
Name: Stephanie B.
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Les chanteuses sont pas populaires
June 12th, 2013Bon je pense que je suis rendue dans ma vie à pouvoir dire que ce que je fais c’est chanter, genre être chanteuse. Même si ça sonne weird.
Il n’y a pas de sot métier.
C’est ça que les gens me répondaient des fois quand j’étais plus jeune pis je leur disais que je voulais devenir chanteuse.
Des fois fallait même que je mente pis que je prétende vouloir être prof quand je me faisais demander “pour quessé faire tu étudies en chant pour l’amour du Saint-Ciel”.
Quand j’étais au Cégep, les chanteuses – dont moi – étions toutes frues parce que les musiciens nous aimaient pas. Y aimaient les danseuses. Y étaient belles, shapées, avaient la peau douce, faisaient la splitte dans les partys et s’étiraient sans cesse en leggings comme des belles grandes chattes-duchesses de la royauté. Nous on était raides comme des barres, on faisait de la cellulite pis on aurait eu l’air connes pis vantardes de faire des vocalises dans les partys pour montrer nos skills. (Anyways les vocalises, c’est fucking pas sexy.)
La vie est injuste. Même les filles en mode pognaient plus que nous. Y étaient plus belles pis mieux habillées. Nous on avait des foulards pis quarante épaisseurs de linge parce qu’on était hippies pis artistiques.
J’avais espoir. Je me disais qu’un jour ça changerait, quand je ferais ça pour le vrai, que les gens allaient plus m’aimer pis que je pourrais sortir avec des beaux gars musiciens-acteurs-artistes.
J’AVAIS TORT. Les chanteuses sont mal-aimées. Mais juste les chanteuses, pas les chanteurs.
T’as pas remarqué que les chanteuses sortent tout le temps avec des pichous pis que les vieux chanteurs laittes sortent avec des pétards de beauté mannequins actrices danseuses? Check.


Tu verras jamais une vieille chanteuse sortir avec un beau boy (même pas vieille, c’est rare). Si t’en trouves je te donne un high five.
Les gens disent que c’est glamour pis sexy faire de la tournée quand t’es chanteuse. Ce qu’y savent pas, c’est que quand je sors de scène, je pacte mes instruments pis mon décor dans le char, je me fais parler par rien que des croquettes pis je me ramasse dans ma chambre tu seule à en manger après.
C’est ça.
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La règle de trois
May 27th, 2013J’crois que j’commence à être claire sur le fait que j’ai de la misère des fois avec les relations humaines. J’adore les humains, ce sont mes animaux préférés, mais souvent y me font pleurer, fâcher, déprimer mais surtout me rendent mal à l’aise. Pas de leur faute mais de la mienne. Je me sens tout le temps INSUFFISANTE avec les humains. Faut toujours que je leur fasse un show de variétés dans la vraie vie pour me sentir assez bonne. Je calcule le succès de mes soirées en “nombre d’humains impressionnés par mon show de variétés”. Je l’sais que c’est dégueulasse, y’a sûrement un nom de maladie mentale pour ça.
Mais j’ai réalisé une affaire récemment: les seuls moments où je me sens pas en représentation dans la société, donc où je me sens bien, c’est quand je suis avec deux personnes. Genre, qu’on est trois personnes ensemble (pas dans un lit là tannant ta gueule). TROIS, c’est mon nombre d’humains préférés. Pourquoi? Parce que:

- Deux personnes ensemble c’est stressant. Faut que tu divertisses l’autre plus souvent que si t’es trois. Si y’en a un qui a rien à dire, c’est l’autre qui absorbe tout le choc en entier. La part de risque est très grande. Moi, quand je vais voir quelqu’un pis je sais qu’on va juste être deux, j’ai le trac avant, mes mains moitissent pis ma gorge chassèche. Finalement, c’est jamais si pire que ça (sauf mon ami qui posait jamais de questions pis qui se faisait entretenir mais ça c’est pus mon ami). Mais bref deux c’est vraiment pas mon feng shui d’humains préféré côté avantages/inconvénients.
