
Posts by Marc-Olivier:
L’ère du lave-vaisselle
May 15th, 2013
L’autre jour, je faisais la vaisselle et en frottant ma dix-huitième assiette, j’en suis venu à me dire que j’avais lamentablement échoué. L’aiguille de réussite de mon horloge biologique est tombée dans une craque du plancher de bois franc parce que j’ai raté le dernier métro menant à l’Ère du Lave-vaisselle.[1]
- Marc-Antoine…
- C’est Marc-Olivier!
- Désolé Pierre-Olivier… C’est quoi l’Ère du Lave-vaisselle?
Bonne question! En y pensant bien, je me dis que chaque grande période de la vie était reliée à un objet que nous possédons tous (les Occidentaux en tout cas) et, dépendamment de l’âge que tu as au moment de te le procurer, ça donne un indice sur ta réussite professionnelle. Ark! Je me sens sale soudainement…
Anyway… Tout ça commence dans le ventre de ta mère… Ou de ton père si t’es l’enfant de Danny DeVito et Arnold Schwarzenegger dans Junior. C’est une maudite belle période! Neuf mois de gros bonheur pis pas une maudite possession. Tu vis comme un chômeur à la grande journée pis le gouvernement Harper ne t’envoie pas travailler dans un Tim Hortons à 2 heures de chez vous… Happiness I’m tellin’ ya!
Après 9 mois, c’est fini pis tu nais et c’est là que le stock embarque. Plus de stock d’un seul coup que tu ne recevras dans toute ta vie… Ça fait 9 mois que ta gang accumule, tu comprends?!?
Au début, tu t’en sacres parce que tout ce que tu veux, c’est manger et dormir. T’es fou comme de la marde quand on approche une cuillérée de purée de carottes de ta bouche en imitant le son d’un avion, mais tranquillement, tu vas te foutre de la cuillère pis tu vas vouloir l’avion… Ensuite l’aéroport… Pis après toute la grande ville en Lego.
Si t’es un enfant unique, ça va aller… Tu vas penser que t’as assez de stock pour être heureux dans la vie, mais c’est sans savoir que la pire des créations divines va frapper à ta porte à chaque Noël pour te rappeler tout ce qui te manque pour être ben. Non, je ne parle pas du Catalogue Sears, mais bien des cousins!!! Les miens, c’étaient les pires des pires parce que j’habitais à la campagne et eux, appelons-les Les Hosties, habitaient la grand’ ville… RIMOUSKI. J’achetais mes jouets au Rossy, au People ou chez Ultramar (vous seriez surpris du fun qu’on peut avoir avec un gallon d’antigel) et les cousins achetaient les leurs chez Wal-Mart ou au Toys R Us… À cause d’eux, le Popple qu’on m’avait acheté dans le bac de liquidation de l’allée des jouets de l’année passée a l’air d’un itinérant à côté de leur Furby. Maudits soient-ils!
On tourne les pages du calendrier pendant un bout’ pour arriver à une autre période plus weird de ta vie… L’adolescence ou l’Ère du Ipod. Avant d’acheter (lire de te faire acheter) ton Ipod, t’en parles à tes amis comme si tu magasinais un appartement. C’est pas juste un gadget trop cher que tu vas péter 2 mois plus tard en fermant la porte de la Civic 93 de ton ami Steve dessus… Non! C’est ton espace à toi. T’en as vraiment besoin. Si t’en as pas, c’est écrit dans le ciel que tu vas être le gars sous la photo de qui il va juste être écrit « Étienne est quelqu’un de gentil et ponctuel. Bonne chance dans tes projets! (signé) -ANONYME- » dans l’album des finissants. Je veux dire, c’est ton choix de rentrer au bal avec une des filles qui a une année de plus que toi et qui est juste là pour accompagner les losers qui n’ont pas d’amis (lire Ipod). Pis en passant, oublie aussi les emplois futurs. S’il n’y a pas « A possédé un Ipod de 2008 à 2011 » dans la section Autres expériences de ton cv, commence à faire la file tout de suite au bureau d’Emploi-Québec.
