
Posts by Marie:
Vive Tumblr, j’aime Tumblr
May 9th, 2013
Comme je suis la gothique de service dans pas mal tous mes cercles sociaux, je me sens souvent incomprise. C’est pourquoi je me tourne vers mon meilleur ami, Internet. Internet m’a permis une rencontre avec mon plus grand crush depuis MySpace: Tumblr.
Tumblr, c’est ma plate-forme préférée.
Tu peux y poster autant de photos de chats que tu veux. Tu peux rebloguer des photos de paysages avec une citation inspirante écrite en Helvetica (pas moi, je fais pas ça moi, il y a beaucoup trop d’espoir là-dedans.) Tu peux mettre des combinaisons de mots dark (milk fangs, cold bones, goth witch) dans le moteur de recherche pour trouver des Tumblr de sorcières pis t’inspirer avec leurs photos en noir et blanc. Tu peux checker les choses trending (ça veut dire les choses populaires, un service que Tumblr te propose gentiment), comme de l’art avec des palmiers 3D sur un logo d’Internet Explorer.
Moi, j’aime ça mettre mes émotions sur Internet. De n’importe quelle façon : alt lit, poésie obscure, citations de ma journée de crazy, tweets de 250 caractères, photos d’inspirations, d’autres photos, beaucoup de photos. En fait, maintenant je publie seulement des photos sur mon Tumblr. Ça, c’est parce que j’écris mes émotions sur Les Populaires. Mais avant, comme sur mon premier Tumblr, eh boboy qu’il y avait de l’émotion. Des réflexions qui riment. Des morceaux d’aventures montréalaises. Des messages subtils à l’objet de mes désirs.
Ah, ça, c’est cool pour ça Tumblr. Tu peux publier des citations vagues pour t’adresser à quelqu’un en particulier. Et là, il te reste juste à souhaiter que la personne en question lise ton blog et se reconnaisse. Par exemple : tu peux publier une photo de Lindsay Lohan en pleine débauche et te dire « Ah, j’espère que le beau Jérémie va voir ça et comprendre que Lindsay c’est comme moi face au désespoir qu’apporte l’amour impossible dans ma vie.» Vous trouvez ça quétaine? C’est normal, je pense. Je pense aussi que c’est pour ça que Tumblr pogne autant avec les ados. Les ados, eux, ils sont pleins d’émotions. Les ados je les comprends. On a Tumblr en commun.
J’aime ça suivre des ados sur Tumblr. Des fois je leur envoie des petits messages anonymes d’encouragement. Y’a rien qui me brise le cœur plus qu’une ado qui publie une photo de mutilation ou une citation du film Girl Interrupted. Là je suis sérieuse. L’adolescence, moi je sais que ça suck en maudit. Si j’avais eu un Tumblr lorsque j’étais ado… ouf, ça aurait dégouliné de tristesse et de déprime. De photos en sépia de belles filles maigres et de GIFS de Skins. De crânes et de taxidermie. De citations de Dorothy Parker et de vidéos d’Amanda Bynes.
En tout cas. Même si je comprends encore tout ça, j’ai décidé pour l’instant d’être dans la couleur. Ça ne fait pas tellement plus adulte, mais l’esthétique Tumblr, c’est comme ça. On ne peut pas être ado forever, mais on peut faire semblant sur Tumblr.
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Crédit photo: Romain Toornier sur Flickr
Toutes les jobs de marde que j’ai eues
April 25th, 2013
Avant que j’entre dans le monde du temps plein, avant que j’entre dans le monde du corpo, j’ai eu des jobs de marde. Plusieurs. Le genre de job à temps partiel que tu prends « en attendant » parce que tu as « vraiment besoin d’argent vite vite vite ». Accepter ces jobs-là, c’est TOUJOURS une mauvaise idée. C’est sûr que je pourrais me lancer dans une tirade sur la situation dégueulasse de l’économie, sur la pression de travailler toujours plus pour toujours moins d’argent… Mais bon, au lieu de spéculer at large, je vais seulement vous parler de toutes les jobs de marde que j’ai eues. En cas de désespoir de classe ouvrière, rappelez-vous : vous n’êtes pas seuls.