- Quand tu tombes à quatre, cinq personnes ou plus, ça commence à devenir weird. C’est comme si y fallait que tu pèses plus tes mots pis tes gestes vu qu’un plus grand nombre d’humains ont leur focus sur toi au moment où tu ouvres la bouche. Si tu dis de la marde, tu vas avoir fait perdre du temps à plus de personnes, pis ça s’additionne ces affaires-là, pis c’est vraiment pas bon pour ton karma. En plus si t’es cave y vont pouvoir se réunir entre eux après pour te bitcher pis se crinquer les uns les autres. Ce qui fait que quand on est quatre, cinq ou plus, je dis pas un mot. Sauf si j’suis VRAIMENT dedans pour un bon show de variétés. Sinon j’écoute les autres pis je les admire/juge en secret.
À trois, c’est toujours chill, tu parles un peu, les autres parlent un peu, le courant circule sans se perdre, y peut jamais y avoir une personne dans le coin qui s’emmerde, tout le monde est inclus, tout le monde s’aime dans le grand cercle de la vie.
(Sauf la fois où j’tais allée passer le jour de l’an tu seule avec ma soeur pis sa date (première fois). Ça tu fais pas ça, ça s’appelle être une third wheel pis tu peux te sentir plus seul et désemparé qu’un bébé chat au Pôle Nord sans sa mère dans ces temps-là).
(Ah pis c’que j’te dis pas c’est que dans le fond ce que j’aime par-dessus tout c’est être toute seule).
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Photo par asherline sur Flickr.
Merci la vie pour ce monde merveilleux
May 11th, 2013Un an depuis le Printemps Érable qui m’a achevée.
J’avais pus de joie. J’étais tout le temps fâchée noir. J’avais presque rien à faire dans ce temps-là, fait que je passais mon temps à lire l’actualité, à aller manifester, à pleurer parce que mes amis s’étaient fait emboucaner, assourdir pis taper dessus, à inventer des slogans pas bons. La vie n’était plus belle la vie était un leurre personne nous écoutait et je me chicanais chaque jour avec les vieux/les douches.
Mais toute finit par passer. Après ça, j’étais fatiguée, j’ai commencé à être trop occupée pis j’ai arrêté de lire l’actualité.
J’ÉTAIS SI HEUREUSE. J’avais retrouvé toute ma joie. Émerveillée par la vie. Reconnaissante, j’avais plein de foi. Je croquais dans mes légumes à belles dents, je buvais mon vin jusqu’à tomber à terre, je fumais mes clopes pis je les pitchais partout, je prenais des bains jusqu’au cou, je drivais mon char la musique au boutte, je dépensais mon cash comme si y’avait pas de demain et je me sacrais ben de Justin Trudeau – je savais même pas c’était qui – de Monsanto, des OGM, des abeilles qui meurent, de la pollution qui mute les animaux marins pis du pétrole qui déborde partout. Chaque jour, je me levais et je disais « merci la vie pour ce monde merveilleux, ce monde dans lequel tout est possible et tout le monde est maître de son destin ».
Mais j’ai fini par comprendre que j’étais conne. J’ai pensé « si jamais je suis invitée à Tout le monde en parle, je vais avoir l’air d’une grosse épaisse ». Ben non j’exagère là. Ben, je l’ai pensé mais j’ai aussi pensé que pour le bien universel, selon le Grand Sage de l’Univers, je me devais d’être informée, tout le monde devait être informé. Je savais à moitié même pus rien pour vrai, j’étais pas mieux que si j’avais été cloîtrée un an dans le bois sourde aveugle muette et manchotte. Fait que j’ai acheté un journal, j’ai ouvert Cyberpresse et j’ai commencé ma réhabilitation.
OSTIE DE CÂLISSE DE TABARNACLE.