On arrive maintenant à l’époque dans laquelle je me trouve… La Phase 1 de la vie d’adulte qui est aussi appelée L’ère du lave-vaisselle. The Washing Machine Era… Attends… Non! Ça, ça veut dire laveuse. Anyway…
Commençons par une petite précision… Je parle bien d’un lave-vaisselle qu’on achète et pas celui que tu te fais donner quand ta grand-mère meurt ou qui venait avec ton demi-sous-sol à Candiac. Ne-non! La vraie shit!
Comme je le disais, je n’ai pas de lave-vaisselle. L’air de rien, j’ai dû perdre l’équivalent en temps de toutes les saisons des Feux de l’amour à laver d’la vaisselle. C’est même rendu que j’achète ma vaisselle en fonction de leur lavabilité. Par exemple, les hosties de verres de bière qui sont étroits dans le milieu… Tsé quand tu penses que tu l’as ben lavé, mais tu vois le petit maudit cerne dans le fond du verre… Tu tords ton torchon pour te rendre jusqu’au fond, mais NO!.. Ça bloque en plein milieu comme quand ton père essaie son suit de mariage 15 ans plus tard pour un party vintage des Chevaliers de Colomb. Tu forces comme un mongole pour enlever la crasse pis le verre décolle et explose sur la céramique de la cuisine. On pourrait croire que ça te fâche, mais tu te dis que c’est tout ce qu’il mérite le tabarnac!!!
La prochaine étape, la Phase 2 de la vie adulte, c’est un mobilier qui fitte. Cette phase est aussi appelée… euh. L’Ère du mobilier qui fitte. Chez moi, c’est un genre d’Accueil Bonneau pour meubles abandonnés, molestés ou trop lettes. Trouvé su’l bord du chemin, donné par ma mère, la mère de ma blonde, emprunté d’un ami et jamais rendu, volé à ********… Toutes les excuses sont bonnes pour abandonner un meuble chez nous!
Pis vient le jour où tu vois une pub de Brault et Martineau dans laquelle on te propose d’acheter tout le mobilier pour le salon et de le payer sur trois générations. Après avoir appelé au CRTC pour faire une plainte à propos du jeu des acteurs, tu rends au magasin pis t’achètes tout’ la shit et une laveuse à chargement frontal qui reproduit le son de la mer quand elle te fait une brassée de blanc…
La Phase 3 de la vie adulte, c’est le chalet… On l’appelle L’Ère du chalet dans les Laurentides. Ça fait huit ans que lorsque tu demandes à tes collègues ce qu’ils font de leurs week-ends, ils te répondent « Bof, pas grand-chose… On va juste au chalet. » avec un air de il faut aller faire euthanasier le chien. C’est ça l’affaire avec le chalet : quand t’en parles aux autres, il faut que tu t’en christ! C’est ben plus cool de même… Il y a une règle : t’achètes une maison, t’es content pis t’en parles tout le temps ; t’achètes un chalet pis tu fermes ta yeule avec ça. Pis tu peux aussi raconter à tout le monde en revenant le lundi que t’avais VRAIMENT besoin d’aller au grand air alors que tout ce que t’as fait, c’est de te claquer tous les How I Met Your Mother pendant le week-end.
Pis vient la dernière phase… L’Ère de la Résidence. Celle où tu vends tous les objets décrits dans les phases précédentes pour aller vivre dans une résidence pour personnes âgées. T’es fatigué de recevoir tes enfants à souper les dimanches et que tout ce qu’ils t’apportent comme cadeau d’hôtesse, c’est des dépliants des Résidences Soleil. Un peu comme les journalistes qui vont interviewer les joueurs des Canadiens après une défaite de 5-0 et que tout ce qu’ils trouvent à dire c’est que t’es pus capable pis que c’était ben mieux dans le temps.
[1] En passant, il n’existe pas ce métro, mais vous pouvez quand même le demander à un employé de la STM… D’un coup que c’est ça le code 132-6.
Crédit photo : Scalespeeder sur Flickr
La mode en 1999
April 17th, 2013
S’habiller… Quand on est jeune, c’est un maudit bon moyen de montrer qu’on est différent de nos parents, mais absolument identique à nos camarades de classe. Comme je suis natif de la Gaspésie, ma rébellion à moi s’est passée dans les allées de L’Aubainerie (nous, on appelait ça Croteau), dans les pages du catalogue Sears (nous, on appelait juste ça le catalogue) et au centre d’achats de Campbellton (nous, on appelait ça la grande ville).
