Les Populaires c’est un blogue de variétés, de découvertes, d’humeurs et de chiâlage lancé par Stéphanie Boulay, Samuel Cyr et Stéphanie Perron. C’est comme à l’école; on a un agenda, une cafétéria, des récréations, du monde qui ont des A+, des retenues pis des kicks. Pis y’a les populaires. Pis c’est nous.

Posts by Katherine:

    La saison de l’amour

    May 2nd, 2013

    C’est la saison des mariages qui arrive les amis.

    Bientôt, je vais recevoir de petites enveloppes turquoises par la poste. Je vais détacher le fin ruban de dentelle et ouvrir le faire-part de mariage avec mes doigts pas assez féminins. Ça va être genre :

    Pour que leur mariage reste à jamais gravé dans vos mémoires,

    Jean-Sébastien et Jessica 

    vous invitent au plus beau jour de leur vie, le samedi 10 août 2013. Venez déguster un gâteau d’une valeur de 2000$ juste parce que ça nous valorise.

    J’aime assister aux mariages. Surtout quand je ne connais pas trop les gens qui s’unissent, ça me permet d’avoir du recul sur la situation. Le déroulement est simple et toujours le même :

    11h00 :
    La mariée est entourée de sa mère, sa grand-mère, ses deux sœurs, sa belle-sœur, sa meilleure amie, sa nièce, ses tantes et toutes les autres femmes du monde entier, si possible. Tout le monde lui frise les cheveux en même temps et on lui zippe sa robe. Parfois, la mariée a un feu sauvage, sa vie ne vaut alors plus la peine d’être vécue. Y’a toujours une cousine qui lui dit que « la beauté se trouve avant tout à l’intérieur » pis finalement, c’était même pas un feu sauvage, mais tout simplement une croûte de vin de la veille.

    Quatre heures plus tard, la mariée est prête.

    15h00 :
    C’est la cérémonie à l’église. Quelques personnes pleurent, tout le monde a chaud, j’ai même déjà vu un curé mettre feu à sa robe en passant trop près d’une chandelle. La petite bouquetière est cute mais, personne la trust avec les anneaux qu’elle tient dans son panier en osier blanc. Les mariés s’embrassent et on ne lance pas de confettis parce que c’est criss à ramasser.

    19h00 :
    On se rend à la salle communautaire la plus proche, les murs ont été décorés avec des rideaux de satin pour cacher les logos des Chevaliers de Colomb. On sert le souper, une table d’hôte qui a l’air nice sur papier mais, dans le fond, c’est toujours bin juste du poulet à ‘sauce blanche.

    21h00 :
    On coupe le gâteau avec une spatule qui vaut plus cher que ma propre vie. Pendant ce temps-là, le meilleur ami du marié va faire un discours qui commence généralement bien mais qui dégénère toujours : « Jean-Sébastien est mon plus vieux chum, y mérite la meilleure femme du monde… Te souviens-tu de la fois à Trois-Rivières où on avait mit feu à une école HAHAHAHA!!! »

    Ensuite, y’a un diaporama de photos. Tous sont amusés de voir les coiffures bizarres 1994 style, sans même se douter que leurs cheveux du moment sont probablement aussi dégueulasses.

    23h00 :
    C’est la fête. DJ Jocelyn fait jouer de bons vieux classiques tels que Baby Don’t Hurt Me, I’m Blue Da Ba Dee Da Ba Die, ainsi que It Wasn’t Me de Shaggy. On sombre dans le plaisir.

    Minuit :
    Les matantes enlèvent leurs talons hauts pour mieux danser pendant que la mariée ouvre les cadeaux de mariage : et oui, une autre cloche à gâteau, longue vie à vous deux.

    1h00 :
    Les cheveux de la mariée n’ont plus de volume.

    2h00 :
    Une des filles d’honneur saoule pleure dans la salle de bain.

    3h00 :
    Le nouveau couple quitte pour un voyage de noces en Toscane sans que personne ne s’en aperçoive.

    5h00 :
    On cherche les mariés.

    6h00 :
    On en revient pas qu’y est rendu 6h du matin.

    Là, y’en a qui se disent « omg… mon mariage à moi s’est teeeellement pas passé comme ça ». Et bien je te confirme que oui. Je t’assure que ton mariage c’était ça. Y’a aussi ceux qui se marient dans le sud, les mêmes qui reviennent avec des petites nattes pis qui les gardent pendant trois semaines.