Sérieux, ça va donc ben mal.
Chaque bouchée que je prends est remplie de poison. Chaque goutte d’eau que je dépense est un pas vers la sécheresse et la famine. Chaque kilomètre que je parcours fait fondre un glacier. Chaque fois que je porte un vêtement, je tue mille personnes sous un building au Bangladesh et chaque jour passé sans retrouver Cédrika est un jour perdu.
OK je vais prendre un petit break.
Pis demain je me remets sur ce cas-là: Coalition St-Laurent.
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Crédit photo : olaeinang sur Flickr
NON au petit parlage
April 20th, 2013L’autre jour je marchais sur Jarry pis j’ai aperçu un gars que je connais, mais genre du secondaire, que j’ai jamais revu. Y marchait en sens inverse, sur le même trottoir, la tête baissée. Pendant quatre secondes, un gros dilemme de vie: j’lui dis tu salut. Pis si j’lui dis salut, va-tu falloir que j’lui demande si ça va, pis quoi de neuf pis toutte, depuis dix ans, quessé que j’vais répondre moi, je pourrais-tu juste passer mon chemin sans rien demander d’autre que salut, je vais tu être impolie ou non? Finalement j’ai fait comme si je l’avais pas vu. Pis sais-tu quoi, le pire, je suis sûre qu’y a fait la même affaire que moi: genre y m’a aperçue pis ça lui tentait pas, un gros trois minutes de malaise interminable, pis y’a juste fait comme si de rien. JE LUI LÈVE MON CHAPEAU. Un être humain remarquable.
Je déteste le small talk. Au fond, je suis comme tout le monde. Qui c’est qui aime ça se faire demander qu’est-ce que tu fais de bon de c’temps-là. Faut vraiment être adepte de la vantardise pour aimer ça se faire demander ça. Mais puisque y’a encore plein de gens qui s’assument pas là-dedans (dont moi), j’ai élaboré une marche à suivre killer pour passer au travers ces moments difficiles.
1) Va pas au marché Jean-Talon.
2) Regarde pas les gens dans la rue. Y’a personne que tu veux croiser assez pour que ça vaille la peine. Sauf peut-être Ryan Gosling, mais tu le croiseras pas.
3) Si jamais quelqu’un te dit salut pareil, réponds juste allo pis continue ton chemin. Tu vas avoir l’air bête, y va sûrement parler dans ton dos après, mais au fond y souhaitait juste ça lui itoo.
4) Si y te retient pis y te demande quoi de neuf, réponds: rien. Mais avec le sourire.
5) S’il ose un pis qu’est-ce tu fais de bon, réponds à nouveau: rien. Toujours avec le sourire. C’est ça qui va te sauver.
6) Si jamais y’a aucune habileté sociale pis y commence à déblatérer sur ses propres exploits de carrière, achève-le avec un excuse-moi, faut vraiment que j’aille faire caca, bonne journée. Avec un sourire.
7) Au pire, tu peux toujours te déguiser.

La photo est tirée de la page Flickr de Stepan Mazurov.
Douze choses awkward que toi aussi tu fais ou auxquelles tu penses (j’espère…?)
March 18th, 20131- Toi aussi tu mettrais un gros marqueur noir direct dans ta narine tellement tu trouves que ça sent bon, ou tu te plongerais la tête dans un bidon d’essence pour mieux humer.
2- Toi aussi tu trouves qu’un clignotant de voiture ou des souliers à talons hauts sur un plancher en bois sont les sons les plus harmonieux que ton oreille puisse entendre.
3- Toi aussi tu penses que les mots “fruits” et “légumes” sont les plus beaux de la vie et tu les répètes souvent avec délectation.
4- Toi aussi quand tu publies un statut qui pogne pas sur Facebook, tu l’effaces après quinze minutes.
5- Toi aussi ça t’arrive de dire qu’untel band “te dit quelque chose” ou que t’as l’impression d’avoir déjà croisé unetelle personne même si c’est pas vrai, rien que pour avoir de quoi à dire.