Il fut un temps où ma mère était ma styliste personnelle. Elle payait DONC elle décidait ce que j’allais porter. Ça a pris fin le jour où j’étais en 4e année et qu’elle m’avait acheté un coton ouaté des Looney Tunes. Franchement! Je suis ben qu’trop vieux pour ça maintenant! J’ai donc entrepris de magasiner moi-même… En continuant de regarder les Looney Tunes la fin de semaine.
Ce qui était ben important, c’était qu’on voit bien la marque du pantalon-chandail-chemise-casquette-chaussures-salopette-gant-t-shirt-tuque-bonnet-bas-veste-bottes que je portais. Comme ça, si le vêtement était laid, les gens diraient : « Hein, pas grave… C’est quand même du FUBU!!!! » Je veux dire, même LL Cool J porte ça du FUBU. Le gars a pris le soin de mettre « cool » dans son nom, c’est nécessairement parce qu’il est cool!
J’ai d’ailleurs regretté la fois où j’ai acheté un vêtement d’une marque que je ne connaissais pas et dont j’aimais le logo. Je l’ai pris au Mail Sugarloaf de Campbellton. Pour moi, jeune Gaspésien, c’était une place de choix pour le shopping parce qu’il y avait un Zellers ET un Canadian Tire dans le centre d’achats. LES DEUX!!! Les gens de Campbellton savaient définitivement comment magasiner. Malgré tout, je me suis quand même fait avoir et j’ai appris en arrivant à l’école que le logo que j’aimais tant n’était pas qu’un simple logo, mais plutôt le symbole anarchiste… Ai-je besoin de vous rappeler que je regardais les Looney Tunes le samedi matin…
Dès lors, je m’en suis tenu aux vêtements qui avaient fait leurs preuves… Coton ouaté gris chiné, pantalon à snaps, running shoes qui étaient munis d’une pompe, bracelet à slap, t-shirts Humeur Design sur lesquels se trouvaient des blagues ben drôles comme Je suis de mauvais poils! avec comme dessin un chien très poilu, sac à dos Lavoie, veste d’hiver Bad Bones… Bref, que des vêtements qu’on retrouve encore de nos jours.
Mais parce que tout ce beau linge-là coûtait une fortune, je magasinais aussi à L’Aubainerie. Ce qui était hallucinant avec L’Aubainerie de l’époque, c’est à quel point c’était difficile de trouver des vêtements straights. Par exemple, t’avais une paire de jeans ben correcte, mais ils ajoutaient toujours une maudite couture pas rapport en plein milieu du pantalon. C’est comme s’il y avait un gars dans la chaîne de création qui se disait « Comment je pourrais ben faire pour scrapper c’pantalon-là?!? » Même chose avec les chandails… Tu pouvais avoir un t-shirt qui aurait tout gagné à être uni, mais il y avait toujours un imprimé bâtard qui ne veut rien dire du genre Surf Paradise 79 avec des palmiers ou Denim King avec une couronne. Maudit! J’aurais aimé qu’il y ait plus de place pour des gens comme moi qui ne voulaient pas être des Denim Kings, mais juste porter un t-shirt. Par contre, en sauvant de l’argent sur des vêtements comme ça, je pouvais m’acheter un slammer vraiment beau pour mes Pogs ou un peu de nourriture (pour mon Tamagochi, évidemment)…
Le but n’était pas de partir de mode comme Kevin dans Les années coup de coeur (non, il n’a pas parti de mode, je voulais juste parler des Années coup de coeur). On voulait juste faire partie d’un groupe qui nous ressemble. C’est encore vrai aujourd’hui. Quand je regarde des groupes de jeunes, je me dis que simplement par leurs vêtements, je pourrais deviner qui est ami avec qui. En ce sens, les vêtements sont aussi une manière de communiquer ou pour reprendre une expression de l’époque… For Us By Us!
La photo est tirée de la page Flickr de rutlo.
Pogner la grippe
April 10th, 2013
J’ai pogné la grippe l’autre jour… En fait, c’était probablement un rhume ou quelque chose du genre.