Commis au Club Video
Ça, c’est la moins pire des pires jobs que j’ai eues. J’ai même aimé ça. Je travaillais le soir jusqu’à minuit, alors c’était plutôt tranquille. Mon gros trip, c’était de passer la balayeuse dans le magasin au complet. Une belle promenade d’une heure et demie qui me permettait de regarder intégralement le film qui jouait sur les grosses télés. Dans ma bulle, je prenais tout mon temps. Pas obligée de répondre aux clients, pas obligée de faire du small talk avec mes collègues. À noter que j’étais aussi la seule personne qui appréciait faire le ménage de la section pour adultes. Parce que franchement, des pochettes fluos avec du monde tout nu, ça ne me faisait pas peur. Là aussi, j’avais l’occasion de m’isoler un peu. Lors de mon passage au Club Video, j’ai travaillé durant tous les jours fériés. Après avoir répété à ma boss que je ne voulais plus manquer des partys de famille, elle a continué quand même à m’inscrire à l’horaire durant les jours fériés. Résultat : je me suis déguisée à l’Halloween et j’ai mis du Kool-Aid orange dans la machine à popcorn. J’ai bu de l’alcool dans ma bouteille de jus durant la soirée de la St-Jean. Le jour de la fête du Canada, ma fête à moi, j’ai crissé mon camp.
Caissière à la pharmacie
À priori, travailler dans une pharmacie, ça semble ok. Détrompez-vous, c’est l’enfer. Toutes les caissières ont au moins 75 ans et voient leur expérience ancestrale du piton de caisse comme un badge en or. Tu veux prendre ta pause une minute avant l’heure prévue? Oublie ça! Les polices en moumoutes permanentées vont te dire d’attendre ton tour. Tu places les tablettes de chocolat bien cordées selon la couleur d’emballage? Nope, il va falloir que tu recommences parce que la police des Cherry Blossom Lowney va trouver que c’est mal fait. Un jour où une cliente faisait vérifier son 25e billet de loterie, je lui ai dit qu’on allait prendre une pause pour passer quelques clients de la file qui s’allongeait monstrueusement derrière elle. Cris et plaintes au gérant de la part de la vieille folle. Mon gérant vient me voir pour me chicaner. J’essaye de me justifier en parlant de savoir faire la part des choses, de vouloir donner un bon service à la clientèle… La discussion s’allonge et je finis par dire « ben si c’est d’même, j’joue pus! » avant de quitter pour toujours.
Présentation visuelle dans un magasin grande surface
Wow, cette job-là, c’était vraiment ma pire mauvaise idée. Je sais pas ce qui a pu me sembler possible dans le fait de me lever à 4h30 du matin pour aller placer du linge à Pointe-Claire alors que j’allais à l’université à temps plein. Aucune idée. Une petite bulle au cerveau faut croire, ou un élan d’énergie doublé d’une ambition de Wonder Woman. En tout cas. Je dormais partout. Je dormais dans le métro, dans le bus, dans les toilettes durant mon break. Je me serais couchée en dessous des racks de robes de bal si le vieux tapis beige datant des années 70 n’avait pas été plein de minous de poussière. Un beau jour de semaine, il y a comme quelque chose qui a explosé dans mon cerveau et je me suis échouée sur mon divan en pleurant, pour ensuite appeler ma boss pour lui dire que je ne rentrerais pas aujourd’hui, ni demain, ni plus jamais.
Vendeuse dans un magasin de linge pour ados
Ça, c’était pas si pire comme job. Je vendais du linge à des ados en écoutant des playlists de Sean Paul. C’était tellement pas si plate qu’un jour, ça m’a donné envie de me donner le défi de servir les clientes en faisant du moonwalk pendant un après-midi de temps. Ma boss aux faux ongles, elle, a moins trippé.
Piquet de rue pour la sécurité imaginaire des festivaliers montréalais
Tout ce que j’ai à dire sur cette expérience-là, c’est que j’ai dû témoigner en cour pour avoir vu un accident d’auto, que j’ai appelé la police pour sauver une fille en overdose derrière les Foufs, que je me suis fait engueulée par le boss des clowns parce que la belle-fille du petit frère de sa voisine voulait avoir accès backstage sans accréditation. Au moins, la bière de fin de soirée était gratis.