6- Toi aussi t’as déjà essayé de matcher ton ami(e) avec quelqu’un que toi t’aurais voulu te pogner, pour vivre par procuration.
7- Toi aussi tu te prends souvent à lever la main par inadvertance pour toucher les cheveux de la fille en avant de toi dans le métro, parce qu’ils ont l’air si doux, si doux.
8- Toi aussi tu passes souvent à deux doigts de dire tout haut c’que tu penses de quelqu’un que tu croises dans la rue sans te rendre compte que t’es pas le seul humain dans le monde, genre “ark lui y est laitte pis mal habillé” ou “ouache check la fille à moustache”.
9- Toi aussi quand tu dépasses un vélo ou un enfant en conduisant, tu le regardes dans ton rétroviseur juste après pour être bien certain que tu l’as pas écrasé.
10 – Toi aussi tu choisis au moins les deuxièmes bouteilles les moins chères au restaurant même si elles ont pas l’air meilleures que les plus cheap, juste parce que tu veux pas avoir l’air d’un pauvre.
11 – Toi aussi tu le saurais pas si elle était bouchonnée.
12- Toi aussi tu peux passer tout un souper sans parler parce que tu essaies de trouver des noms d’animaux à tous tes amis. Otarie-rieuse, Singe-vif, Lémur-sauvage, Chien-chilla, Cupidon, Chacal-mort (OK ça c’est pas mon ami).
Han han?
J’aurais voulu être sportive
March 13th, 2013
V’là trois semaines, ma vie était parfaite. Je faisais chier la planète entière parce que j’avais réussi à implanter le sport dans ma vie. La natation. J’instagramais mes exploits, je comptais mes longueurs, je faisais toucher mes gros bras durs à tout le monde.
Remarque la temporalité au passé icitte.
En fait, c’est la troisième fois dans ma vie que j’atteins cette phase de désillusion dans les sports. J’ai remarqué, y’a des phases dans la vie d’un wannabe sportif.
1) La phase où t’es mou et lâche. Tu le sais que le sport c’est pas fait pour toi, tu t’es fait à l’idée, t’as renoncé ciao bine. Quand tu vois des joggeurs sur le trottoir tu rougis, tu baisses la tête pis tu retournes te coucher. Tous les humains en santé te font chier avec leurs shakes verts, leurs belles cannes, leur teint frais pis leurs couettes mouillées de post-activité physique. Anyways toi t’as toujours été une heure en arrière de tout le monde dans les ascensions de montagnes pis tu mourais tout le temps en premier au ballon-chasseur parce qu’on savait que t’étais facile à shooter.
2) La phase où tu te dis que toi aussi tu le peux. Tu vas t’acheter un bon maillot de bain, une Nalgene, un chamois pis tu t’y mets. Pis là: tu capotes, la vie s’ouvre à toi, tu commences à faire la morale à tout le monde “si je le peux tu le peux, ça fait teeeeelllementtttt de bien, la première fois c’est la pire après c’est rien, j’suis accro, je comprends pas comment j’ai pu m’en passer aussi longtemps”. Tu y vas à tous les jours, tu penses que cette fois c’est parti pour de bon.
3) Là, y’a un élément déclencheur qui te “force” à arrêter juste un peu pas longtemps. Tu te fais mal à l’orteil, ton chat meurt, tu pognes la toux, tu pars 3 jours à Winnipeg (dans mon cas). Pis là rien ne va plus. Tu arrives pas à te motiver à y retourner, mais tu te dis que tu vas recommencer demain, que c’est pas grave, que t’es un peu fatigué de toute façon. Yeah right.
(Les phases suivantes sont optionnelles).