J’hésite à parler de grippe parce que quand tu dis que t’as la grippe, ça part toujours un débat avec un Ancien Combattant qui a survécu à une souche mutante de la grippe et qui te dit : « NON!!! C’est pas une grippe! Quand tu vas en pogner une, tu vas le savoir. Toi, t’as probablement un rhume… Tapette! »
Quand j’étais jeune, pogner la grippe, je décidais ça la veille, en fonction de ce qui allait se passer le lendemain. Par exemple, j’ai rarement raté un cours d’éducation physique à cause de la grippe et j’ai souvent raté des cours de religion… Que Dieu me pardonne!
La plus grosse grippe que j’ai pognée, c’était pendant les Jeux d’hiver de Nagano. 4 jours! Le bonheur… C’est sûr que j’aurais aussi pu pogner une grippe pendant la crise d’Oka, mais eh, mon corps choisit ses moments historiques… Je me souviens que j’aimais ben les mascottes des Jeux de Nagano qui étaient pas mal plus belles que Amik le castor, la mascotte des Jeux de Montréal qui faisait peur et qui était lette… Bref, une mascotte!
Ce que j’aime le plus dans le fait de pogner la grippe, c’est que les traitements sont ben aléatoires. Il y a une règle qui est super importante : prendre quelque chose, c’est ben mieux que de ne rien prendre! Si t’es pas convaincu, appelle ta mère pour lui demander quand tu vas avoir la grippe. Y’a un truc avec toutes les mères, c’est que peu importe qu’elles soient infirmière depuis 30 ans ou serveuse dans un bar, elles sont toujours sûres de ce qu’elles disent quand tu leur demandes quoi prendre.
- Mange des agrumes…
- T’es sûre?
- HEIN!?!? BEN OUI! (Pis là, elle te raccroche la ligne au nez avant de se mettre à t’appeler au 15 minutes pour finalement réussir à te convaincre que t’as une mononucléose et que tu devrais aller poireauter 32 heures dans une salle d’attente pour te faire dire par un médecin : « Kessé qu’tu fais icitte, toé! »)
Ne remets jamais en cause le truc de ta mère parce qu’elle a elle-même hérité ça de sa propre mère qui, elle, a trouvé ça dans un Reader’s Digest des années 30. Tu veux pas te mettre un vieux Reader’s Digest des années 30 à dos…
Plutôt qu’Info-Santé, il devrait y avoir Mère-Santé… Juste des mères de famille et des traitements douteux. Au moins, les gens mangeraient leur apport quotidien de fruit.
Ce qui m’énerve d’être malade, c’est que de nos jours, même si t’as 340 chaînes spécialisées, y’en a pas une maudite qui a une programmation pas pire le jour. Pourquoi y’a pas le Canal Grippe qui présenterait autre chose que des concours de bûcherons à RDS et des documentaires sur le gars qui a déjà fait une cascade pour Gilligan dans Les joyeux naufragés, oubedon un doc sur César et les Romains? C’est sûr que ça t’enlève le goût d’être malade quand t’es pogné d’vant la télé et qu’il y a juste ça. Ça doit être une conspiration entre les employeurs qui veulent éviter qu’il y ait un trop haut taux d’absentéisme. Si c’est ça, la première chose que je fais en arrivant au bureau, c’est de lécher le clavier de mon boss!!! Quoi que…
Bon là je vous laisse… J’abandonne et je m’en vais r’garder mes enregistrements des Jeux d’hiver de Nagano… Go Elvis Stojko!
Photo par James Gathany, via Wikimedia Commons
Lettre à un jeune animateur
March 6th, 2013Beaucoup de chaînes télé = beaucoup de nouveaux animateurs = beaucoup de compétition. Voici quelques trucs pour t’aider à passer au travers.
1- Sois prêt à aller loin, mais pas trop loin.
Genre Varennes ou Montmagny. Il faut que tu commences par là, t’as pas le choix. C’est toi qui va couvrir le Festival des Engelures de Turso, mais il faut ce qu’il faut. Les Bigshots, eux, ils sont oubedon ben loin (genre Occupation double) ou ben vraiment pas, genre assis dans un fauteuil en studio (Tout le monde en parle, Les enfants de la télé). Toi, t’es entre les deux à te demander pourquoi t’as pas voulu devenir actuaire.
2- Articule quand tu jappes!