Vendeuse au Lush
Hey, wow, faire des démos de bain moussant pis crier des bonjours joyeux à tous ceux qui posent le pied dans la boutique. J’avais toujours adoré le Lush. Je me disais que travailler là serait vraiment relax, style chilling de hippies en vacances. Pas du tout. Il faut que tu harcèles les clients en leur montrant le contenu entier du magasin tout en jonglant, sifflant, crachant du feu. J’ai fait ma première journée test, ils m’ont jamais rappelée. C’pas grave guys, je le sais que je suis trop gothique pour vous.
Bon, je vais arrêter ici avant de me rendre non-employable pour toujours. Quoique, ma boss du moment (c’est-à-dire moi-même) est ben down avec toutes ces expériences vraiment vraiment funnées et exploitables littérairement.
La photo est tirée de la page Flickr de mwichary.
Ma carte Opus
April 7th, 2013
Il y a 3 semaines, j’ai perdu ma carte Opus. J’étais dans un party vraiment l’fun, tout le monde dansait tout le monde buvait (LQGR song), bref, je me suis bien amusée. Il n’y avait pas de vestiaire, alors j’ai mis mon manteau dans un endroit que j’avais jugé safe (en dessous d’une table au bout d’un couloir). Je suis rentrée chez moi à pied, pas mal contente de ma soirée.
Le lendemain, je cherche ma carte Opus pour aller prendre le métro. Elle n’est pas dans ma poche de manteau, son endroit habituel. Elle n’est pas dans mon sac à dos. Elle n’est pas dans mon portefeuille. Elle est PERDUE ! Je me rends à l’évidence : ma cachette de manteau n’était pas si safe que ça.
Après un bref moment de panique (crier, pleurer, chialer, déchirer les coussins du divan, verser le contenu de ma sacoche à terre 2-3 fois ben comme il faut, gratter la doublure de mes poches de manteau, froncer les sourcils, appeler ma mère), je décide de prendre action. Ma carte Opus, c’est ma vie. J’en ai besoin tous les jours.
J’écris à la fille qui a organisé le party. Pas de réponse. Tout le monde doit lui avoir écrit pour cause de carte débit perdue, lunettes brisées, clés volées, vie brisées. Vraiment frue, je refuse de me racheter une carte Opus. On est le 15, la moitié du mois. J’ai déjà dépensé 77$ sur cette carte, il est hors de question que je mette une cenne de plus sur le transport en commun.
Lundi arrive, il faut que j’aille à l’école. Je décide de marcher. J’arrive à l’école la face par en bas, pas contente d’avoir marché 40 minutes. Il faut que je trouve une solution. C’est à ce moment qu’une amie gentille m’informe qu’on peut enregistrer nos cartes Opus et récupérer ce qu’il y a dessus si on la perd. C’est à ce moment que j’imite le bonhomme Fuck That Shit. Une fois calmée, je cherche encore une solution. Je ne veux pas me rendre à l’évidence, une évidence qui me coûterait un autre 77$, plus des frais de 6$ pour la carte elle-même.
Plus tard dans la journée, je glisse ma Visa dans la machine orange de la STM et j’achète 4 billets. Pourquoi 4 ? Un chiffre de même, tiens. Je me rends compte qu’il va me falloir clairement plus que 4 passages pour terminer mon mois. La face frue, je marche d’un pas décidé, j’arrive au tourniquet, je le tire vers moi et je glisse mes fesses de l’autre côté. Là, je réalise que je viens de faire un mauvais coup. Je continue de marcher vite vite vite. Je regarde à gauche à droite, rien. Y’a pas de chiens qui me courent après, pas de police, pas de FBI, même pas Carrie Mathison de Homeland. « Nice », je pense. « Je viens de trouver une solution », je pense.
Je rentre chez moi toute contente, mais avec une petite gêne. Je ne parle pas de ma solution à personne. Pour le reste du mois, ma stratégie consiste à une alternance de mauvais coups, de billets legit en papier et de longues marches.
Finalement, le premier du mois arrive. Bon ! Enfin libre de circuler à ma guise dans le système de transport en commun ! Je suis tellement contente que je songe à faire 3 allers-retours sur la ligne verte, juste pour voir. Je me calme et je vais acheter ma nouvelle carte. Je l’enregistre comme une grande, en disant au préposé « Me ferai pas pogner deux fois! » Il fait une face triste, il compatit, pauvre moi. Après un peu de blabla, yesseur, j’ai ma nouvelle carte, pis si je la perds, checkez moi ben aller l’annuler pour transférer mon forfait.
