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Aujourd’hui, je fais mon coming out. Watch out, c’est là que ça se passe.

 

J’AIME LES HOMMES.

 

J’ai longtemps hésité à l’avouer. Par peur du jugement. Ou parce que j’essayais moi-même de comprendre toutes ces émotions qui bouillonnaient en moi.

 

Je me disais : « C’est pas possible, ça ne peut pas m’arriver à moi. »

 

Mais force est d’avouer que c’est ça qui est ça…

 

Maintenant que le plaster est arraché, je pose cette question : en 2015, peut-on à la fois se définir comme féministe, et aimer les hommes ? Oui, c’est maintenant possible. We have the technology. C’est tu pas merveilleux.

 

Les femmes hétérosexuelles qui se revendiquent d’une quelconque mouture du féminisme se font le devoir d’exister en dehors de leurs relations avec les hommes, et avec raison. Moi-même, je feel pas bien quand une trop grande proportion de mes conversations se rapporte aux gars, et je suis fâchée contre mon psy à chaque fois qu’il les remet à l’ordre du jour. Dude, tu vois pas que je suis une jeune femme moderne ? Fais-moi parler de mon enfance, ou de l’angoisse liée à l’autodestruction imminente de notre civilisation. Trouve autre chose !

 

C’est pas à la mode d’aimer les hommes. Combien de fois par jour on voit passer sur Facebook des posts de marde à la sauce « girl power » genre ça :

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Remarquez que la fille qui publie ça, c’est rarement celle qui incarne pour vrai le girl power. C’est plutôt celle qui est amère parce qu’elle vient de se faire crisser là par son chum qui est barman au Skratch de Repentigny.

 

Mais moi, I need a man. Pas parce que je suis incapable de vivre sans eux. Mais juste parce que je les aime.

 

Les hommes, je vous ouvre aujourd’hui mon cœur. Je vous pitche tout mon amour dans ‘face, jusqu’à ce que vous en suffoquiez et que vous me suppliez d’arrêter. Parce que j’en ai des réserves à l’infini. Comme un Calinours, mais genre le bleu, là, celui qui était toujours en tabarnak contre tout le monde mais qui finalement avait un côté tendre parce que c’était quand même un Calinours.

 

J’aime les hommes.

 

Même si certains m’ont déçu.

Même si certains m’ont fait peur.

Même si certains m’ont fait penser les pires choses de moi-même.

 

 

Les hommes sont pour moi le Xanax de la nature. Ils m’apaisent. Parce que quand ils me prennent dans leurs bras, ils me font me dire « Ben coudonc, peut-être que la vie c’est pas tant de la marde finalement, peut-être que le conflit israélo-palestinien est en voie de se résorber ».

 

J’aime les hommes.

 

Quand ils n’essaient pas de m’impressionner.

Quand ils m’impressionnent malgré eux.

Quand ils baissent le siège des toilettes.

 

Et quand je parle des hommes, ici, je parle de ceux qui sont restés dignes de l’appellation. Ceux qui se sentent lésés par la mauvaise presse qu’on leur fait. Les barbus qu’on accuse de terrorisme, pour une analogie bien dans l’air du temps.

 

Ceux qui sont tannés de passer pour des tatas dans les chefs-d’œuvre de la publicité québécoise. Ceux qui sont outrés par les comportements violents, misogynes et xénophobes de certains de leurs pairs. Ceux qui ne s’identifient pas à l’image qu’on leur prête quand on tente de les objectifier.

 

J’aime les hommes.

 

Parce qu’ils sont beaux.

Parce qu’ils sentent bon.

Parce qu’ils ont toujours des câbles à booster dans leur coffre de char.

 

J’aime mes amis hommes, aussi. Ceux que notre société essaie trop souvent d’amputer de leur essence, parce qu’eux aussi, aiment les hommes. Comme si on révoquait automatiquement leur carte de membre du prestigieux club masculin, à la seconde où ils avouent que ça leur tente moyen de mettre leur pénis dans un vagin.

 

« Ton frère est gai ? Donc tu as deux sœurs !? » HAHAHA ! Excellente blague, mononcle Robert ! J’espère que tu mourras avant de rencontrer mes futurs enfants.

 

J’aime les hommes.

 

Ceux qui ne sont pas mononcle Robert.

Ceux qui ne sont pas Guy Turcotte.

Ceux qui ne sont pas Ryan Gosling non plus.

 

J’aime les hommes, criss.

 


Iris95À propos de l’auteure :
Iris a quitté le ghetto sur-privilégié de Tremblant quand son rêve de vivre de son groupe de punk féminin s’est éteint. Maintenant costumière, on pense que sa job est glamour, mais ses principales tâches sont de sentir les aisselles de chemises des comédiens, manger dans son char et s’engueuler avec les caissières chez La Baie. Elle apprécie le tricot, le whisky et faire des blagues vulgaires à des inconnus. Incapable de mentir, ne lui demandez jamais si votre pantalon vous fait un gros cul, surtout si vous avez un gros cul.

Photo : Calinours

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