C’t’expression-là est de ma mère… Anyway, c’est ben important de bien prononcer tous les mots qui te sortent de la bouche. Je t’ai préparé un exercice… Les anglais appellent ça un Tongue twister, mais moi, j’te dis juste de répéter ça. C’t’une tune en plus.
« Où aller, allez viens, on va y aller
Où il y a un lendemain, allez viens
Où aller, allez viens, on va y aller
Où il y a un lendemain, allez viens »
Répète ça 3-4 fois pis call malade au bureau…
3- Sois prêt à présenter la météo
J’ai ben dit « présenter » parce que toé la météo, tu connais rien là-d’dans. Tu dis CUNIlonimbus pis t’es pas capable de pointer Scherfferville sur une carte. By the way, pourquoi tu parles encore de Scherfferville? Il y a 1000 personnes qui habitent là pis il fait tout le temps frette. Même le monde de Schefferville s’en sacres que tu leur dises qu’il fait ben frette ou frette avec des mouches noires!..
De toutes façons, la météo à la télévision ça n’intéresse personne à l’ère d’internet… Y’a juste les personnes âgées qui regardent pis disons c’est du monde plutôt casanier.
4- Fait des Vox Pop
Faut que tu parles au monde dans la rue. C’est ton public. Quand c’est toi à qui on va demander d’aller faire un vox pop, tu vas répondre Yes sir! Tu vas être ben fier.
Pour faire un bon vox pop, ça te prend : un monsieur pressé qui s’arrête un peu trop loin de ton micro, une madame avec pas d’dents en-bas et qui est assise dans un mauvais resto pis une étudiante chix de l’UQàM qui sourit pis qui a pas grand-chose à dire.
Aussi, t’arrêtes ton vox pop quand t’as 2 « Ça ‘a pas d’bon sens! », 1 « On ‘est pus capable! » pis 1 « C’est plate… On l’aimait ben. »
Si t’as pas une promotion après ça…
5- AIME TOUT LE MONDE
TOU-TE… LE… MONDE! Everyone! Pis pas un peu…
Justin Bieber te présente son album de succès souvenir… Trippes! Une mère monoparentale à qui il manque 3-4 jambes vient te parler de la malaria en Papouasie… Trippes! Un vieil animateur qu’on n’a pas vu depuis 1972 t’accorde une entrevue exclusive et il t’explique comment ça se passait dans l’temps… Là., TU… TRIPPES! Tu dis que t’espère qu’on va le revoir à la télé bientôt alors que quand on l’engage deux semaines plus tard, tu le traites de « vieux qui vole la job aux plus jeunes ».
Life’s a b****…
Crédit photo : fr.123rf.com
Le salon funéraire
February 4th, 2013Grand-p’pa habitait de l’autre côté du champ et à côté de ma maison d’enfance. Il était ce qu’on peut appeler un « bon monsieur ». Quand j’étais jeune et qu’on était pas gentil, il nous menaçait de nous donner de « l’anti-rouspette ». Aucune idée de ce que c’était, mais ça me faisait peur. C’était son genre de blague… Ça me fait encore rire. Peut-être que c’était un heureux cocktail à base de dry gin… Son « anti-rouspette » à lui.
C’tait aussi un fan d’hockey. Non, un fan des Nordiques… Anyway, c’tait pas un fan des Canadiens. En fait, ma grand-mère était une fan des Canadiens pis je me suis toujours dit qu’il était un fan des Nordiques juste par principe… Pour ne pas que ma grand-mère l’ait trop facile.
Comme j’étais gardien de but, grand-p’pa venait souvent me reconduire à mes pratiques. Il restait derrière mon net et il regardait la pratique en buvant un mauvais café d’aréna. En revenant, on jasait de n’importe quoi. Souvent, je lui posais des questions sur son travail à la Baie-James (il était contremaître là-bas). Je pouvais l’écouter parler de ça pendant des heures… littéralement.
J’avais tout ça en tête pendant les quelques jours qu’on a passés au salon funéraire. C’est une drôle de place un salon. En fait, c’est surtout bizarre en région parce que ça devient une sorte d’activité communautaire. Tout le monde se ramasse là. En fait, quand j’étais jeune, j’étais toujours impressionné par le nombre de personne que mes grands-parents connaissaient.