    La bonne nouvelle, c’est que toutes ces belles célébrations arrivent à grands pas. J’ai hâte d’y participer, qu’on se le tienne pour dit : Y’a rien de plus beau que de célébrer notre intimité en présence de 400 personnes.

    La photo est tirée de la page Flickr de Marion Doss.

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    School’s out forever

    April 18th, 2013

    Bientôt se termine ma dernière session d’école à vie. Quand j’y pense trop longtemps, mon œil droit se met à loucher pis je saigne des oreilles.

    J’ai toujours adoré l’école, la scolarité, l’académique. Même si j’ai raté ma graduation de fin de bacc pour aller voir un show de Galaxie.

    J’aime les feuilles lignées, les pousses-mines, les cloches, les travaux, les récréations, l’assiduité. J’AIME L’ASSIDUITÉ. Pas besoin de vous dire que mes parents me soutenaient, que j’ai jamais pris de drogue, pis que ma virginité, je l’ai pas perdue dans une Tercel bourgogne.

    Cela dit, hier soir, j’ai revu une fille avec qui j’étais dans un cours de littérature genre, en 2009. Y’a deux sortes de personnes en lettres : ceux qui veulent enseigner (ceux qui vont avoir une job) pis ceux qui veulent écrire (ceux qui vont finir par enseigner). Elle, elle voulait être prof :

    « Moi je veux être prof au primaire, c’est nice parce que t’as l’été off. Sérieux, ça va être easy shit comme job, j’ai hâte de faire du bricolage en textant, OMG JE VIENS DE ME DÉBLOQUER L’OREILLE GAUCHE LOLLL ».

    En ce moment, elle est responsable d’une classe de première année du primaire. Le problème, c’est que cette poire de fille-là, est plus investie dans l’achat de son prochain lypsyl que dans l’apprentissage d’un kid. Qu’est-ce qu’on fait dans ce temps-là? Rien. On peut rien faire. Des mauvais profs, y’en a toujours eu, pis y’en aura toujours.

    Le genre de prof :

    • qui est mal à l’aise quand un enfant vomit;
    • qui se dit : « Bof, si y’apprennent pas à lire avec moi, ça va être l’année prochaine au pire »;
    • qui veut jamais faire de peinture parce que c’est salissant;
    • qui, en lisant un texte, remarque les participes passés mal accordés, mais ignore l’originalité des idées;
    • qui ne décore pas sa classe à l’Halloween;
    • qui fait durer la sieste plus longtemps que prévu parce qu’il a mal à’ tête;
    • qui ne rassure pas ses élèves quand y’a une guêpe qui est entrée dans’ classe;
    • qui ne met pas d’autocollant à ceux qui ont plus que trois fautes dans la dictée. C’est juste des collants; arrête de ruiner des vies, pis mets-en à tout le monde!;
    • qui voulait devenir avocat mais c’était « bin trop de trouble! »;
    • qui veut pas de costume dans le numéro de fin d’année parce que c’est «bin trop de trouble! »;
    • qui se donne pas de trouble en général.

    J’espère que cette fille, et les autres comme elle, n’enseigneront jamais à mes enfants. Si j’ai tellement aimé l’école, c’est surtout grâce aux bons profs que j’ai eu la chance d’avoir au primaire. Les Madame Rita, Madeleine, Natalie, les Monsieur Mathieu, Dominic, Marc.

    Ceux qui te font oublier que tu viens de pisser sur ta chaise pis que tu lis comme une chèvre.

    Ouin, je m’ennuie de l’école.

    La photo est tirée de la dernière journée d’école de ma première année du primaire. On avait eu des Mr.Freeze.

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    Mix mon âme

    April 4th, 2013

    L’autre jour j’étais dans un cocktail de vedettes. Y’a trois niveaux de vedette dans’ vie:

    Niveau 1 : Les vedettes internationales. Les vedettes dans les films à 7.99$ chez Jean-Coutu. Le monde que tu verras jamais de ta vie dans’ rue, genre, Meryl Streep pis Rihanna. Ces deux-là chill probablement pas ensemble, mais même séparées, tu les verras pas.