4) Hopefully, tu te rends compte que tu redeviens mou pis gros fait que tu te bottes le cul. Y peut s’être juste passé 3 semaines depuis ta dernière séance. Mais on s’en fout parce que quand tu y retournes après ton break, le mal est fait, c’est comme si tu revenais des limbes. Avec du recul la piscine ça pue, le monde est trop poilu, les tapons de cheveux à terre ça devrait être illégal, l’eau de piscine ben c’est du sirop de pisse-marde-morve de bébés pis pendant que tu nages ton dîner remonte en feeling de vomi.
5) Tu reviens à la phase 1.
Aujourd’hui j’ai vécu la phase 4. L’enfer. J’étais tellement lente que je pouvais pus nager dans le couloir rapide. Fait que j’suis allée dans le lent avec les vieux pis les gros. J’étais tellement déchaînée pis frue qu’en faisant un virage, j’me suis kickée vraiment fort sur le mur pis j’ai mis mes mains en pointe pour glisser comme une sirène mais finalement mes mains sont rentrées dans la fourche ouverte de la fille en avant de moi en pleine expansion de brasse.
C’est tout.
J’y retourne après-demain promis.
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La photo est tirée de laboiteverte.fr
Mettons si y nous restait juste un bottin, un téléphone fixe, une TV pis une radio AM-FM
March 10th, 2013Comme Sam t’a dit cette semaine, y’a perdu son cell.
Fuck ça m’a tellement bouleversée cette histoire. Je me suis mise à capoter parce que je peux pus le rejoindre quand je veux. Genre, quand je lui écris un message sur Facebook, y le verra pas dans la minute après. C’est freakant là, avoue. Remontons à la base, mettons. Imagine, si on avait pus de iPhone personne, pis pus d’ordi pis pus d’internet ni GPS ni rien, du jour au lendemain. Mettons si y nous restait juste un bottin, un téléphone fixe, une TV pis une radio AM-FM.
- Comment on ferait pour aller à quelque part? Je veux dire, faudrait posséder toutes les cartes routières de toute la vie ou quoi? Les gens, dans le temps, comment y faisaient pour aller pêcher le poulamon à Ste-Anne-de-la-Pérade? Y demandaient à qui pour savoir c’est dans quel coin, la carte de quelle région pogner? Pis comment y faisaient pour trouver exactement à quel spot aller, y avait même pas de reviews de cabanes à pêche nulle part. Pis comment trouver le numéro de téléphone? Fallait que tu demandes au bonhomme du 411 de te donner tous les numéros de tous les endroits qui ont le mot pêche dedans? Ça me fait CA-PO-TER.
- Comment on ferait pour retrouver nos amis? Moi dans la vie je connais aucune adresse pis aucun numéro de téléphone par coeur à part celui de ma mère pis mon père. Pis je me rappelle même pus où mes meilleurs amis habitent. Chaque fois que je vais chez eux, je les texte deux minutes avant d’arriver dans leur boutte pour qu’ils me redonnent leur adresse. Mais la mettons, j’ai pas de cell, je peux pas les texter. J’ai pas leur numéro en mémoire, je peux pas les appeler. J’ai pas leur adresse, je peux pas aller les voir. Faudrait que j’me pointe sur le bord du coin de leur rue pour crier leur nom dans un cône, soda.
- Comment on ferait pour savoir des choses? Sais-tu par coeur à quelle heure pis quel jour passe Unité 9? Moi non, c’est TOU.TV qui me nourrit. Pis Jean Lesage, lui? Moi c’est Wikipédia qui m’a appris c’était qui v’la pas si longtemps, pendant que j’étais pognée dans une conversation avec tout le monde qui savait c’était qui. C’est Wikipédia qui nourrit mon image publique. Pis le Tim Horton’s le plus proche? Pis la fête de tes amis, han?