Je me sens libre. Je me sens légère. J’ai envie de courir vers le tourniquet. C’est à ce moment-là que j’entends un message dans les haut-parleurs: « Le service est interrompu sur toutes les lignes, pour une durée indéterminée. D’autres messages suivront. »
AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAH. Je sors dehors et je commence à marcher, carte Opus bien safe au fond de mon portefeuille. « La STM vous souhaite une bonne journée », que je me dis.
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La photo est tirée de la page Flickr de Paul Lowry.
Les retrouvailles du secondaire
March 17th, 2013Il faut que je fasse un choix et il faut que je le fasse vite : il me reste moins d’un mois pour décider si je vais à mes retrouvailles de finissantes du secondaire. Ben oui, finissantEs. Parce que je suis allée dans un collège de filles.
Ç’a commencé avec un groupe Facebook. Finissantes CSM 1998-2003. Les filles postaient où elles étaient rendues « dans la vie ». En général, ça ressemblait à ça :
« Salut les filles! My god, je peux pas croire que ça fait déjà 10 ans! On dirait que le secondaire, c’était hier! En tout cas c’est vraiment l’fun de voir où tout le monde est rendu. Moi, après mon cégep en sciences humaines, j’ai étudié en administration à l’université. Depuis 4 ans, je travaille comme secrétaire dans un hôpital et en ce moment je suis enceinte de mon deuxième trésor, une petite fille cette fois-ci! Mon mari et moi demeurons à La Présentation, on adore ça! »
Bon, il y avait quelques variations (maîtrise, voyage en Asie, adoption d’un colley, ouverture d’un studio de massothérapie, mariage, fiançailles, etc). Après avoir partagé leur vie, certaines filles ont commencé à demander si le conventum aurait toujours lieu. Parce que tsé, on s’était dit rendez-vous dans dix ans. (Je suis tellement certaine qu’on n’est pas la seule école à avoir chanté ça à la cérémonie des diplômes!) Faque là, un comité s’est formé pour organiser ça. J’ai pas mal manqué ce bout-là, moi je lisais ça juste d’un œil.
Peu importe comment ça s’est organisé, BANG, le fait est qu’il y a un mois, j’ai reçu une invitation via e-mail. C’est sérieux. J’ai jusqu’au 30 mars pour dire si, oui ou non, je veux assister à la soirée de retrouvailles. Ça coûte des sous pis le plan de la soirée c’est de visiter le collège (comme si en y restant 5 ans on n’avait pas eu la map imprimée dans la tête) et ensuite aller prendre des bouchées et des cocktails de filles dans un bar.
Avant de répondre, j’ai comme eu un feeling. Je me suis dit que je devrais demander à mes amies (tsé, ma gang du secondaire) si elles y allaient.
C’est là qu’il y a un punch. C’est là que j’ai été surprise. Ben oui : la majorité de mes amies hésitaient aussi à y aller! Quand je leur ai écrit, je m’attendais à un déferlement de messages Facebook du genre « Ben voyons donc, pourquoi t’hésites! Come on, tu peux pas manquer ça!» Mais non, elles se posaient toutes la même question. Et comme dans une vraie gang de filles du secondaire, chaque fille a peur de se ramasser toute seule à y aller.
À part certaines d’entre elles qui ont déjà pris la décision de ne pas y aller. Parce que, « anyway je parle encore à celles qui m’intéressent, mes vraies amies. » Les autres ont répondu : « ouin, mais me semble que si j’y vais pas je vais le regretter… » Deux positions tout à fait compréhensibles.
Pis moi? Moi, est-ce que je veux y aller? Si j’étais cohérente avec mon image de rebelle-gothique du secondaire, j’imagine qu’il faudrait que je laisse faire. Que je reste chez nous à tweeter des méchancetés. Quand même, c’est mystérieux quelqu’un qui ne va pas à sa réunion du secondaire. Le monde vont dire « Crime, qu’est-ce qui est arrivé avec Marie? » et la machine à rumeurs va s’occuper du reste. « Marie reste à Berlin maintenant. J’ai entendu dire que Marie est devenu sorcière, elle vit dans le bois avec 30 chats. Je l’ai vue à Montréal faire de la poud’ dans une ruelle. Ben non, Marie c’est la blonde secrète de Lindsay Lohan! Hein, tu te trompes man, c’est la nanny des kids d’Angelina Jolie. »
Rusé quand même comme stratégie. Je pourrais faire ça.