    Niveau 2 : C’est du monde respecté, genre, Claude Legault, Céline Galipeau, Guylaine Tremblay, mais, que tu peux rencontrer chez Renaud Bray pis personne va capoter avec ça. Tu peux même aller leur parler si t’as pas d’orgueil.

    Niveau 3 : C’est le monde que t’as déjà vu quelque part mais tu sais pas trop où. Genre, la fille qui jouait Maria Lopez dans Radio-Enfer. Tu les remarques, pis après tu les juges.

    Au cocktail de mardi passé, c’était du monde de deuxième niveau. J’étais cachée derrière la montagne de fromage, à fixer Annie Pelletier. Pourquoi autant de maquillage Annie? Que fais-tu à un Gala d’humour? Que s’est-il passé avec l’émission La vie est un sport dangereux?

    Au même moment, une vedette de deuxième niveau Bonus Plus est apparue. Bonus Plus, ça veut dire que la vedette est pas meilleure qu’une autre, mais que toi tu l’aimes vraiment. Devant moi, se trouvait nul autre que William de Mixmania 3. Personne l’a reconnu sauf moi.

    Mixmania j’aime ça.

    Ça fait partie de ma vie, c’est l’essence de mon âme. Moi, je suis de la génération Mixmania 1 : Julie St-Pierre la parfaite, Ariane aux mèches rouges qui braille, pis Caroline la brunette sexy mais pas au courant qu’elle est sexy. Toute ce beau monde-là + des jeans Parasuco + Gabrielle Destroismaisons comme mentor = LA MEILLEURE ÉMISSION AU MONDE.

    J’aurais voulu y participer à treize ans. Fallait savoir chanter, danser, et être une personne dynamique. C’était pas vraiment fait pour moi. Genre, c’était fait pour tout le monde sauf moi.

    Quand Mixmania 2 et 3 sont arrivés, je me suis dit «Ah, bonne idée, un nouveau Mixmania pour les plus jeunes, dommage que je sois trop vieille pour embarquer». Si y’a une chose que Vrak TV m’a apprise, c’est que t’es jamais trop vieux pour voir une gang de 14-17 ans performer aux Galeries de la Capitale.

    Y’a trop de choses qui se passent. C’est trop divertissant :

    -Lors des éliminations, les jeunes y braillent pis y disent des choses comme «Si je suis pas pris, je sais pas ce que je vais faire de ma vie».

    -Y’a des cours de chant avec une prof qui regrette d’avoir choisi les plus beaux au lieu des plus talentueux.

    -Des fois, y’ont des surprises, comme la visite de Marie-Mai ou de Joey Scarpellino qui viennent passer la journée avec eux, dans leur loft turquoise.

    -Ils enregistrent leur album dans un des plus gros studios en Amérique du Nord. Les techniciens de son sont comme «WTF?!»

    À la fin de l’aventure, y’a une tournée super rentable pour Vrak TV pis les meilleurs ont la chance de rester dans le star système Québécois en jouant dans 30 Vies ou en animant à Fan Club. C’est le cas de William. Que j’ai vu mardi. Je capotais. Je suis allée le voir pour lui dire que je l’aimais, mais, y avait l’impression de se faire niaiser solide. Pourtant c’est vrai, je les aime et je les admire les jeunes de Mixmania.

    Même si les chorégraphies dans le vieux Montréal sont pas toujours tight:

    En réalité, je trouve que cette chorégraphie est vraiment tight et excellente. La vidéo a 789 923 views pis c’est moi qui l’a regardée 789 923 fois.

    Quand je suis déprimée, je pèse play, pis je me dis que Le monde est mon chez moi.

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    Le temps des sucres

    March 23rd, 2013

    Hier, j’ai reçu un message Facebook de ma grand-mère. Oui, ma grand-mère est sur Facebook. Elle est pas super active mais, parfois, elle like les publications de son amie Micheline, genre :

    « Bonsoir, super beau ici, soleil partout, revient de la Floride le 6, condo sera libre si vous le voulez attention à vous autres de Micheline xxxxoooo »

    Les adultes, sur Facebook, se parlent souvent comme si y’avait urgence. Comme si fallait économiser chaque mot. Pourtant, elle a quand même pris le temps d’écrire « bonsoir »? Les 60 ans et plus sur Facebook, c’est comme les enfants qui boivent du café, c’est légal mais ça pas rapport.