Aussi je sais que j’suis retardée pis qu’on en a parlé en l’an 2000 mais ça te fait pas freaker toi de savoir que ton argent dans ton compte, ben y existe pas vraiment, pis que si t’es riche pis que tu vas à la caisse tout retirer dret’ là, ben y vont sûrement dire non PARCE QU’Y L’ONT PAS? Pis ta musique, pognée dans ton ordi, pas de pochette pas de crédits? Pis tes lettres d’amour, si Hotmail shut down? Pis tes photos de party quand t’étais ado avec ton premier kick, pis la première fois que t’as pris l’avion, pis ta première maison, pis tes photos de ton enfant depuis qu’y est né. Toute la mémoire de la vie, avant, elle était dans une grosse boîte de négatifs immortelle, tous tes acquis de la vie avant y étaient en papier en matière que tu pouvais toucher pis te rouler dedans. Maintenant, c’t'une poussière d’ordi qui tient même pas au chaud.
Pis les Populaires, en plus, sans notre blogue, on serait rien ni personne pis on s’écrirait sûrement encore des messages dans nos agendas papier avec des mots comme “tripant”, “full cool”, “quoi de neuf”, “bonne chance en argent, amour, amitié, santé”, pis “best friend 4ever”. Ou on ferait des drogues.
Si le Grand Sage de l’Univers existait.
March 2nd, 2013Je t’ai déjà dit que j’étais trop fine pis que j’arrêtais d’être fine à tout jamais.
J’ai menti.
J’ai essayé. Mais j’ai pas réussi.
Bref je me fais encore peinturer dans les coins par les gens raisins-secs-gris-cendriers-crottes-de-nez qui ont toujours besoin de chialer sur quelqu’un. Je me fais encore prendre dans des plans que je sais d’avance que ça va être plate pis brun à chier. Je me fais encore compromiser de façon excessive.
En apparence, des fois j’ai l’impression d’avoir un peu l’air de Suzanne dans Unité 9.
Mais dans le fond c’est juste que je me fais peur en dedans. Genre, si je disais toujours ce que je pense on dirait que j’haïrais tout le monde.
Mais en même temps pas pantoute.
Anyways.
J’arrête pas de demander conseil au Grand Sage de l’Univers dans ma tête. Quand j’suis fâchée, j’ai tu raison, j’ai tu pas raison, qui a raison.
Chaque fois que j’hais quelqu’un, c’est tu parce que j’suis SPM, narcissique, hystérique, que j’ai des blessures d’enfance? Chaque fois que je dis non, c’est tu parce que j’suis capricieuse égoïste pis lâche?
J’aimerais vraiment que t’existes, Grand Sage, pour que tu me dises, selon la Grande Loi Ultime de l’Univers, c’est qui le con entre moi pis:
- La crisse qui se tasse pas à l’épicerie pour me laisser passer. Genre, c’est tu moi qui est trop pressée ou elle qui est folle? Si je la pousse, le karma va tu me punir?
- Le bum qui passe sur le trottoir ou qui sort du métro en me fonçant dedans parce que selon lui c’est à moi de me tasser. C’est tu de ma responsabilité de lui faire une jambette?
- Les gens qui se chicanent tout le temps. J’vais tu mourir d’un cancer parce que j’ai trop retenu mes émotions mauvaises?
- Les gens qui comptent sur les autres pour se sauver le cul. On est tu sur terre pour s’entraider ou pour être maître de soi-même?
- Les gens qui font jamais ce qu’ils ont toujours voulu faire dans’ vie pis qui me trouvent paumée-bohémienne de pas posséder un seul bien pis de tout donner à ma carrière. Dans le fond, c’est tu mieux de vivre pour la famille pis s’acheter une maison pis avoir une paie à chaque deux semaines?
- Les gens qui puent (et/ou se lavent pas). C’est tu moi qui est pas assez écologique, genre, je devrais tu faire un retour à la terre?
- Les gens qui pleurent jamais pis qui sont toujours forts.
Et tant d’autres.
Au moins Suzanne dans Unité 9 elle a Élise comme voix de la sagesse. Au moins moi j’ai des amies nice qui me donnent des cadeaux du genre:


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