Je pourrais aussi y aller, mais ne parler à personne. M’habiller en noir et vivre un deuil imaginaire. Me déguiser en moi de l’an 2000. Y aller avec ma best de secondaire 4 qui n’a même pas gradué au collège. Porter une perruque. Libérer des souris dans l’école. Mettre des messages d’espoir dans les casiers des étudiantes.
Alors, je fais quoi?
J’avoue que je penche un peu vers le oui. Je me dis que, tsé, au moins, je pourrais y aller par intérêt journalistique…
En 10 points: pourquoi on ne sera jamais amis
March 5th, 20131- Tu apportes ton lunch dans un sac La Senza. Je comprends que c’est déjà mieux que ta boite à lunch en plastique Hello Kitty, mais je ne veux pas savoir où tu magasines ta lingerie.
2- Tu me demandes des suggestions de bar, me disant que la dernière fois que tu as eu du fun c’était dans une soirée dubstep au Belmont.
3- Toutes tes photos Facebook : toi et ton chum au cinéma, toi et ton chum qui s’embrassent, toi et ton chum au Jardin Botanique, toi et ton chum dans un lit défait avec un filtre Instagram.
4- Tu arrives au bureau et après m’avoir souhaité bon matin entre deux gorgées de café Tim Hortons, tu me déballes les détails de ta soirée chaude avec ton chum/blonde/fuck friend.
5- Ton poème parle de sexe anal, caca, pénis, bars, bourbon. Des Bukowski/Easton Ellis de bas niveau il y en a à la tonne et je baille un peu plus fort à chaque nouvelle manifestation de ce pseudo génie littéraire.
6- Tu me dis que la dernière fois que tu as eu du fun dans un bar, c’était au Mad Haters lorsque tu as bu à même le pichet.
7- Tu m’avoues que tu ne comprends pas pourquoi la chanson ‘Boobs’ chantée à la cérémonie des Oscars est de mauvais goût. Je pèse mes mots, parce que la chanson ‘Boobs’ est carrément un appel au riot féministe.
8- Tu cruise en classe ou à la job. Come on, en classe! Pire si tu cruise le prof ou le boss.
9- Tu me dis que tu n’aimes pas lire, que tu n’as pas lu de livres depuis ton Cegep. Si tu aimes lire mais que ton livre préféré est Twilight, je doute. Vraiment.
10- Finalement, si tu n’as même pas l’ouverture d’esprit d’essayer de me comprendre, même si nos goûts sont différents, ça, c’est vraiment signe que nous ne serons jamais amis. Jamais.
… ;)
La bataille
February 15th, 2013Je dois commencer par dire que je suis pas trop fière. La violence, c’est généralement mal. Sauf que. Sauf que hier, dans le métro, j’ai punché une fille. Dans la gorge. Pas parce que je savais exactement où frapper pour avoir l’air bad ass, mais plus parce que c’est sorti comme ça. J’ai pas contrôlé. J’ai pris mes deux mains, j’ai appuyé sur ses clavicules pis sa gorge en poussant fort. Mais c’est pas de ma faute, je le jure. J’étais prise au piège.
C’est drôle, parce que chaque fois que je vois des ados se battre dans le métro, je les évite en me disant ‘man, une chance qu’ils m’ont pas touchée’. Sauf hier, quand je me suis ramassée au milieu d’un mini-brawl. Une petite bataille. C’est pour ça mon move de guerrière. C’est pour ça.