    Bref, le message de ma grand-mère c’était pour me dire de ne pas oublier le dîner à la cabane à sucre de mon oncle Jean-Marc le 31. C’est le temps des sucres pis j’avais oublié, ça m’est sorti de la tête, dans quel monde je vis pour être biaisée de même? Ça va être quoi la prochaine affaire? Je vais oublier de respirer?

    Pour moi, la cabane à sucre c’est la lumière au bout du tunnel de l’hiver, c’est la récompense après le froid et la glace, c’est le dessert de mon année au complet. La cabane à sucre c’est tout ce qui me reste.

    Nous autres, on a notre propre cabane à sucre des Levac, pis c’est mon oncle qui fait lui-même le sirop d’érable. Y prend l’eau d’érable, y la fait bouillir, pis ça devient du sucre. Y change l’eau en sucre. Y CHANGE L’EAU EN SUCRE. Mon oncle c’est Jésus, mais en mieux.

    Pendant ce temps-là, mes tantes font des saucisses dans le sirop, du jambon dans le sirop, des oreilles de crisse dans le sirop, des bines dans le sirop, du sirop dans le sirop. On se roule dans le sirop en buvant du sirop. Y’a des fontaines de sirop pis des piscines de sirop. Après, on mange de la tire, pis la tire colle sur mes dents, pis ma face est pleine de tire, pis mes cheveux sont plein de tire. Faque je me lave avec du sirop.

    Après, on va prendre une marche santé dans le bois.

    En ce moment, c’est le temps des sucres, et je me disais, pourquoi ne pas en apprendre plus sur ce magnifique produit qu’est le sirop d’érable?

    Savais-tu que :

    - Le sirop d’érable contient plus d’antioxydants que beaucoup de légumes. Penses-y deux fois la prochaine fois que tu veux mettre des brocolis sur tes gaufres.

    - Faut attendre 45 ans après la plantation d’un érable pour pouvoir récolter son eau. Après ça, l’arbre peut vivre jusqu’à 300 ans. C’est plus rentable qu’un plan de tomates, qu’on se le tienne pour dit.

    - On exporte le sirop d’érable partout dans le monde, surtout au Japon. C’est pas avec un bonsaï certain qu’y vont réussir à se sucrer le bec.

    - C’est le vrai Elton John qui apparaît dans le film Spice World. Ça pas rapport avec le sirop d’érable mais c’est le fun à savoir.

    Là, y reste huit jours avant le 31 mars pis j’ai vraiment hâte. En attendant je vais continuer de juger l’invention la plus insuffisante au monde qu’est le sirop de poteau.

     

    La photo est tirée de la page Flickr de Zanastardust.

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    Géologie 4 life

    March 11th, 2013

    L’université d’Ottawa ça été la plus belle expérience de ma vie. Après mon secondaire. Pis mon primaire. Pis la fois où j’ai assisté à l’enregistrement de l’émission Les Couche-tôt en 1998.

    Mais somme toute, ça reste un beau moment. Surtout grâce à l’impro et au dip aux épinards du Royal Oak sur Laurier. Oui, y’a même une rue Laurier à Ottawa. C’est fou les points en commun avec Montréal. Sérieux, c’est pratiquement la même ville.

    N’empêche que mon bonheur ne tenait qu’à un dip aux épinards.

    Cela dit, lors de ma dernière session en littérature, j’avais décidé de prendre un cours à option qui fittait parfaitement dans mon horaire : introduction à la géologie. La science de la terre. L’étude des roches. L’analyse des minerais.

    Des fois, je prends des décisions de marde de même, comme pour attirer l’attention de…moi-même?

    «Tout va bien dans ta vie Katherine? Tu trouves ça facile? T’as trop de fun hein? Je pense qu’un cours sur la garnotte te permettrait de remettre les choses en perspective. Oui, inscris-toi, ça va te valoriser d’apprendre le nom des pierres précieuses par cœur, au pire, si tu coules, t’as juste pas de bacc. Ça va être drôle.»

    Bref, chaque mardi soir, j’analysais les fréquences de séismes, pis les plaques tectoniques, pis les volcans. En réalité, je jouais à Bubble shooter sur mon Iphone pis je jugeais le monde intéressé. Je faisais ma pas fine :

    «Regarde-les, ils savent toute eux autres hein. Ils ont faite les lectures. Ils se pensent bons. Je suis certaine que personne dans cette classe sait c’est qui Samuel Beckett. Personne a lu Pantagruel, personne a joué Racine, personne sait chanter, ou rire! Bin non, ils préfèrent prévenir les tremblements de terre et les volcans pour sauver des vies par milliers. Ark.»

