire.

 

C’est surréaliste que Piment Fort revienne en 2016. Nous sommes dans une époque de «politically correct» et «d’ouverture d’esprit», ce qui est pas mal l’opposé de Piment Fort.

 

Alors, à qui la faute?

Est-ce qu’on devrait faire des blagues sur des artistes, personnalités publiques et politiciens au point tel où ça en devient de l’acharnement?

Est-ce qu’on peut se moquer, pour le fun, des différences?

Est-ce que Mike Ward mérite une poursuite de 80 000$ ou les Denis Drolet une menace de mort sur les réseaux sociaux?

 

C’est vous qui savez, moi, j’ai pas regardé l’émission.

 


olivier_1

À propos de l’auteur :
Avec son podcast, le stand up, les soirées trop bien arrosées à jouer à Diablo 2 avec sa gang de chums ou même le blog, Olivier a trop d’occasions de dire des cochonneries. Mais il résiste. Et résister, c’est d’aller dans la section ”commentaires” d’un article du Journal de Montréal et ne répliquer à personne. Je vous le dis, ça brûle. Il n’échangerait sa vie avec personne. Sauf avec Chris Powell, l’entraîneur de l’émission Maigrir ou mourir, ce qui lui permettrait de crier après des gros tout en faisant une bonne action.

D'autres beaux textes à lire aussi...