Il était 5h30 et j’étais à la station Guy-Concordia. C’était plein de monde même si le métro venait juste de passer. Crazy d’même à cette heure là. Il y avait des écolières qui se chamaillaient, mais quand même assez intense, genre elles se poussaient sur le bord de la track de métro. Il y en avait une qui revolait sur le mur. Violent. Je pouvais pas les contourner, ni ralentir parce qu’il y avait du monde partout. J’ai essayé de penser vite, mais ce qui devait arriver arriva. Au moment où je suis passée à côté de la gang, une des filles a poussé son amie sur moi pis j’ai comme eu une réaction instinctive, j’ai comme pété une coche. Tsé, flight or fight qu’ils disent. Ç’a d’l’air que j’ai choisi fight. J’ai repoussé la bully de toutes mes forces. Pis ç’a tombé sur sa gorge. Là, capotez pas, je pèse genre 100 livres mouillée pis j’ai de la misère à soulever une caisse de bière. Alors, la fille a pas revolé loin, elle a juste un peu reculé. Elle a chialé à ses amies avec sa voix d’ado qui rit en parlant. Ç’avait l’air pas trop grave, fiou. Pour moi, c’est après que c’est devenu intéressant. Tout le monde me regardait croche. Moi. Moi, la pauvre passante agressée. J’avais envie de crier ‘C’pas moi la méchante, c’est l’autre folle!’ mais j’ai rien dit. J’ai marché vite le plus loin possible, pour être sure de ne pas être dans le même wagon que les gens qui avaient vu la scène. Je voulais être toute seule, je voulais me téléporter dans ma maison, mais j’ai été forcée de faire comme tout le monde qui a pas de pouvoirs magiques. J’ai enduré.
En rentrant chez moi, j’avais comme un nuage de honte qui me suivait. Pourtant, j’essayais de me rassurer en me disant que c’était pour mon bien. J’ai même pas fait exprès!
En tout cas. J’imagine que je peux me dire que j’ai de bons réflexes. Parce que j’ai oublié de vous dire quelque chose. Un petit détail. Il y a une semaine, je marchais sur ma rue et il faisait noir. J’ai senti quelqu’un approcher derrière moi et BAM! Je me suis retournée vite en sortant mon coude pointu. J’ai pas accroché le pauvre gars qui faisait son jogging, mais lui il m’a fait toute une face.
J’ai des bons réflexes ou bien je suis stressée?
Choker les sorties
February 9th, 2013
J’ai choké, je l’avoue. J’y ai pensé longtemps, j’ai reviré la question dans tous les sens. Qu’est-ce que tu veux : j‘ai de la misère à prendre des décisions. Je pèse le pour et le contre pendant des heures et finalement je choisis l’inaction. Rester chez moi. D’un côté, c’est sûr que ça me tente de voir du monde, boire un verre, danser si la musique est satisfaisante. D’un autre côté, j’ai pas envie d’affronter les gens, dire des banalités, sortir dehors. Moins je sors et moins j’ai envie de sortir. Moins je sors et moins j’ai de choses à dire aux gens. Expliquer en 5 minutes ‘ce que je fais ces temps-ci?’ Ça me tente moyen, mettons. Tsé, je vis des choses, je découvre des nouveaux intérêts, des affaires qui s’expliquent pas en criant par dessus la musique. Je deviens vieille. J’ai envie d’avoir des vraies conversations, pas juste de commenter les outfits au dessus d’un drink à l’eau qui coûte 7$.
Pour chaque bar j’ai un souvenir, ma ville c’est mon terrain de jeu. Ça commence par ‘te souviens-tu d’la fois…’ ou encore ‘y’a pas de compteur sur les bouteilles de fort dans ce bar là!’ Ça continue comme ça au fur et à mesure qu’on monte St-Laurent, qu’on traverse Mont-Royal. Ça devient plus flou si on parle des afters : j’ai un répertoire à moitié effacé de lofts sales, d’apparts d’inconnus soudainement amicaux quand sonne 3 heures du matin. J’ai des flashbacks de ride de taxi-van, de coins de rues traversés avec un dude dans le coffre du char, d’escaliers montés sans souliers. J’ai perdu des clés, des cartes, des porte-feuilles. J’ai caché de l’alcool dans des cans de liqueur, dans des flasques, dans des bouteilles d’eau, dans ma sacoche grosse comme une poche de hockey.
Pis là toi, tu me demandes comment ça j’étais pas là hier. Écoute, c’est pas que j’ai oublié. C’est pas que j’y ai pas pensé. J’ai eu le temps de m’habiller, me changer, me maquiller, aller au dépanneur chercher une bière, tester la bière voir si j’ai envie de boire, me coiffer, me re-changer. J’ai checké l’heure des bus. J’ai joué une game de Bubble Mania sur mon iPhone. Oups, y’était rendu tard.