    La seule chose que j’aimais de la géologie, c’était le prof, Claude Farley.

    La bonté du monde en personne. Un jeune homme passionné par la croute terrestre. Pantalon corduroy bourgogne, gourde d’eau Nalgène, longs cheveux blonds à la Légolas. Il était à un piercing dans le sourcil près de faire un excellent moniteur d’escalade.

    C’est grâce à Claude si j’ai passé le cours. Il m’a aidé, il m’a donné des chances, il ne me jugeait pas quand je lui disais des affaires comme :

    -Nomme moi un géologue connu. Juste un.

    -Mon rêve, ce serait de posséder un gros cristal mauve. Peux-tu m’arranger ça?

    -Le pétrole, ça me fait penser à de la mélasse pis ça me donne faim.

    -Le Mont Avila c’est un volcan hein?

    -Genre, une toast au pétrole. Ou une galette de pétrole.

    -Tes cheveux ont l’air vraiment soyeux Claude.

    J’ai terminé le cours avec un D. La pire note de ma carrière universitaire. D pour, déception, dommage, drame, déchet, Diane Dufresne.

    J’ai tout de même retenu une leçon. J’avais toujours jugé les gens qui étudiaient dans des domaines où le par cœur est supérieur à la réflexion. Genre, en droit, par exemple. Maintenant, j’ai de la sympathie pour eux. Je les comprends. Je suis devenue une meilleure personne tout en apprenant les bases de la géologie.

    Y’est jamais trop tard pour s’intéresser à la lave et au savoir-vivre.

     

    La photo est tirée de la page Flickr de Cobanene

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    Timbits et culpabilité

    February 28th, 2013

    Moi je suis une fille vraiment fine pis toute. En général.

    Sauf une fois. La fois où j’suis tombée sur Olivier Lavigne. C’est pas vraiment ça son nom, c’est parce qu’il faut rester professionnel dans le monde du blog.

    J’étais dans un party de sous-sol pis je venais de me chipper une molaire en tentant d’ouvrir une bouteille de Smirnoff aux pommes vertes. 2004 style.

    Olivier est arrivé avec un hotdog, hotdog que la mère du gars qui faisait le party lui avait donné. Le genre de mère qui portait du linge de chez GARAGE.

    Y m’a dit que lui y’aimait ça avec une tranche de fromage Kraft dedans. J’ai toujours détesté le fromage Kraft, du fromage de pauvre, mais à cet instant précis, j’en aurais mangé pour le reste de ma vie.

    Olivier c’était un gars trois ans plus vieux que moi. Y jouait au hockey avec mon frère. Quand je le voyais passer, une toune de Savage Garden jouait automatiquement dans ma tête. Tu sais pas c’est qui Savage Garden? Revois tes priorités.

    Après ce party là je l’ai pu jamais revu, sauf les fois où j’allais me planter à l’aréna comme une dinde. Une grosse dinde invisible.

    Trois ans plus tard, j’ai dix-sept ans, je me trouve hot. J’ai des mèches blondes. Ou rouges. Des fois les deux. Mon apparence est tout ce à quoi j’accorde de l’importance, probablement à défaut d’avoir une personnalité de marde.

    Personne n’avait semblé m’impressionner jusqu’au jour où, dans la classe de géographie, un grand bum était entré et s’était installé dans le fond de la classe : Olivier Lavigne.

    Silencieux, beau, inatteignable. Le genre de gars indifférent à tout ce qui l’entoure…ce fut le sentiment inverse qui se développa chez moi à son égard.

    Y’était à un cheveu de décrocher, il prenait ce cours parce qu’il lui manquait un crédit pour avoir son diplôme d’études secondaires. Le genre de gars que j’avais l’habitude de dénigrer, mais là, j’étais trop occupée à avoir mes premières pulsions sexuelles.

    Après le cours, je suis allée me présenter parce que j’avais trop de confiance.

    -Allo Olivier.

    -T’es la fille qui fait de l’impro?

    -Oui…

    -Tu dois être drôle. Conte moi une joke.