- Annette?.. Ah, ça, c’est la fille de Simone.
- Simone à Pamphile?
- Non, Simone à Roland qui a eu la quincaillerie!
C’était d’la musique à mes oreilles. Je suis sûr que des fois, ils invitaient des noms juste pour m’impressionner. Damn, si j’avais su que tout’ c’monde-là allait s’ramasser au salon…
Il y a plusieurs catégories de gens qui vont dans un salon. D’abord, la famille… De l’épouse au cousin d’la fesse gauche qui se demande s’il fait assez partie de la famille pour être là et qui se pose toujours la question en te serrant la main et en s’trompant sur ton prénom.
Il y avait aussi des personnes âgées aux funérailles. Des gens de qui tu te poses la question à savoir s’ils devraient être placés dans un centre pour personnes âgées, mais qui sont capables de te réciter le Notre Père à l’endroit, à l’envers et dans quatre langues différentes. Par contre, pas fort côté poignée de main… Tellement mou que ça te coule entre les doigts.
Je le répète, le salon funéraire se trouvait en Gaspésie. Ce que ça veut dire, c’est que tout le village s’est ramassé là. Ça m’amène à la troisième catégorie de gens : les creepers. Ça, c’est du monde qui va au salon no matter what. Souvent, c’est pour voir si les gens en deuil ont bien faits ça et si le mort n’est pas trop lette. Ça leur fait quelque chose à raconter les soirs où il n’y pas La Poule aux oeufs d’or. Souvent, les creepers essaient aussi de partir avec le buffet. C’est là que mes années de footballeurs (!) m’ont bien servies.
Il y a aussi la quatrième catégorie de personne… la famille du mort exposé dans l’autre salle. Tu les croises deux-trois fois à la machine à café… Tu prends des nouvelles de leur mort, ils font la même chose avec le tien. Le reste du temps, tu fais des saluts avec ton menton quand tu les croises et tu traverses au Tim Hortons pour t’acheter du café.
Tout ça pour dire qu’on est revenus de la Gaspésie le samedi. Je ne sais pas pourquoi, mais on jouait au hockey à Montréal ce soir-là. Un match amical. J’étais complètement brûlé. Mon frère était attaquant et moi gardien de but. On était dans la même équipe. Il s’est amené en échappée à mi-chemin dans le match et il s’est fait accrocher. L’arbitre lui a donné un tir de pénalité. Il a scoré! Je me souviens avoir levé les bras comme si on venait de gagner la coupe Stanley. Je suis allé le féliciter.
Je me suis dit que grand-p’pa est sûrement bien là où il est… En-arrière de mon net à boire un mauvais café d’aréna.
19-2
January 31st, 2013
J’ai ben aimé. Intense, foutument bien réalisé, bien joué et bien écrit. J’ai aussi bien aimé l’après-19-2, communément appelé « Syndrome post-Podz ». J’aime ben quand les gens se rendent compte que la télé, c’est pas obligé de sonner comme les Westerners.
Ça m’a donné l’idée d’un jeu… Ça s’appelle le hold-up! Au bureau, t’arrives à côté d’la machine à café[1] et tu cries 19-2! Après ça, t’écoutes les madames[2] en parler pendant une bonne demi-heure.
- Mon Dieu, c’était tellement intense, ça a dû me prendre 4 Décore ta vie pour me ramener…
- Non, mais Claude Legault, y’es-tu pas assez beau! Eh, quand il s’est mis à saigner d’la joue…
- Pour une fois qu’il y a autres choses que des maudites émissions niaiseuses à la télé…
- Ah pis la réalisation, hein…
Là, elles applaudissent toutes… Sauf une.
- T’applaudies pas Mireille?
- Non, je ne l’ai pas vu… J’étais à mes cours de soir.
- Ah Mireille… Il faut qu’tu vois ça.
- Ah, oui! Vous l’avez enregistré?
- Ha! Ben non… Enregistré franchement… Vas sur tou.tv!
- Tou.tv? C’est quoi ça?
- Tu ne connais pas tou.tv!?!
La première femme gifle Mireille et elles se mettent à se battre jusqu’à ce qu’il y en ait une autre qui intervienne en criant Minuit, le soir! Là, tout le monde applaudit et celle qui a crié obtient une promotion.