Quoi, tu dis que j’ai couru après? Que j’ai pas ben de la volonté? Check, quand je pense à toutes mes sorties, à la ville qui soir après soir se saoule, à chaque génération qui prend la relève du party, ça me donne le droit de choker. JE me donne amplement le droit de choker.
Lettre pour Internet
February 1st, 2013Cher Internet,
J’ai toujours été best friend avec toi. Notre histoire a commencé vers la fin des années 90, quand mon père a installé dans le sous-sol un ordinateur Aptiva. Pas de menu Windows comme on le connaît, non: un menu plein de turquoise, mauve et bleu roi. Les couleurs officielles de 1996. C’était beau, c’était nouveau. On pouvait jouer à des jeux qui boguaient et aller chatter sur le Palace. Oui, tu faisais un bruit de fax quand on essayait de se connecter. Oui, tu nous coupais la ligne téléphonique. Mais je t’aimais déjà, ma source infinie de divertissement.
Puis, Windows 98 m’a amené la liberté. Liberté d’exprimer ma créativité sur Paint et de découvrir le monde via mIRC (serveur Arlington tu étais mon préféré, tu ne plantais presque jamais). C’est avec mIRC que j’ai réalisé que le chat, c’était du sérieux. Avec un peu de manipulation de A/S/V, je pouvais parler à des petits gars. C’est ainsi que j’ai rencontré Terry, un mini roux gamer chez qui ma mère m’a conduit une fois puis plus jamais. C’était tricky, mIRC. Internet, tu essayais déjà de m’inculquer des leçons de vie profondes. «Les apparences sont trompeuses», c’était ton discours. J’ai vite passé à ICQ, puisqu’au moins, je pouvais m’assurer de connaître les gens avec qui je chattais. Même en travaillant sur mon projet personnel en secondaire 5, je pouvais faire des plans avec ma gang et ainsi décider de qui achèterait la liqueur de melon pour notre prochain party. ICQ avait un grand rival, MSN. Étrangement, avec MSN, ce fut rapidement le déclin du chat pour moi. Même à ce jour, je sais que certaines personnes utilisent encore MSN. Ce qui me porte immédiatement à les qualifier de losers, rire intérieur en prime. Je suis prête à donner un peu de lousse à ceux qui utilisent Gchat ou le Facebook chat. No worries, on passe tous par là.
Internet, quand tu t’es fait surnommer web 2.0, ç’a été intéressant pendant un moment. Dans le temps où on n’était pas encore tannés des blogueurs mode. Il y avait Bombe.tv, il y avait des postes de gestionnaires de médias sociaux, tout ça était bien excitant. C’est juste plate que tout ça ait tué MySpace. MySpace, ce sera à tout jamais mon préféré. On pouvait être amis avec des vedettes en pensant vraiment que ça nous rapprochaient d’elles (peut-être parce que, justement, les gestionnaires de communauté n’existaient pas encore?) On planifiait nos sorties au Zoobizarre, on était friends avec les Breastfeeders ou Call me Poupée (peut-être parce que Dare to Care n’était pas encore big?) Hey, même Uffie sonnait bien dans le MySpace player. Même les imitations de la photo de Crystal Castles étaient pas quétaines. MySpace, c’était mes lunettes roses, mon passeport vers le premier Osheaga et vers des amis plus cools que ceux de mon cégep.
Maintenant que MySpace repose en paix et que 2.0 sonne comme une joke du primaire, je n’ai plus vraiment de kick sur toi, Internet. Tu es comme mon vieil ami. Je sais que Wikipedia sera là pour mes recherches nocturnes sur le saumon d’Atlantique, la peste bubonique ou pour mon obscur devoir de littérature. Je sais que j’aurai BuzzFeed pour rire un peu lors des jours d’ennui. Je sais que j’aurai les Populaires comme meilleur blog Québécois (clin d’œil, clin d’œil). Toi et moi, on est comme un vieux couple vivant des jours paisibles. Peut-être que j’en ai trop vécu avec toi… Ou peut-être, je dois bien l’admettre, que je ne me remets pas tout à fait du jour de novembre 2012 ou j’ai appris par un status Facebook que mon ex, amour de ma vie, était décédée. Ça, Internet, c’était vraiment un coup bas.



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