    -Euh…c’est une fois un crocodile qui dit à un chien : Salut sac à puces! Pis le chien lui répond : Salut sac à mains!

    T’sais quand ta répartie décide de s’enfuir sans t’en parler : La seule chose qui m’est venue en tête, c’est une joke du livre Histoires drôles. Tu sais pas c’est quoi les livres Histoires drôles? T’as les priorités à bonne place.

    Ce fut notre dernière conversation à vie pis y s’est moqué de moi le reste de la session. Y s’est pas vraiment moqué de moi mais il m’a ignorée. C’est pire.

    Pour le projet final dans le cours, on devait faire une carte topographique. Fallait tracer un énorme grillage sur une feuille quadrillée. C’était long comme travail. Moi, j’avais pas commencé, je passais mon temps à fixer Olivier Lavigne avec des yeux de hyène.

    Un soir que j’avais une rencontre du conseil des élèves : j’étais la présidente de l’école, on m’avait élue par crainte. Je m’étais faufilée dans le local de géo, j’avais pris la carte d’Olivier, très réussie, pis là, j’avais effacé son nom pour y mettre le mien à la place.

    Le lendemain, quand vint le temps de poursuivre le devoir, tout le monde avait sa carte sauf Olivier : son travail manquait à l’appel.

    «Ben oui mais monsieur je l’ai faite le travail! C’est pas des jokes, fuck, man, pour une fois que je l’ai vraiment faite!»

    Mais Olivier, garçon turbulent à la réputation de délinquant sans scrupules, ne put convaincre le professeur.

    Il abandonna le cours et n’obtint pas son diplôme. Par ma faute. Il travaille depuis au Tim Hortons sur la maine à Hawkesbury et sa blonde est enceinte de leur troisième bébé. Je me sens toujours un peu mal quand je vais me pogner une boite de dix Timbits au miel.

    À part ça, j’suis une fille vraiment fine pis toute.

     

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    Y manque juste un bébé

    February 19th, 2013

    Des fois, en lisant le Coup de Pouce, je me dis, mon dieu, j’espère que mes bébés n’auront pas de problème de motricité fine. Après, j’enfile un pyjama qui match pis je regarde Canal Vie en mangeant des Crispy minis. JE SUIS UNE MÈRE.

    D’habitude, on devient maman en accouchant. Moi, depuis quelques temps, je le suis devenue par hasard.

    Y me manque juste un bébé.

    Hier au Provigo, j’ai vu une maman et son nourrisson. Quand ça arrive, j’élabore un plan de kidnapping dans ma tête parce que ce bébé me revient.

    Je m’imagine, volant le bébé, le cachant dans mon carrosse entre le pain pis les kiwis, pour que ce soit doux, passer à la caisse incognito, installer le bébé chez nous, dans le sofa-lit en attendant, lui donner des bananes écrasées trois fois par jour. Voilà, mon rêve se réalise pendant que celui d’une pauvre mère meurt à petit feu.

    C’est ça qui arrive quand t’es trop occupée à lire l’information nutritionnelle des barres Hop et Go : Tu perds ton bébé.

    Coudonc c’est pas fin ça. Voler les bébés du monde. On fait pas ça. Voyons donc Katherine.

    Mais c’est pas de ma faute, mon horloge biologique a sonné : J’ai 23 ans, si on était en 1860, j’aurais déjà accouché plein de fois. Je serais mère, une mère avec la tuberculose, mais une mère quand même.

    Je sens que je suis prête mentalement à m’occuper d’un enfant. Je dis mentalement, parce que financièrement, je pourrais pas : je viens de m’acheter un humidificateur.

    Avoir un enfant, ce serait la pire chose qui pourrait m’arriver dans le moment, mais j’aime challenger la vie en prenant les pires décisions. Sans parler de l’air purifié que cet enfant respirerait.

    Pis c’est nice être mère :

    -Tu peux agir comme si t’avais tout vu, tout vécu, que tes conseils valent mieux que celui d’un médecin. Tu peux juger le monde par leur apparence, juger le monde par leur métier, juger le monde.

    -T’es inquiète en tous temps, mais tu reçois des colliers de nouilles. Des fois.

    -Tu peux dire «Là je suis fâchée», et ça fait peur à du monde.

    -Ton macaroni à la viande est le meilleur parce que c’est le seul.