Même s’il n’y a pas eu de ce genre de discussion-là à la machine à café, je considère malgré tout que les gens méritent qu’on respecte leur intelligence quand ils regardent la télé. On a eu la preuve x 1000 pendant les pauses publicitaires de 19-2. Tsé, une pub de Tim Hortons c’est complètement débile, mais lorsque ça passe entre deux segments de 19-2, on dirait que ça a l’air 15x plus mongole.
En revanche, ma seule peur par rapport au succès de 19-2 c’est qu’il y ait une hausse du nombre d’enfants qui vont se nommer Podz… ou Claude-Legault.
[1] Peut aussi être essayé dans un Starbucks du Plateau.
[2] Il est important de s’assurer qu’il y a des madames près de vous lorsque vous désirez jouer.
Crédit photo : Radio-Canada
Mentir
January 22nd, 2013
(Scène de la vie quotidienne)
« – Chéri, est-ce que mes pantalons me donnent de grosses fesses?
- Probablement… Tu veux que je les emmène dans la ruelle pour leur casser la gueule? »
Dans la vie, plus souvent qu’autrement, je feins, je mens (mais doucement) et je contorsionne la réalité. Il y a bien des façons de mentir. D’abord, la plus tordue… Trop dire la vérité! Généralement, c’est dans le métro que c’est le pire. Par exemple, c’est l’heure de pointe… J’entre dans un wagon. Ça pue. J’ai 18 fesses provenant de 9 ethnies différentes qui me touchent du mentonbus au sexibus. Je veux que tout le monde sache que ce n’est pas moi qui sent mauvais. Alors là, je sors ma face du gars qui veut montrer que ce n’est pas lui qui sent l’Jésus (lire le Christ). Je me plisse donc comme un double menton qui a passé trois heures dans le bain.
Pourquoi diable je fais ça… C’est d’aucun intérêt. C’est une maudite bonne place pour puer le métro; tu ne connais personne! C’est mieux que de sentir des fesses dans ta belle famille ou sur le tapis rouge des Oscars.
Il y aussi les moments où je mens sur des choses qui n’ont aucun intérêt. Quelqu’un parle d’un plat… Disons une bouillabaisse. J’ai aucune câlice d’idée de ce que c’est, mais je renchéris. Jusqu’au point ou ça devient un jeu avec moi-même. Je ne sais pas pourquoi je fais ça. Ce n’est pas comme si le Paradis était réservé aux gens qui savent c’est quoi une bouillabaisse.
Il y aussi les moments où je me mens à moi-même. Les situations clés : quand j’achète des souliers de course, quand il est onze heures et d’mi et que je dis « bon, c’est le dernier épisode de Dexter que j’écoute ce soir », quand je me peigne de l’autre bord, quand je me fais une quatrième toast au Nutella pis que je me dis que ça équivaut à un repas, quand je commence un back flip… C’est généralement sans intérêt, mais ce sont les moments où j’accorde le plus grand soin à mes mensonges.
Je pense quand même que la vie a autant besoin des mensonges que de la vérité. T’imagines si tu savais que tu vas mourir à 78 ans à quel point ta dernière année serait pénible à vivre. La vie entière est basée sur ce principe là. Le mensonge, c’est la somme des choses qu’on décide de cacher… C’est nécessaire quand même.
Je vous laisse mijoter là-dessus. En attendant, je me pars un épisode de Dexter pis après (c’est promis) je vais courir!
La reconnaissance
January 12th, 2013
La mi-vingtaine! Ça doit être ça le truc… Mon âge! Il vient un temps où on a un besoin d’être reconnu pour ce qu’on fait. Le phénomène m’a toujours intéressé. Je trouve bizarre de constater ce que les gens sont capables de faire simplement pour qu’on sache qu’ils existent…. Aussi insignifiant que peut être leur action ou leurs gestes.
Commençons par le plus évident… La téléréalité. Parfois, l’expérience peut presque valoir la peine. Par exemple, si tu participes à Occupation double, il est probable que la moitié du Québec va savoir que t’as un problème avec la conjugaison du plus-que-parfait, mais au moins tu vas partir en voyage. Il y a d’autres concepts que je comprends un peu moins. Vous vous souvenez de Loft Story?.. C’était exactement la même chose qu’Occupation double, mais sans voyage (lire budget). En fait, Loft Story, c’était comme vivre dans les résidences d’une université : habiter avec des étrangers, des p’tits becs à gauche pis à droite et du monde qui se filme avec des webcams.