    -T’as une calligraphie nice, et ta signature a une certaine valeur dans un agenda scolaire.

    -Tu peux parler 2h sans dire la moindre information.

    -Quand tout le monde est installé à table, que tous les plats ont été apportés, tu cries de la cuisine «y manque-tu quelque chose?», pour te faire répondre, presqu’en chœur, par la visite/famille et leur joyeuse répartie «Y manque juste toi! Hihihihi».

    -Tu peux ramasser des miettes et dire «c’est pas croyable.»

    J’espère que tout ça n’est pas juste une phase qui va passer. Comme la fois où je me suis acheté un chien saucisse. Ou la fois où je me suis inscrite dans un cours de géologie. Ou la fois où je pensais que j’étais bonne en sculpture. On verra.

    La photo est tirée du site poissyechographie.fr

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    L’amour existe encore

    February 11th, 2013

    Ce jeudi aura lieu l’évènement le moins crédible de l’année. Je ne parle pas ici du gala Artis, mais bien de la St-Valentin.

    Pas que j’aime pas la St-Valentin, c’est le seul temps dans l’année où je peux me faire croire que l’amour existe encore. Pour t’aimer une fois pour toutes. Pour t’aimer coûte que coûte. Malgré ce mal qui court et met l’amour à mort.

    Sans Céline j’suis rien.

    Cela dit, je pense que la St-Valentin c’est une fête qui s’est subtilement glissée dans nos mœurs de façon assez déloyale merci. C’est un peu la Maripier Morin des fêtes : on sait pas pourquoi elle est là, mais personne pose de question parce que c’est sexy.

    La St-Valentin n’est pas digne d’être une fête. C’est plus une activité.

    Premièrement, si ça avait vraiment été la fête des gens qui s’aiment, on aurait fêté ça au mois de mai ou au printemps quelque part. Pas le 14 février.

    On dirait que quelqu’un s’est dit : bon, c’est quand que j’ai le plus envie de mourir? Février? Ce sera donc la fête de l’amour.

    Noël, l’action de grâce, vendredi saint, Pâques, le jour de l’an, la fête nationale : Toutes des fêtes qui occasionnent un jour férié. On a congé pour célébrer la moisson mais pas l’amour? En même temps, quel sentiment indescriptible que celui de la moisson.

    La St-Valentin, c’est la seule fête qui peut faire chier quelqu’un quand tu lui souhaites.  De toutes manières, personne souhaite ça. Ça se souhaite pas. Tu dis bonne année à tes collègues de bureau, pas, joyeuse St-Valentin, on n’est pas en 4ième année du primaire. C’est terminé le temps des Valentins en carton. Faut évoluer, se trouver une job, fonder une famille, faire du sport, lire Proust…c’est pas en mangeant des cœurs à la cannelle qu’on devient quelqu’un.

    Ça c’est sans parler de la mascotte officielle dans tout ça : Cupidon. Un ti-gars tout nu qui se vante d’être capable de faire tomber n’importe qui en amour.

    Ça, ça banalise mon couple. La seule personne qui est responsable de mon bonheur conjugal c’est nul autre que moi-même ok? Si mon couple fonctionne c’est grâce à mes efforts, à ma personnalité, à mon habilité à mentir. Je ne te dois rien Cupidon.

    Voici maintenant un TOP 5 des pires mensonges entendus le jour de la St-Valentin :

    #5) La St-Valentin c’est aussi la fête de l’amitié. Ce soir, on sort entre amies pour aller manger une belle salade de quinoa bio dans un resto que tu connais pas sur Laurier. Pas besoin d’un gars pour se sentir aimée.

    #4) c’est moi qui fais la distribution de roses à l’école. Je vais sans doute me faire plein d’amis.

    #3) J’ai pas besoin d’une journée particulière pour dire à mon chum que je l’aime. Je l’aime chaque jour, chaque jour on se le montre avec des mots doux et des surprises. Je suis tellement heureuse et bien dans ma peau pis je mange des fruits pis des légumes, pis j’ai jamais eu de problèmes à l’école, pis ma calligraphie est impeccable.

    #2) Y’a rien qui m’écoeure plus qu’un Ferrero Rocher.

    #1) J’adore être seul.

    En gros, la St-Valentin est la fête que je déteste le plus, mais comme activité je trouve ça quand même nice.

    LOVE YOU ALL.

     

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