Il y a aussi le même phénomène dans le monde du divertissement qui est sclérosé par un besoin absolu de reconnaissance. Le récent dossier intitulé « La compagnie de disque d’Anik Jean menace des journalistes pour faire la promotion du dernier album de la chanteuse» m’a particulièrement marqué. C’est symptomatique de deux choses : la façon de vendre la musique est archaïque et « Non, mais il faut-tu être débile pour menacer des gens dans le but de vendre des trucs! » Mcdo vend de la cochonnerie cancérigène pis sa mascotte est un clown! Conseil à la compagnie de disque de la chanteuse : la prochaine fois, faites comme Mcdo et déguisez-vous en clown plutôt que d’agir comme des clowns pour nous vendre des bébelles… C’est meilleur pour mon moral.
N’empêche que c’est vrai… Ce sont toujours les mêmes patterns qu’on utilise pour vendre des albums de musique. Amusons-nous un brin… T’es une chanteuse à deux balles. Ton premier album, tu dis que c’est le plus beau jour de ta vie. Le deuxième, c’est un album plus mature. Le troisième, c’est celui que t’as toujours voulu faire. Le quatrième, c’est la nouvelle toi. D’ailleurs, la nouvelle toi, c’est souvent toi après que t’aies dumper ton agent qui t’as escroqué 100 000 balles. On disait chanteuse à deux balles…
Il y a aussi la reconnaissance à petite échelle. Tout le monde connait quelqu’un (ou nie être cette même personne) qui écrit « Ce soir, homard au menu! Miam! » sur Facebook. C’te personne-là est souvent la même qui met des photos de voyage en Thaïlande all over the place pour que tu sache qu’elle est allé en Thaïlande pis pas toi. C’est lourd.
Le choix de ma photo de profil a longtemps été un enjeu pour moi. Je trouve ça weird de m’assoir et de trouver une photo où je me trouve beau. Tsé, il y a toujours une fille ben, ben chix qui met une photo où elle est ben, ben chix et où évidemment tout le monde lui écrit qu’elle est ben, ben chix. Ce qui est fâchant, c’est qu’elle répond à tout’ les hosties de commentaires. Pis toi, comme un gros cave, t’es allé dire que t’aimais sa photo pis ça poppe dans ta fenêtre à chaque fois qu’elle dit : Ah, Isa, tes trop sweet!.. (elle est peut-être chix, mais elle fait des fautes pareil). Je n’avais pas le goût que ça m’arrive quand j’ai mis ma photo… D’autant plus que je suis de moins en moins chix… Ça doit être la mi-vingtaine ça aussi.
Il y a aussi le nouveau besoin de reconnaissance. Il a même un prénom : Pinterest! C’est pas ben compliqué… C’est comme si le Catalogue Sears arrivait à ta porte à tous les matins. En fait, c’est ça Pinterest… C’est un christ de gros catalogue. Non, c’est plus que ça Pinterest… C’est un jeu de mots (pin et interest). C’est drôle en plus!
Le principe est ben simple… T’as d’abord des catégories ; disons les animaux… Ouais! On aime ça les animaux. Là, tu cliques sur la catégorie, pis là t’as toutes sortes de photos d’animaux : un chihuahua avec un costume de drag queen ou un chaton ben qu’trop cute endormit devant La Poule aux Oeufs d’or. À partir de là, t’as deux options :
1- Tripper comme un malade!
2- Aller te coucher parce qu’il est minuit et demi…
Quand tu aimes ce que tu vois, tu pinnes! C’est comme un gros scrapbook, sans le 200$ chez Omer DeSerres…
La grande force de Pinterest, c’est qu’il répond à un objectif fondamental d’internet : m’apprendre que peu importe ce que je fais dans la vie, je ne serai pas le premier à le faire…
Pis t’as aussi le dernier type de besoin de reconnaissance… Ça, c’est le gars qui s’assoit en pyjama à son ordinateur et qui publie un post sur « La reconnaissance ». J’ai pitié de ce gars-là….
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Photo par Matt Cioffi.


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